Les nouveaux traitements contre le paludisme

Feb 25, 2019 par

Chaque année, le paludisme est à l’origine de près d’un million de décès et environ 500 millions de personnes contractent la maladie. Si pour l’instant, aucun vaccin n’a vu le jour, de nouveaux médicaments sont récemment arrivés sur le marché.

Un moustique vecteur du paludisme

Quels sont les traitements contre le paludisme ?

Le paludisme, appelé malaria dans certaines régions du monde, est une maladie grave parfois mortelle, provoquée par des parasites du genre Plasmodium, transmis par les moustiques. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que près de 40 % de la population mondiale est directement exposée à la maladie.

Infographie Santé sur le Net

Le paludisme

Les médicaments disponibles contre le paludisme peuvent être utilisés dans deux contextes :

  • En prévention (prophylaxie du paludisme) pour les personnes qui voyagent dans des zones endémiques, en complément des mesures de protection vis-à-vis des piqûres de moustiques ;
  • En traitement, pour traiter les personnes atteintes.

Les médicaments antipaludiques les plus connus sont les suivants :

Depuis quelques années, les autorités de santé s’inquiètent de l’émergence de deux phénomènes de résistance :

  • La résistance des parasites aux médicaments antipaludiques ;
  • La résistance des moustiques aux insecticides utilisés pour les détruire.

De la tafénoquine à un vaccin anti-palud…

Dans ce contexte, le développement de nouveaux traitements préventifs et curatifs du paludisme constitue une priorité mondiale de santé publique. Dernièrement, un nouveau médicament a été approuvé par l’agence américaine du médicament, la tafénoquine.

La tafénoquine a passé avec succès l’étape des essais cliniques et a démontré son efficacité notamment dans deux études cliniques de phase 3 ayant regroupé plus de 4 000 patients :

  • L’étude DETECTIVE menée en Ethiopie, au Pérou, au Brésil, au Cambodge, en Thaïlande et aux Philippines ;
  • L’étude GATHER menée au Pérou, au Brésil, en Colombie, au Vietnam et en Thaïlande.

Ces deux études ont montré que la tafénoquine est efficace contre l’infection à Plasmodium vivax. Sa tolérance est similaire à celle de la primaquine. L’un de ses avantages est sa longue durée d’action, qui pourrait permettre d’administrer une dose unique, qui protégerait les voyageurs pendant deux semaines.

La tafénoquine est indiquée dans le traitement du paludisme lié à l’infection par le parasite Plasmodium vivax, le plus fréquemment impliqué. Si ce nouveau médicament constitue une avancée, il n’a pas démontré son efficacité contre les formes plus sévères de la maladie, dues à Plasmodium falciparum.

Parallèlement aux médicaments, les chercheurs fondent leurs espoirs sur la mise au point d’un vaccin, qui pourrait épargner chaque année des millions de vie dans le monde. Plusieurs équipes de recherche, notamment françaises, travaillent à l’élaboration d’un vaccin, mais elles se heurtent pour l’instant à plusieurs difficultés. En effet, les parasites Plasmodium ont un cycle de vie marqué par plusieurs stades de développement très différents et il est donc difficile de mettre au point un vaccin efficace contre tous ces stades.

Près de la moitié de la population mondiale est exposée au paludisme. Si les progrès thérapeutiques sont nécessaires pour mieux prévenir et traiter l’infection, seule la mise au point d’un vaccin pourrait permettre d’envisager l’éradication de ce fléau mondial.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Paludisme, informations et traitements. Institut Pasteur. Janvier 2013.
– White NJ. Tafenoquine — A Radical Improvement?. N Engl J Med. 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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