Pourquoi certaines personnes ont-elles le mal de transport ?
Nausées et vomissements, maux de tête, sueurs froides… les mouvements lents et répétitifs de la voiture, du bateau ou de l’avion peuvent se révéler être une véritable épreuve pour celles et ceux qui souffrent du mal des transports. Mais pourquoi sommes-nous inégaux devant ce syndrome qui touche en moyenne 30% de la population ? Explications.

Que doit-on savoir sur le mal des transports ?
Le mal des transports est un syndrome complexe déclenché par un mouvement réel (voiture, bateau, avion, train, car) ou un mouvement perçu (jeux vidéo, simulateurs de réalité).
Il résulte d’une dissonance entre les informations sensorielles provenant de la vision et de l’oreille interne et la proprioception (les récepteurs proprioceptifs : situés dans les muscles et les articulations, détectent les mouvements du corps).
Le décalage entre ce que le cerveau reçoit comme information et ce qu’il anticipe déclenche des réflexes dits autonomes, de type nausées et vomissements.
Cependant, d’autres symptômes peuvent survenir comme des sueurs froides, une pâleur, un mal de tête et un mal de cœur, de la somnolence, une hypersalivation, accélération de la respiration, une perte d’appétit et une fatigue soudaine et intense. La sévérité et l’ampleur des symptômes dépendront de chaque individu et de la situation.
Dans la plupart des situations, les symptômes liés au mal des transports disparaissent dans leur intégralité assez rapidement, entre quelques minutes et 24 heures après l’arrêt du transport.
Les personnes les plus touchées sont les femmes, les enfants (à fortiori ceux âgés de plus ou moins 10 ans), ceux souffrant de migraines, vertiges ou encore de pathologies vestibulaires.
Pourquoi certains sont plus sensibles au mal des transports ?
Environ un tiers de la population est très sensible au mal des transports.
La sensibilité au mal des transports dépend de facteurs tels que la capacité du système nerveux à gérer des signaux contradictoires, la génétique et l’habituation à différents types de mouvements.
Les premières observations sur le mal des transports remontent à des milliers d’années, le médecin grec Hippocrate écrivait : « Naviguer en mer prouve que le mouvement perturbe le corps ».
En réalité, le mot « nausée » dérive du grec « naus », qui signifie navire !
Jelte Bos, chercheur sur la perception du mouvement à l’université libre d’Amsterdam Vrije explique que cinq nerfs partent de chaque organe de l’équilibre (système vestibulaire dans chaque oreille) et transmettent l’information au tronc cérébral, qui reçoit également des informations du système visuel.
Ainsi, si les informations nerveuses des organes de l’équilibre et du système visuel sont corrélées, le cerveau dispose d’informations optimales.
Ce qui provoque le mal des transports, c’est effectivement tout décalage entre les schémas réels et attendus de ces informations
Quelle est l’influence de la génétique sur le mal des transports ? Une étude néerlandaise sur plus de 80 000 personnes a répondu à cette question et établi un lien entre certaines variations génétiques et la sensibilité individuelle au mal des transports.
Ces gènes sont impliqués, entre autres, dans la fonction d’équilibre, le développement des yeux et des oreilles, et les processus neurologiques.
Autre paramètre induisant le mal des transports : des organes vestibulaires dysfonctionnels.
Dans ses expériences en laboratoire, Jelte Bos et son équipe ont constaté que les mouvements imprévisibles entraînent des nausées plus sévères. Et anticiper les mouvements peut réduire le mal des transports. Pour preuve : la position de conducteur permet de réduire l’intensité du mal des transports, car ce dernier dispose des informations optimales, il sait à quel moment il va tourner le volant.
Des travaux scientifiques ont aussi mis en évidence que les fluctuations hormonales pendant la grossesse et le cycle menstruel peuvent également accroître la sensibilité.
Quelles solutions concrètes pour lutter contre le mal des transports ?
Avant d’avoir recours à une solution médicamenteuse, des comportements peuvent aider à lutter contre le mal des transports comme :
- Regarder l’horizon et limiter les mouvements de la tête ;
- S’asseoir à l’avant et face à la route (éviter d’être positionné dans le sens contraire de la marche du moyen de transport) ;
- Eviter la lecture ou la consultation d’un écran digital ;
- Eviter le tabac ;
- Manger et boire léger (éviter le thé ou café) ;
- S’isoler si possible du bruit et des odeurs désagréables ;
- Réaliser des exercices de respiration ;
- Ecouter de la musique douce ;
- Recours au gingembre ou menthe poivrée.
Les traitements médicamenteux permettent surtout de prévenir la survenue des symptômes. Ils sont à prendre généralement une trentaine de minutes avant le départ. Les principaux médicaments sont la scopolamine (ne doit pas être utilisé chez les enfants de moins de 15 ans) et les antihistaminiques.
Lié à une prédisposition génétique, un système vestibulaire déséquilibré ou à des paramètres hormonaux pour les femmes, le mal de transport peut être surmonté grâce à différentes stratégies. Si vous souffrez fréquemment de mal des transports, il est bien évidemment recommandé de consulter un professionnel de la santé. Il pourra vous orienter et vous délivrer des conseils et traitements personnalisés.
– Motion sickness. StatPearls. . www.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 21 janvier 2025.
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