Perte auditive

Une perte auditive est caractérisée par des difficultés croissantes à entendre, interpréter et comprendre les sons du quotidien. Près de 16% de la population mondiale en serait atteinte, soit environ 1 milliard d’individus. Que la perte soit légère ou sévère, elle peut être à l’origine d’une situation de handicap.

Définition

Oreille externeLa perte auditive, aussi appelée « surdité » ou « hypoacousie » est une diminution de la capacité de perception des sons. Sans prise en charge adaptée, une baisse d’audition peut diminuer la qualité de vie du patient (handicap sensoriel et social). En effet, lorsqu’une surdité n’est pas détectée précocement chez un enfant, elle peut conduire à des troubles du langage. Chez l’adulte ou la personne âgée, elle conduit plutôt à un isolement social, et à une perte des stimulations psychiques assurant le maintien des facultés intellectuelles.

Une perte d’audition peut être temporaire ou irréversible. Elle peut se manifester brutalement ou de manière progressive. La surdité peut atteindre une seule oreille ou bien les deux. Elle est parfois accompagnée d’autres symptômes tels que : un écoulement des oreilles, des vertiges, des acouphènes, de la fièvre, etc.

À savoir ! On parle de presbyacousie lorsque la baisse auditive est liée à l’âge. Elle est liée au vieillissement normal de l’oreille. On estime que la perte auditive est d’environ 0,5 décibels par an. Cette perte passe à 1 décibel par an après 65 ans et à 2 décibels par an après 85 ans.

Il existe différents niveaux de surdité. Cette dernière est exprimée en décibels de perte auditive :

  • La surdité légère, entre 20 et 39 décibels de perte auditive. A noter qu’un individu demande la répétition de son interlocuteur dès 30 décibels de perte auditive ;
  • La surdité moyenne, entre 40 et 60 décibels de perte auditive. A partir de ce niveau, on parle de handicap puisque la personne a besoin que son interlocuteur élève la voix ;
  • La surdité sévère, entre 70 et 90 décibels de perte auditive ;
  • La surdité profonde lorsque la perte auditive dépasse 90 décibels. L’individu n’est plus capable d’entendre quelqu’un parler.

À savoir ! Un son est caractérisé par sa fréquence que l’on exprime en Hertz (Hz) et par son intensité que l’on mesure en décibels (dB). Pour avoir un ordre d’idée, une conversation normale est évaluée entre 30 et 69 décibels. Une brasserie ou un lieu animé est estimé entre 70 et 80 décibels, et un concert ou une discothèque entre 105 et 120 décibels. Au delà de 85 décibels, il y a un danger pour l’oreille.

Oreille moyenneOn estime que plus de 10% de la population française est concernée par une perte auditive. Or, seulement 17% des individus atteints sont équipés d’un appareil auditif. Par ailleurs, 1 enfant sur 1000 naîtrait avec une surdité profonde. A 3 ans, 3 petits sur 1000 seraient concernés par une perte auditive sévère ou profonde. En effet, l’otite moyenne séreuse dans les cinq premières années de vie serait l’une des causes de surdité infantile.

On distingue 2 grands types de surdité : la surdité de transmission et la surdité de perception.

Une surdité de transmission est liée à une anomalie de transmission du signal sonore dans l’oreille externe ou moyenne. Les causes les plus fréquentes de surdité sont : une malformation congénitale de l’oreille, un blocage mécanique (présence de liquide derrière le tympan à cause d’otites à répétitions ou d’une otite séreuse chronique, obstruction du conduit auditif par un bouchon de cérumen), une séquelle d’un traumatisme de l’oreille moyenne ou une dégénérescence des osselets de l’oreille moyenne (appelée otospongiose).



Oreille interneUne surdité de perception est en lien avec une anomalie de conversion du signal sonore en influx nerveux, et de l’interprétation de ce signal par le cerveau. Elle est provoquée par une maladie de l’oreille interne. Les causes sont variées : une surdité génétique, la maladie de Ménière (augmentation de la pression dans le labyrinthe à l’origine de vertiges, de nausées, de vomissements et de bourdonnement d’oreilles), certains médicaments toxiques pour l’oreille, une exposition à des bruits trop intenses, un traumatisme de l’oreille interne, une infection virale ou bactérienne de l’oreille, l’atteinte du nerf auditif ou des voies auditives cérébrales.

Symptômes

Chez un enfant, la surdité peut être présente dès la naissance ou survenir plus tard. Les nouveau-nés bénéficient d’un dépistage néonatal permettant de diagnostiquer la surdité. Lorsque celle-ci survient plus tard, il est important d’en détecter les premiers signes. En effet, la perte de l’audition gêne l’acquisition de la parole, et peut entraîner des troubles du comportement chez les enfants. Il faut donc consulter dans les cas suivants :

  • Pour un enfant de moins d’un an, lorsque les sons émis ne sont pas mélodiques, que l’enfant ne babille pas ou qu’il ne réagit pas lorsqu’il est appelé ;
  • Pour un enfant de 1 à 2 ans, lorsqu’il ne dit aucun mot, qu’il communique avec des gestes, qu’il ne prête pas attention à ce qui est en dehors de son champ visuel ou qu’il émet des sons inconnus ou incontrôlés ;
  • Pour un enfant entre 2 ans et 3 ans, lorsqu’il ne parle pas, que le langage ne se met pas en place, qu’il s’isole ou au contraire s’agite ;
  • Pour un enfant de plus de 3 ans, lorsqu’il ne parle pas ou de manière incompréhensible, qu’il souffre de trouble du comportement ou a des difficultés d’apprentissage à l’école.

Chez l’adulte, les signes d’une perte de l’acuité auditive sont :

  • Le besoin de tourner la tête pour écouter de la bonne oreille ;
  • Le fait de faire répéter son interlocuteur ;
  • Un malaise en société ;
  • Les plaintes de l’entourage.

Diagnostic de perte auditive

En cas de suspicion de surdité, le patient doit être dirigé vers un médecin ORL. Celui-ci analyse les symptômes du patient et procède à la réalisation d’examens spécialisés :

  • L’audiométrie, la mesure des potentiels évoqués auditifs pour quantifier la perte d’audition ;
  • Des examens d’imagerie (scanner, IRM) pour déterminer la cause de la surdité.

Prise en charge

Le traitement de la baisse d’audition dépend de la cause et de sa sévérité. Il peut être médical (médicaments ou retrait d’un bouchon de cérumen) ou chirurgical (drains tympaniques, chirurgie du tympan, etc.).

Lorsque la perte auditive est sévère et handicape le quotidien du patient, alors un appareillage (implant cochléaire, prothèse auditive) peut être proposé. Un implant cochléaire est un appareil électronique placé au niveau de l’oreille interne et relié à un microphone posé en arrière de l’oreille. Les appareillages auditifs sont pris en charge sur prescription médicale selon le tarif de base de l’assurance maladie (qui dépend de l’âge, du handicap et de la prothèse).

Des séances d’orthophonie sont prescrites aux enfants ayant des troubles du langage en lien avec leur surdité. En cas de surdité sévère ou profonde, l’apprentissage de la langue des signes peut être proposé.

Il existe également divers appareils permettant de faciliter le quotidien des patients souffrant d’une importante surdité : des flash lumineux pour être averti à la place des sonneries, des réveils vibrants ou lumineux, les sous-titrages pour suivre la télévision, etc.

Charline D., Docteur en Pharmacie

– Perte de l’acuité auditive. Ameli. Le 22 juin 2018.
– La perte auditive. Laboratoires unisson. Consulté le 22 novembre 2018.