Les particules de l’air ambiant, quel impact sur la santé ?

Aug 29, 2019 par

La pollution atmosphérique, et en particulier les particules fines présentes dans l’air ambiant, suscitent de vives inquiétudes pour la santé des populations exposées. L’ANSES vient de publier un rapport sur les effets des particules de l’air ambiant sur la santé. Trois nouveaux indicateurs de pollution apparaissent comme essentiels pour définir les politiques publiques relatives à la qualité de l’air.

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Pollution atmosphérique et particules de l’air ambiant

La pollution atmosphérique se matérialise par la présence dans l’air ambiant de différents composants ou particules, dont certains pourraient avoir des effets néfastes sur la santé. En France, l’ANSES est l’organisme chargé d’évaluer les effets sur la santé des particules présentes dans l’air ambiant. Récemment, cet organisme a rendu un rapport sur les effets néfastes de certaines de ces particules et sur la contribution du trafic routier à la pollution de l’air.

Pour rédiger son rapport, l’ANSES a compilé toutes les études épidémiologiques et toxicologiques ayant évalué les effets sur la santé de l’exposition à des particules de l’air ambiant. Au total, 160 études ont été prises en compte, portant sur 20 composés, 16 sources de pollution et 83 conséquences physiologiques ou effets sur la santé.

Les études mettent en évidence des preuves fortes d’effets néfastes sur la santé de plusieurs catégories de particules :

  • Le carbone suie, encore appelé le noir de carbone ou carbone noir, issu de réactions de combustion ;
  • Le carbone organique ;
  • Les particules ultrafines (dont la taille est inférieure au nanomètre).

Ces particules sont associées à des atteintes respiratoires et cardiovasculaires, mais aussi à des décès anticipés.

Des particules impactant négativement la santé

D’autres catégories de particules impacteraient négativement la mortalité, la santé respiratoire et cardiovasculaire : les aérosols inorganiques secondaires, les métaux de transition (fer, zinc, nickel, cuivre et vanadium), la silice et les endotoxines.

Par ailleurs, d’autres effets sur la santé rassemblent moins de preuves scientifiques. C’est le cas par exemple de l’effet du carbone suie et des particules ultra-fines sur le développement des performances cognitives de l’enfant, ou encore de l’effet du carbone suie sur le faible poids de naissance des enfants.

D’où viennent ces particules nocives pour la santé ? Des réactions de combustion d’une manière générale, qu’il s’agisse de combustion de charbon, de produits pétroliers ou de biomasse. Le trafic routier est également impliqué dans cette pollution atmosphérique.

De nouveaux indicateurs de qualité de l’air

A la vue de tels résultats, l’ANSES a inscrit dans son rapport plusieurs recommandations :

  • Cibler en priorité dans les politiques publiques sur la qualité de l’air ambiant les trois indicateurs particulaires responsables d’effets néfastes sur la santé. Actuellement, ils ne sont pas pris en compte et donc pas réglementés.
  • Poursuivre les efforts nationaux et internationaux de réduction de la pollution atmosphérique en agissant à plusieurs niveaux :
      • La réduction du trafic routier ;
      • Une diminution de la combustion du charbon, des produits pétroliers et de la biomasse ;
      • La réduction de l’exposition aux poussières de désert ;

     

  • Poursuivre les efforts de recherche pour mieux comprendre les effets sur la santé des particules associées à d’autres sources, comme :
    • L’agriculture ;
    • Le transport maritime ;
    • L’activité aéroportuaire.

Enfin, l’évolution du parc automobile se révèle indispensable, notamment au travers de la généralisation du filtre à particules et de la réduction des motorisations diesel, mais surtout il est nécessaire d’organiser la réduction du trafic routier, grâce au développement de moyens de transport alternatifs.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Pollution de l’air : nouvelles connaissances sur les particules de l’air ambiant et l’impact du trafic routier. ANSES. Consulté le 27 août 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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