Polyarthrite rhumatoïde : quels liens avec la pollution ?

Jan 28, 2019 par

La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire chronique, qui concerne environ 0,5 % de la population française, et survient généralement vers l’âge de 45 ans. Quels sont les facteurs environnementaux qui peuvent influencer le développement et l’évolution de cette pathologie ? Les chercheurs s’intéressent de près aux particules présentes dans l’environnement. De récents travaux suggèrent ainsi que la polyarthrite rhumatoïde pourrait être liée à la pollution atmosphérique.

pollution

Des articulations aux poumons

Pour une grande majorité de personnes, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie articulaire chronique. Pourtant, cette pathologie auto-immune inflammatoire ne touche pas uniquement les articulations.

Si les articulations restent les régions de l’organisme les plus impactées par la maladie, au cours de son évolution, la polyarthrite rhumatoïde peut s’accompagner d’autres atteintes, telles que :

  • Un syndrome sec, le syndrome de Gougerot-Sjögren associant une sécheresse de la bouche, des yeux et des muqueuses ;
  • Une atteinte cardiaque ;
  • Une atteinte pulmonaire ;
  • Une atteinte oculaire.

Au niveau pulmonaire, la polyarthrite rhumatoïde peut entraîner différents problèmes liés à l’inflammation des bronches, comme des bronchectasies ou des infiltrats inflammatoires de globules blancs. Ainsi, les tissus pulmonaires sont affectés par la maladie chez environ 60 % des patients ayant une polyarthrite rhumatoïde établie.

Le tabac à l’origine de l’auto-immunité

Dans les recherches menées pour mieux comprendre les causes et les mécanismes de la polyarthrite rhumatoïde, des chercheurs s’intéressent de près à l’influence des facteurs environnementaux. Des études ont montré que l’incidence de la maladie était plus importante dans les zones urbaines que dans les zones rurales. D’autres études ont mis en évidence que le risque de développer une polyarthrite rhumatoïde était supérieur pour les personnes vivant à proximité d’un lieu d’émission de particules environnementales.

Au fil des années, la nature des particules environnementales a changé. Dans les années 80, les grosses particules, issues de la combustion des énergies fossiles, dominaient dans l’environnement. Progressivement, elles ont été remplacées par les particules ultrafines, générées par :

  • La combustion des moteurs ;
  • Les centrales électriques ;
  • Les incinérateurs ;
  • Les avions.

Or ces particules sont capables de pénétrer plus profondément dans les voies aériennes et auraient donc des effets plus néfastes sur les poumons.

Plus précisément, des travaux ont déjà mis en évidence une influence du tabac ou de la silice inhalée sur le développement de la maladie. Le mécanisme supposé serait une transformation des particules environnementales en antigènes par les tissus pulmonaires, ces antigènes provoquant ensuite la production d’auto-anticorps. Ainsi les particules de tabac seraient à l’origine du processus d’auto-immunité de la polyarthrite rhumatoïde.

Un lien avec la pollution à confirmer

A l’image du tabac, les particules environnementales liées à la pollution atmosphérique pourraient entraîner dans les poumons une réaction inflammatoire et une réaction immunitaire, qui pourraient être à l’origine du développement de la polyarthrite rhumatoïde.

Pourtant, si les résultats des études sont clairs pour le tabac, ceux des études ayant évalué le lien entre pollution et polyarthrite rhumatoïde présentent des biais et sont souvent contradictoires. A l’inverse, des études ont clairement démontré un lien entre l’exposition aux particules fines et d’autres maladies auto-immunes, comme :

Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, le lien avec la pollution reste à démontrer de manière certaine, même si toutes les hypothèses des chercheurs vont dans ce sens. Des études épidémiologiques solides sont donc nécessaires pour le confirmer.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– La pollution atmosphérique comme facteur déterminant de la polyarthrite rhumatoïde. Signaux, J. and al. 2018. Revue du rhumatisme 85 (2018) 529–535. Consulté le 25 janvier 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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