Rhinite allergique : le matcha pourrait-il réduire les éternuements ?
Des chercheurs japonais ont observé chez des souris souffrant de rhume des foins que ce thé vert en poudre pourrait agir sur le cerveau et réduire le réflexe d’éternuement.

Eternuements, nez qui coule ou encore irritation : chaque printemps, les personnes sensibles au pollen connaissent bien les symptômes de la rhinite allergique, aussi appelée rhume des foins. Bonne nouvelle : une étude japonaise publiée le 5 mars dans la revue Science of Food suggère qu’une boisson très populaire au Japon, le matcha, pourrait aider à atténuer certains de ces désagréments.
Le matcha, un thé vert riche en composés bénéfiques
Le matcha est une poudre vert vif obtenue à partir de feuilles de thé de la même couleur, cultivées selon une méthode spécifique, puis séchées et finement broyées. Très apprécié au Japon, il est utilisé pour préparer du thé mais aussi pour aromatiser desserts, pâtisseries ou boissons.
Depuis plusieurs années, les scientifiques s’intéressent aux propriétés du matcha. Des recherches ont montré qu’il contient de nombreux composés bioactifs, notamment des antioxydants et des acides aminés. Sa consommation est souvent associée à divers effets positifs pour la santé, comme l’amélioration des fonctions cardiaques et cérébrales ou encore une réduction de l’inflammation.
Une étude sur des souris atteintes de rhume des foins
Mais ces propriétés pourraient-elles aussi agir sur les allergies saisonnières ? C’est la question qu’a étudiée l’équipe du professeur Osamu Kaminuma, de l’Institut de recherche en radiobiologie et médecine de l’Université d’Hiroshima.
Les chercheurs ont testé les effets du matcha sur des souris génétiquement modifiées pour présenter des symptômes de rhume des foins. Pendant plus de cinq semaines, les animaux ont reçu du matcha deux à trois fois par semaine, ainsi qu’une dose supplémentaire trente minutes avant d’être exposés à un allergène. Résultat : les souris traitées au matcha éternuaient nettement moins que celles qui n’en avaient pas consommé.
Un effet inattendu sur le système nerveux
Le point le plus surprenant concerne le mécanisme d’action. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le matcha ne semble pas agir sur les principales voies immunitaires de l’allergie.
Les chercheurs n’ont observé aucune modification des réactions impliquant l’immunoglobuline E (IgE), les mastocytes ou les lymphocytes T, pourtant essentiels dans les réactions allergiques. Ces éléments déclenchent normalement la libération d’histamine et d’autres substances responsables des symptômes. À la place, l’effet du matcha semble passer par le système nerveux.
Le matcha pourrait freiner le réflexe d’éternuement
Les scientifiques ont étudié l’activité du gène c-Fos, un marqueur de l’activation neuronale lors d’un stimulus intense, comme l’exposition à un allergène. Ils ont analysé son expression dans une région du cerveau impliquée dans le réflexe d’éternuement : le noyau caudal du nerf trijumeau spinal ventral.
Chez les souris allergiques exposées à un allergène, l’activité de ce gène augmentait fortement. En revanche, chez celles qui avaient consommé du matcha, l’activation neuronale diminuait nettement, revenant à des niveaux proches de la normale. En d’autres termes, le matcha ne bloquerait pas directement l’allergie, mais pourrait atténuer la réaction nerveuse responsable des éternuements.
Des résultats prometteurs, mais à confirmer chez l’humain
Faut-il pour autant se précipiter sur le matcha au moindre pic de pollen ? Les chercheurs restent prudents. Les résultats ont été obtenus chez la souris et doivent encore être confirmés chez l’être humain.
La prochaine étape consistera donc à mener des études cliniques pour vérifier si cet effet existe aussi chez les personnes souffrant de rhinite allergique. L’objectif, selon le professeur Kaminuma, serait de proposer une option alimentaire fondée sur des preuves scientifiques, capable de compléter les traitements classiques contre les symptômes du rhume des foins.
En attendant, pour les amateurs de matcha, cette étude offre peut-être une raison supplémentaire de savourer leur tasse de thé vert… même si elle ne remplacera pas encore les antihistaminiques.
– Matcha alleviates sneezing response in a murine model of allergic rhinitis. www.nature.com. Consulté le 13 mars 2026.
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