Myopie


Rédigé par Charline D., publié le 27 janvier 2016 et mis à jour le 21 février 2022

Myopie : voir flou

La myopie est une anomalie de la vision très répandue dans la population, notamment chez l’enfant, se traduisant par une perception floue des objets situés à distance. Pour un œil normal, également qualifié d’« emmétrope », les rayons lumineux se rejoignent sur la rétine et une image nette en résulte. Lorsque l’image n’est pas formée au niveau de la rétine, on parle d’amétropie (myope ou hypermétrope), et il en résulte une vision floue. Dans le cas d’un individu souffrant de myopie, l’image se forme en avant de la rétine, autrement dit, l’œil est trop convergeant. Le diagnostic de la myopie est ophtalmologique, et des corrections peuvent être prescrites.

Définition et symptômes de la myopie

Qu’est-ce que la myopie ?

La myopie est un trouble de la vision concernant un Français sur quatre. Elle correspond à une vision floue de loin. Ce trouble se manifeste lorsque l’image se forme en avant de la rétine.

La lumière évolue dans l’espace en ligne droite. Lorsque cette dernière rencontre une surface qui sépare 2 milieux transparents, sa trajectoire est déviée : on parle de réfraction. Les deux éléments réfractifs les plus importants de l’œil sont la cornée et le cristallin.

En effet, l’œil est constitué d’une partie bombée – la cornée – qui joue le rôle de « première lentille », ainsi que d’une membrane protectrice. La lumière passe ensuite à travers la pupille (petit trou noir), avant de rencontrer une « seconde lentille », le cristallin. Le rôle du cristallin est d’accommoder la vision de l’objet observé, peu importe sa distance de l’œil. Pour qu’un objet soit perçu comme net, il faut que son image se projette sur la rétine. Si elle se forme en avant de la rétine, la vision de cette image est floue et l’individu est myope.

La vision est caractérisée par le punctum remotum, qui représente le point le plus éloigné de l’œil pouvant être vu nettement. Pour un individu n’ayant aucun trouble de la vision, le punctum remotum se situe à une distance infinie alors qu’il est à distance d’environ 5 mètres chez une personne myope. C’est pour cette raison qu’un individu myope ne voit pas de loin.

On distingue deux sortes de myopie :

  1. La myopie axile : liée à la longueur axiale du globe oculaire. Un œil emmétrope a une longueur de 23 mm. Pour toute valeur supérieure, les rayons lumineux qui permettent la formation de l’image ne peuvent pas atteindre la rétine. L’image se forme ainsi en avant de la rétine, et la vision est floue.
  2. La myopie d’indice est liée à un œil trop puissant. Ce type de myopie est moins fréquent. Elle est expliquée par une courbure excessive de la cornée, associée ou non, à une augmentation de la réfringence du cristallin. L’image se forme aussi trop en avant de la rétine.
    Dans certains cas, les deux types de myopie peuvent s’additionner.

L’origine de la myopie est essentiellement génétique, mais l’environnement a également un impact. On estime qu’un enfant a une chance sur trois d’être myope si l’un de ses parents l’est, et une chance sur deux si les deux parents sont myopes. Les gènes incriminés dans la survenue de la myopie ont une fonction structurale et sont impliqués dans le développement de l’œil. Les facteurs environnementaux jouent un rôle non négligeable dans le développement de la myopie :

  1. Apprentissage précoce de la lecture ;
  2. Activités forçant les yeux à travailler comme la lecture ou la broderie ;
  3. Activités devant un écran de télévision ou d’ordinateur ;
  4. Manque d’exposition à la lumière du soleil pendant l’enfance.

Quels symptômes ?

La myopie est un trouble de la vue caractérisé par une vision lointaine floue. La vision de près n’est quant à elle pas altérée.

D’autres symptômes peuvent être également présents, par exemple des maux de tête et/ou une fatigue visuelle. Chez les enfants, la myopie peut perturber l’apprentissage. Les difficultés scolaires permettent souvent de détecter les troubles de la vision. Toute diminution des performances scolaires doit donc amener à consulter pour un examen ophtalmologique.

