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Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Extinction-voix-traitementsDans les cas où l’extinction de voix dure plus d’une semaine, une consultation avec un médecin ORL est nécessaire afin d’examiner en détails le larynx et les cordes vocales.

La première partie de la consultation avec le médecin spécialiste repose sur un interrogatoire du patient à propos de ses symptômes, mais aussi sur ses habitudes de vie (profession, consommation d’alcool ou de tabac, etc.).

Souvent, un bilan ORL doit être pratiqué. Il repose sur la visualisation du larynx et des cordes vocales : c’est la laryngoscopie indirecte. Lors de cet examen indolore, le médecin porte une source lumineuse au niveau du front du patient, tout en  introduisant un miroir au fond de la gorge afin d’observer le larynx et les cordes vocales. Pour apprécier la mobilité des cordes vocales, le médecin peut demander à son patient d’émettre des sons en même temps. Avant l’examen, un spray anesthésiant est vaporisé au fond de la gorge pour limiter les réflexes nauséeux.

Selon la cause suspectée par le médecin, d’autres examens peuvent être nécessaires : une étude du fonctionnement des cordes vocales (bilan phoniatrique), des biopsies lors de la laryngoscopie en cas de présence de lésions, des radiographies, un scanner ou une IRM.


Quel traitement ?

La première mesure à prendre en cas d’extinction de voix est l’arrêt de la consommation de tabac et d’alcool. Il est également conseillé de limiter les zones bruyantes ou polluées.

Plusieurs conseils peuvent être appliqués pour soulager une voix enrouée :

    • Mettre sa voix au repos, ne parler qu’en cas de nécessité et éviter de crier, chuchoter ou chanter ;
    • Garder la gorge humide en buvant beaucoup d’eau et humidifier l’air ;
    • Eviter les décongestionnants nasaux en cas de rhume qui peuvent dessécher les cordes vocales ;
    • Eviter les endroits enfumés ;
    • Faire des gargarismes plusieurs fois par jour avec des infusions à base de sauge, de thym ou de camomille ;
    • Eviter le miel qui favorise la sécrétion d’acide gastrique ;
    • Prendre des anti-inflammatoires pour soulager la douleur ;
    • Eviter les boissons trop froides ou trop chaudes ;
    • Faire des inhalations d’eucalyptus d’une vingtaine de minutes.

1 – Traitement des extinctions de voix aigües

Lorsque la dysphonie est liée à une laryngite aigüe d’origine infectieuse, le traitement consiste à mettre la voix au repos. Des anti-inflammatoires ou des corticoïdes par voie orale ou inhalée peuvent être prescrits. En cas d’infection bactérienne, des antibiotiques sont associés.

2 – Traitement des extinctions de voix chroniques

En cas d’enrouement suite à un surmenage des cordes vocales, la prise en charge nécessite une mise au repos de la voix associée à une rééducation chez un orthophoniste. Afin de limiter le risque de récidives, il est conseillé de :

  • Contrôler son stress en travaillant sur la respiration abdominale ;
  • Humidifier l’air pour éviter le dessèchement de la gorge ;
  • Eviter de crier ou de toussoter de manière répétée ;
  • De faire une nuit blanche ;
  • De prendre des médicaments sans avis médical.

Le traitement d’une tumeur bénigne repose sur la rééducation orthophonique. Si les lésions persistent, une microchirurgie pour retirer les nodules peut être envisagée.

Lorsque l’extinction de voix est due à une paralysie, la rééducation orthophonique est associée au traitement de la pathologie en cause.  La rééducation a pour objectif de corriger la voix, mais aussi de limiter le risque de fausses-routes alimentaires et d’augmenter l’efficacité de la toux.

Une dysphonie provoquée par une laryngite chronique implique un arrêt obligatoire de la consommation de tabac et d’alcool. En cas de reflux gastro-oesophagien, un traitement adapté, généralement à base d’anti sécrétoires, est mis en place.

Enfin, les enrouements dus au cancer du larynx nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire. Ce cancer est traité par chirurgie, associée à la radiothérapie et/ou la chimiothérapie.

Charline D., Docteur en pharmacie.

– Enrouement. Ameli. Consulté le 13 novembre 2019.