Des outils pour reconnaître les tumeurs cérébrales de l’enfant

Apr 8, 2020 par

Les tumeurs cérébrales sont les cancers les plus fréquents chez l’enfant. La détection et le diagnostic précoce de ces tumeurs sont des aspects cruciaux pour optimiser la prise en charge de la maladie. Quels sont les critères les plus pertinents pour reconnaître une tumeur cérébrale chez l’enfant ou l’adolescent ? Des experts ont récemment fait le point sur cette question dans un article publié dans la revue scientifique Journal of Neurooncology.

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Cancers de l’enfant et tumeurs cérébrales

Parmi les cancers de l’enfant, les tumeurs les plus fréquentes sont les tumeurs cérébrales, qui se répartissent globalement en trois catégories :

  • Les tumeurs gliales, les plus fréquentes, se développent dans l’encéphale ou la moelle épinière. Ces tumeurs se subdivisent en plusieurs sous-types, d’agressivité variable.
  • Les tumeurs embryonnaires regroupent notamment les médulloblastomes situés dans le cervelet et les tumeurs tératoïdes rhabdoïdes atypiques.
  • Les épendynomes, plus rares, se développent dans l’épendyme.

Les tumeurs cérébrales de l’enfant sont très différentes de celles qui se développent chez l’adulte. Elles présentent des caractéristiques distinctes et se manifestent par des symptômes particuliers. Une récente étude épidémiologique, menée dans 14 pays, a regroupé l’ensemble des données cliniques associées à différents types de tumeurs cérébrales, chez 899 enfants de plus de 10 ans et les adolescents.

Des symptômes dominés par des maux de tête

Les données épidémiologiques ont révélé que les gliomes (tumeurs gliales) sont les tumeurs cérébrales les plus fréquentes entre l’âge de 10 ans et l’âge adulte. Les tumeurs embryonnaires arrivent en

seconde position par ordre de fréquence. Sur le plan de la localisation des tumeurs cérébrales, les deux régions les plus touchées sont :

  • Le cervelet ;
  • Le lobe frontal.

Les symptômes évocateurs de la présence d’une tumeur cérébrale varient selon trois critères :

  • Leur localisation : certains symptômes sont plus fréquents pour certaines localisations de tumeurs ;
  • Le type de tumeur : les tumeurs embryonnaires provoquent plus de symptômes que les autres ;
  • Le grade de la tumeur : plus le grade de la tumeur est élevé, plus les symptômes sont importants.

Néanmoins, les maux de tête (céphalées) constituent le symptôme principal dans 60 % des cas. Les autres signes sont des symptômes neurologiques, des nausées et des vomissements, et/ou des troubles visuels.

Des profils types pour un diagnostic plus rapide

Dans plus de la moitié des cas, le diagnostic de tumeur cérébrale est posé dans les deux mois qui suivent l’apparition des premiers symptômes. Mais dans 12 % des cas, le diagnostic est retardé au-delà d’une année, alors que les symptômes restent évocateurs de la présence d’une tumeur cérébrale. Dans plus de 6 % des cas, le diagnostic de la tumeur n’était toujours pas posé plus de deux ans après l’apparition des premiers symptômes.

De telles données épidémiologiques contribuent à créer des profils cliniques modèles pour chaque type de tumeur cérébrale. Ces profils seraient très utiles aux médecins pour améliorer le diagnostic et donc la prise en charge de ces tumeurs de l’enfant, dont l’incidence augmente dans les pays industrialisés depuis une dizaine d’années. Des chercheurs évaluent l’influence de l’exposition aux champs électromagnétiques sur l’évolution de l’incidence des tumeurs cérébrales chez l’enfant et le jeune adulte.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Clinical presentation of young people (10-24 years old) with brain tumors: results from the international MOBI-Kids study. NCBI. Consulté le 30 mars 2020.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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