Les phobies apparentées aux troubles anxieux désignent un ensemble de troubles psychiques au sein desquels l’angoisse se focalise sur un objet, une situation ou une activité particulière.

Femme souffrant de phobies

Définition

D’ordinaire, la peur est une émotion utile qui permet de nous protéger en nous poussant à agir ou à fuir face à un danger. Chaque individu a des peurs comme par exemple préférer l’escalier à l’ascenseur, être anxieux avant de prendre l’avion, etc. Dans la majorité des cas, chacun vit avec ses peurs et s’en accommode.

En revanche, lorsque la peur paralyse un individu en l’absence de réel danger, cela prend des proportions démesurées et impacte de manière importante sa vie (monopolise les pensées, influence les choix, etc.), Nous sommes alors face à une situation pathologique. On parle de phobie.

Une phobie est un trouble anxieux. Ainsi, la personne souffrant de phobie a totalement conscience que sa peur est irrationnelle et excessive, sans cependant, pouvoir résister au besoin d’évitement de l’objet de sa phobie. Une phobie est considérée comme grave et nécessite une prise en charge lorsqu’elle oblige l’individu à restreindre ses activités et que sa qualité de vie est impactée de façon importante.

On distingue 3 types de phobies :

Les phobies simples

Une phobie simple est une peur anormale et excessive d’un objet ou d’une situation telle que : certains animaux, le vide, l’eau, certains objets (miroir, aiguilles, etc.). En tout, il existerait près de 6 000 phobies simples différentes allant des plus répandues comme la claustrophobie aux plus rares et intrigantes, par exemple :

  • Acrophobie (peur des lieux élevés) ;
  • Clinophobie (peur de se mettre au lit) ;
  • Coulrophobie (peur des clowns) ;
  • Ereuthophobie (peur de rougir en public) ;
  • Gamétophobie (peur du mariage) ;
  • Géphyrophobie (peur de traverser un pont) ;
  • Kathisophobie (peur de s’asseoir) ;
  • Mysophobie (peur de la poussière) ;
  • Nostophobie (peur de rentrer chez soi) ;
  • Pédiophobie (peur des enfants et des poupées) ;
  • Scopophobie (peur d’être regardé) ;
  • Zélophobie (peur de la jalousie).

La plupart des personnes atteintes de ce type de phobies vivent avec en mettant en place une stratégie d’évitement.

Agoraphobie

L’agoraphobie est la peur de se trouver dans des lieux publics où il semble difficile de s’échapper, par exemple : les transports en commun, les centres commerciaux, les files d’attente, etc.

Généralement, les individus atteints de ce trouble sortent peu de chez eux. Lorsqu’ils le font, ils s’assurent d’être accompagné d’une personne proche et de confiance.

La phobie sociale

La phobie sociale est un trouble anxieux, grave et très invalidant. Elle se caractérise par la peur d’être observé et jugé par les autres ou d’être gêné ou humilié par ses propres actions.

Cette phobie se manifeste au cours d’une ou plusieurs situations sociales comme la prise de parole devant un groupe, le fait de devoir s’adresser à un inconnu ou de manger devant d’autres personnes, etc. On parle de phobie scolaire en cas de peur de se rendre à l’école. Celle-ci peut aboutir à un échec scolaire et à une dépression.

À savoir ! Le trac n’est pas une phobie sociale. C’est une angoisse normale ressentie avant une intervention publique ou une épreuve due à la crainte d’être jugé. A la différence de la phobie, le trac se dissipe au fur et à mesure de l’action.

Cause, fréquence et évolution

L’éducation ainsi que l’environnement familial semblent jouer un rôle important dans l’apparition des phobies. En effet, bien que l’existence de facteurs génétiques n’ait pas été démontrée, un parent phobique peut transmettre une certaine vulnérabilité émotionnelle à son enfant sans le vouloir qui peut le prédisposer aux phobies.

Les phobies simples sont le plus souvent en lien avec un événement traumatisant (réel ou fantasmé) de l’enfance. On comprend alors facilement qu’un enfant mordu par un chien dans son enfance pourra plus aisément qu’un autre développer une phobie des chiens. Ce type de phobie est plus fréquent chez les enfants et se dissipe généralement une fois l’adolescence passée. Lorsqu’elle se manifeste à l’âge adulte, la phobie s’atténue également avec le temps souvent grâce aux stratégies d’évitement mises en place.

Concernant l’agoraphobie, elle est généralement liée à la survenue répétée de crises de panique. Cependant, elle peut aussi apparaître très progressivement en l’absence de troubles paniques. Ce type de phobie, contrairement aux phobies simples, tend à s’aggraver avec le temps. Le patient sort de moins en moins tandis que son anxiété prend de plus en plus d’ampleur. Ainsi, nombreux sont les individus souffrants d’agoraphobie qui développent une dépression ou une addiction (aux drogues, aux médicaments ou à l’alcool) en parallèle.

Enfin, la phobie sociale peut se développer suite à une situation vécue ou à l’observation du comportement d’autres individus (par exemple, l’humiliation d’un individu par un groupe). Par ailleurs, le fait d’évoluer dans une famille repliée sur elle-même, ayant peu de liens sociaux extérieurs et au sein de laquelle le jugement d’autrui occupe une place excessive, peut induire une phobie sociale. Tout comme l’agoraphobie, la phobie sociale a tendance à s’accentuer avec les temps. Près de 60% des phobiques développent une dépression. La dépendance à l’alcool est également fréquemment présente chez ces patients. Par ailleurs, d’autres troubles anxieux peuvent venir s’ajouter à la phobie.

Les phobies simples sont les plus fréquentes et touchent entre 10 et 20% de la population. Les femmes sont 2 fois plus concernées que les hommes. Elles débutent le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence.

L’agoraphobie concerne 8 à 10% de la population. Elle se manifeste généralement entre 18 et 35 ans. 80% des agoraphobes sont des femmes.

La phobie sociale est également répandue. 3% de la population souffrirait d’une forme grave et un individu sur dix d’une forme moins sévère. Les hommes et les femmes sont cette fois-ci touchés de façon similaire. Ce trouble se déclare le plus souvent chez le jeune adulte.

Traitement

En cas d’impact trop important sur la qualité de vie des patients, les phobies nécessitent une prise en charge adaptée. Les thérapies cognitivo-comportementales associées à certaines techniques de relaxation ont déjà fait leurs preuves dans ce domaine. Parfois, notamment en cas de phobie sociale, un traitement médicamenteux peut être associé à une prise en charge psychothérapeutique du patient.

La psychothérapie employée est choisie en fonction des besoins de chaque patient.

Ainsi, lorsque le patient souhaite supprimer rapidement les symptômes de sa phobie, une thérapie cognitivo-comportementale semble plus adaptée. Cette thérapie consiste à exposer progressivement le patient à l’objet ou la situation qui déclenche sa peur jusqu’à ce qu’il parvienne à contrôler son anxiété. Les patients peuvent obtenir un soulagement de leurs symptômes en quelques mois.

Si le patient souhaite, en revanche, effectuer un travail plus en profondeur sur lui-même afin de découvrir l’origine de sa phobie, il pourra expérimenter une thérapie analytique, plus longue. L’hypnothérapie peut également être employée.

Les médicaments sont, dans la plupart des phobies, utilisés que ponctuellement afin de soulager les symptômes liés à l’anxiété. La phobie sociale est la seule à pouvoir faire l’objet d’un traitement de fond sur plusieurs mois. Les médicaments utilisés sont des anxiolytiques ou des antidépresseurs.

Charline D., Pharmacien

– Phobie. Eurekasanté. Le 2 octobre 2015.