Diagnostic et traitement de la myopie

Quel diagnostic ?

La qualité de la vision d’un œil dépend de sa puissance optique – ou vergence – qui est inversement proportionnelle à la distance entre l’œil et le punctum remotum. La vergence se mesure en dioptries (δ) dont l’unité est le m-1. Elle correspond à la correction nécessaire à apporter à l’œil pour que l’image soit nette. Les dioptries des verres correcteurs pour les yeux myopes sont négatives.

La qualité de la vision d’un œil dépend de sa puissance optique – ou vergence – qui est inversement proportionnelle à la distance entre l’œil et le punctum remotum. La vergence se mesure en dioptries (δ) dont l’unité est le m-1. Elle correspond à la correction nécessaire à apporter à l’œil pour que l’image soit nette. Les dioptries des verres correcteurs pour les yeux myopes sont négatives.

Par exemple, un individu myope qui est corrigé avec une lentille de -0.5 δ voit un objet nettement quand il est situé à 1 / 0.5 = 2 m.
La myopie peut également se caractériser par l’acuité visuelle de l’œil qui se mesure en dixièmes. Les dixièmes représentent la taille des lettres lues au loin chez le médecin. Ainsi, plus les lettres ou chiffres lues sont de petite taille, plus les dixièmes sont importants.

Chez une personne n’ayant aucun trouble de la vision, la dioptrie est égale à 0 et l’acuité visuelle à 10/10.

Les dioptries permettent de définir les trois degrés de gravité de la myopie :

  1. Myopielégère : la dioptrie est comprise entre -0.25 δ et -2.50 δ, soit une acuité visuelle comprise entre 9/10 et 1/10.
  2. Myopiemoyenne : la dioptrie est comprise entre -2.75 δ et -6 δ, soit une acuité visuelle inférieure à 1/10.
  3. Myopieforte : la dioptrie est inférieure à -6 δ, soit une acuité visuelle inférieure à 1/20. Une myopie importante peut être à l’origine de complications graves :
    1. Décollement de la rétine qui peut causer une cécité ;
    2. Glaucome en lien avec l’atteinte du nerf optique ;
    3. Cataracte (opacification du cristallin);
    4. Hémorragie de la zone centrale de la rétine, la macula.

Quel traitement ?

Pour corriger la myopie l’image de l’objet observé doit être refocalisée, c’est-à-dire faire en sorte qu’elle se forme sur la rétine.

corriger la myopie

Différentes méthodes sont envisageables :

  1. Port de lunettes ou de lentilles : la myopie est corrigée par une lentille concave divergente qui réfracte les rayons parallèles.
  1. Chirurgie réfractive : utilise des techniques de chirurgie ou de laser pour modifier la réfraction oculaire. A noter que ce traitement ne peut être prescrit que chez les patients dont la myopie est stable. En revanche, la myopie peut être de type axile ou/et d’indice. La partie de l’œil qui est modifiée est la cornée dont la puissance dioptrique est réduite. Les deux principes techniques sont :
    1. LASIK (Laser Assisted In-Situ Keratomileusis). Le chirurgien retire de l’épaisseur à la cornée afin de corriger sa courbure.
    2. PKR (Kératectomie PhotoRéfractive, aussi appelée Laser Excimer de surface). La courbure de la cornée est modifiée par le retrait de petits fragments à l’aide d’un laser.

La chirurgie est définitive et permet aux personnes myopes de ne plus porter de lunettes ni de lentilles. Cependant, elle est uniquement proposée en seconde intention dans les cas où le patient :

  • Ne supporte plus les lentilles ;
  • Ne souhaite plus porter de lunettes de vue ;
  • Pratique certains sports ou loisirs incompatibles avec le port de lunettes ou lentilles.

Publié par Alice S, MSc le 27 janvier 2016. Mis à jour le 21/02/2022 par Charline D., Docteur en pharmacie.

Sources
– Correction de la myopie. sante.lefigaro.fr. Consulté le 21 février 2022.