Mélanome : une bithérapie ciblée pour augmenter la survie

Jul 8, 2019 par

En France, sont recensés chaque année plus de 15 000 nouveaux cas de mélanome. Tumeur à fort potentiel métastatique, le pronostic de ce cancer s’assombrit s’il n’est pas détecté précocement. Récemment, des chercheurs ont évalué l’efficacité d’une nouvelle bithérapie, qui serait capable d’augmenter la survie globale à 5 ans des patients atteints d’un mélanome métastatique.

Mélanome

Mélanomes et bithérapie anticancéreuse

Le dabrafenib et le trametinib sont des médicaments, qui peuvent être utilisés dans le traitement des mélanomes, qui représentent 10 % des cancers de la peau. Associer ces deux médicaments permet-il d’améliorer la survie des patients atteints d’un mélanome métastatique de mauvais pronostic ? Pour répondre à cette question, deux études ont récemment été menées :

  • L’étude COMBI-d, dans laquelle l’association dabrafenid / trametinib était comparée au placebo ;
  • L’étude COMBI-v, qui comparait la même bithérapie avec un autre médicament, le vemurafenib.

Les résultats de ces deux études ont été présentés lors d’un récent congrès et publiés dans la revue scientifique New England Journal of Medicine. Au total, 563 patients ont participé à ces études, tous atteints d’un mélanome métastatique, avec une mutation BRAF V600.

Une survie améliorée à 5 ans pour un tiers des patients

Dans les deux essais cliniques, les patients ont reçu l’association suivante :

  • Deux doses quotidiennes de 150 mg de dabrafenib ;
  • Une dose quotidienne de 2 m de tramatenib.

Les résultats des deux essais ont mis en évidence qu’après 5 ans, 34 % des patients traités par l’association étaient encore en vie et 19 % ne montraient aucune progression de la maladie cancéreuse. A titre de comparaison, de récents essais cliniques avec un médicament d’immunothérapie, le pembrolizumab indiquait une survie globale à 5 ans de 43 %.

Plus précisément, les chercheurs ont pu mettre en évidence certains facteurs associés à une meilleure survie sans progression du cancer :

  • Une réponse complète au traitement ;
  • L’âge ;
  • Le sexe féminin ;
  • Un nombre de métastases inférieur à 3 ;
  • Un niveau normal des lactato-déshydrogénases, des enzymes dont un taux élevé est associé à l’agressivité du mélanome.

La bithérapie dabrafenib / trametinib pourrait donc s’avérer une bonne alternative pour améliorer la survie à 5 ans des patients atteints de mélanome métastatique, avec une mutation BRAF V600.

Des associations avec l’immunothérapie en cours d’évaluation

Sur le plan de la tolérance, 98 % des patients ont signalé des effets indésirables, tous connus et attendus par les chercheurs, notamment de la fièvre, des éruptions cutanées ou des diarrhées. Seulement 18 % des patients ont dû interrompre le traitement en raison des effets indésirables.

Les résultats de ces deux essais cliniques suggèrent une efficacité intéressante de la bithérapie dabrafenib / trametinib – du même ordre de grandeur que l’immunothérapie – même si le taux de décès à 5 ans reste encore très élevé pour le mélanome métastatique, un cancer de sombre pronostic. D’autres essais cliniques sont en cours pour explorer d’autres associations, notamment entre la bithérapie et l’immunothérapie.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Five-Year Outcomes with Dabrafenib plus Trametinib in Metastatic Melanoma. NEJM. Robert, C. and al. 2019. Consulté le 5 décembre 2018.
– Five-year analysis on the long-term effects of dabrafenib plus trametinib (D + T) in patients with BRAF V600–mutant unresectable or metastatic melanoma. Abstract 9507. ASCO. 4 juin 2019.
– Les bénéfices d’une bithérapie ciblée confirmés à cinq ans. Communiqué de presse Gustave Roussy. 4 juin 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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