Régime méditerranéen : bouclier contre le cancer du sein ?

Oct 22, 2018 par

Et si le régime alimentaire n’influençait pas seulement les colonies de bactéries intestinales, mais également les colonies de bactéries présentes dans les glandes mammaires ? C’est ce que suggère une récente étude américaine selon laquelle le régime méditerranéen pourrait par ce biais protéger contre le risque d’apparition du cancer du sein.

Régime méditerranéen - femme

Le microbiome mammaire

Le cancer du sein représente le cancer le plus fréquent et le plus meurtrier chez la femme. 58 968 nouveaux cas de cancer du sein ont été dénombrés en France pour l’année 2017, avec un âge moyen de 73 ans au moment du décès. Aux Etats-Unis, c’est à 62 ans en moyenne que le cancer du sein est diagnostiqué.

Un régime alimentaire sain et diversifié, tel que le régime méditerranéen, est garant d’une bonne santé générale alors qu’un régime alimentaire occidental typique et excessif en graisses, en aliments industriels et en produits sucrés, augmente les risques de survenue de maladies métaboliques et cardiovasculaires.

À savoir ! Le régime méditerranéen (ou régime crétois) favorise la consommation de fruits, légumes, de céréales complètes et de graisses de qualité, tout en limitant l’apport en viandes rouges, sucre et produits industriels.

Cependant, alors qu’il est évident que le régime alimentaire a un impact majeur sur la diversité des bactéries intestinales, il n’a encore jamais été démontré si cela pouvait se vérifier également au niveau du microbiome mammaire.

À savoir ! Le microbiome désigne l’ensemble des bactéries peuplant une zone distincte de l’organisme. C’est ainsi que le microbiome mammaire fait référence aux nombreuses bactéries présentes au niveau des seins.

Des études récentes ont démontré que les glandes mammaires humaines, à l’instar de l’intestin, possédaient en effet leur propre microbiome spécifique. Des investigations plus poussées ont par ailleurs mis en évidence que les tumeurs cancéreuses du sein contenaient des niveaux plus faibles de bactéries de l’espèce Lactobacillus comparé aux croissances non cancéreuses, suggérant ainsi que ces bactéries pourraient jouer le rôle de « régulateur négatif du cancer du sein ».

Dans ce contexte, une équipe de chercheurs américains a souhaité connaître l’impact de l’alimentation, et plus précisément du régime méditerranéen, sur les populations bactériennes de la glande mammaire et le risque de survenue du cancer du sein.

Intérêt du régime méditerranéen dans la protection contre le cancer du sein

Dans cette étude qui paraîtra prochainement dans le journal Cell Reports, les scientifiques ont choisi d’analyser une population de singes macaques. Deux raisons à ce choix ont été avancées :

  • Les macaques représentent un bon modèle pour le cancer du sein.
  • Il est plus facile de contrôler étroitement et pendant de longues périodes le régime alimentaire de ces animaux que dans le cas d’une étude menée sur l’homme.

C’est ainsi que 40 macaques femelles adultes ont suivi pendant 31 mois l’un des deux régimes alimentaires suivants : le régime méditerranéen ou le régime occidental. À la fin de cette période, les scientifiques ont ainsi pu observer les résultats suivants :

  • Les singes ayant suivi la diète méditerranéenne présentaient un taux de bactéries Lactobacillus dans le tissu mammaire 10 fois plus important que les singes ayant suivi la diète occidentale.
  • Les singes nourris au régime méditerranéen présentaient également des taux plus élevés de composés produits par l’activité bactérienne qui sont en adéquation avec un risque moindre de cancer du sein.

Pour l’équipe de chercheurs, ces observations révèlent l’impact direct du régime alimentaire sur un microbiome autre que le microbiome intestinal, et suggèrent que leurs découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles pistes de prévention et de traitement du cancer du sein.

Ils soulignent cependant la nécessité de mener des études plus approfondies pour déterminer l’effet réel des bactéries Lactobacillus et de leurs dérivés métaboliques sur le tissu mammaire et le risque de cancer du sein. Il serait également judicieux de tester si la supplémentation en probiotiques ou en huile de poisson impacte sur le microbiome du tissu mammaire :

« Nos études futures sont conçues pour valider l’utilisation des probiotiques, de l’huile de poisson ou des antibiotiques durant une thérapie néoadjuvante pour améliorer les résultats thérapeutiques ».

Le régime méditerranéen n’a donc pas fini de faire parler de lui !

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Mediterranean diet promotes anticancer bacteria in the breast. Medical News Today. Le 2 octobre 2018.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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