Colique du nourrisson

20 septembre 2021 par

coliques du nourrisson

Les coliques du nourrisson correspondent à des crises de larmes chez les nouveau-nés de moins de 4 mois. Elles se manifestent par des pleurs du nouveau-né, généralement après son repas. Les coliques peuvent aussi bien survenir chez les nourrissons nourrit au sein qu’au biberon. La crise survient brutalement dans les minutes qui suivent la fin du repas et se dissipe de manière soudaine également : de quoi rendre perplexe plus d’un parent. Bien que désagréable pour le petit, les coliques du nourrisson sont bénignes et ne laissent craindre aucune complication. Les crises disparaissent après le 4ème mois.

Définition et symptômes des coliques du nourrisson

Qu’est-ce que la colique du nourrisson ?

Les coliques du nourrisson sont très fréquentes. Elles affectent, en effet, entre 20% et 25% des nourrissons dans les premiers mois de leur vie. Elles se manifestent par des crises durant lesquelles le bébé en pleurs s’agite sans que les parents puissent l’apaiser.

Ces crises ne traduisent aucune maladie particulière. En effet, les nourrissons concernés ont un appétit normal et une courbe de poids satisfaisante. Il convient tout de même de s’assurer que ces crises ne soient pas liées à une absorption excessive d’air via le biberon ou à une sur ou sous-alimentation.

L’origine des coliques est difficile à élucider. Plusieurs hypothèses sont avancées comme un retard de maturité de l’intestin chez certains nouveau-nés empêchant une digestion normale. Une autre hypothèse avance que les enfants allaités pourraient manifester une réaction indirecte au lait de vache liée à une consommation importante de la mère en produits laitiers. Enfin, pour les enfants nourris au biberon, les coliques pourraient être le signe d’une allergie aux protéines de lait de vache, ou d’une intolérance au lactose.

Les coliques du nourrisson disparaissent comme elles sont apparues, autrement dit soudainement, au cours du troisième ou quatrième mois de vie du bébé.

Quels symptômes ?

Les coliques du nourrisson surviennent plusieurs semaines après la naissance, les pics de pleurs ont lieu environ vers 4 à 6 semaines puis diminuent régulièrement jusqu’à 12 semaines. Ces crises sont provoquées par des spasmes de l’intestin. Le scénario est toujours le même : le bébé prend son repas, il est calme jusqu’à ce qu’il se mette tout d’un coup à pleurer et à se tortiller. Une crise peut être impressionnante pour les parents qui voient leur nourrisson tout rouge se tordre de douleur, sans raison apparente. Le nourrisson peut parfois être ballonné, avec le ventre dur.

Les coliques se manifestent plus volontiers en fin de journée (fin d’après-midi ou début de nuit) ou lorsque le bébé est allongé.

Pendant la crise, les parents ont du mal à apaiser le bébé. L’émission de gaz ou de selles peut soulager l’enfant. Bien que les crises soient pénibles pour le petit, elles sont bénignes et se calment d’elles-mêmes.

Diagnostic et traitement des coliques du nourrisson

Quel diagnostic ?

Les coliques du nourrisson sont bénignes et ne nécessitent pas de consultation médicale lorsqu’elles sont isolées et clairement identifiées.

Il est, en revanche conseillé de consulter lorsque :

  • C’est la première fois que le bébé a une crise de pleurs que les parents ne parviennent pas à apaiser ;
  • Les coliques se poursuivent après 1 à 2 heures ;
  • Si le bébé a d’autres symptômes. Lorsque les coliques sont associées à des vomissements, des douleurs abdominales ou de la fièvre, il est recommandé de consulter rapidement un médecin. En effet, les coliques peuvent parfois être le symptôme d’une infection, par exemple une gastro-entérite. Dans ce cas, ce ne sont alors plus réellement des coliques du nourrisson mais des douleurs abdominales ;
  • Si le ventre du petit paraît douloureux lorsqu’on y touche ;
  • Si les symptômes se sont aggravés après la première consultation ;
  • Si le bébé refuse de s’alimenter et qu’il y a une dégradation de son état.

Lorsque les coliques du nourrisson persistent ou semblent très douloureuses pour l’enfant, il est recommandé d’en parler avec un pédiatre. Celui-ci pourra alors étudier l’intérêt d’un éventuel changement alimentaire.

Lors de la consultation médicale, le médecin s’assure que l’enfant souffre bien de coliques du nourrisson. Pour établir son diagnostic, le médecin se base sur les critères de ROME IV (outil diagnostic utilisé dans les pathologies digestives). Ces critères de ROME IV sont utilisés par les médecins pour diagnostiquer les coliques du nourrisson, selon plusieurs critères :

  • Nouveau-né âgé de moins de 5 mois ;
  • Crises fréquentes et prolongées de pleurs au cours desquelles le bébé est agité et irritable, ayant lieu sans cause évidente et qui ne peuvent être évitées ou résolues par les parents ;
  • Pas de retard psychomoteur ou de maladie identifiée chez le bébé.

Il peut dans certains cas exceptionnels prescrire des analyses complémentaires comme une prise de sang, un examen des selles ou une échographie de l’abdomen. Le pédiatre recherche également les éventuels signes pouvant indiquer une allergie alimentaire. Il peut prescrire des médicaments pour soulager les gaz et les ballonnements.

Il faut consulter un médecin en urgence ou se rendre aux urgences les plus proches lorsque le nourrisson paraît affamé, mais vomi tout ce qu’il lui est donné.

Quel traitement ?

A ce jour, aucun traitement pharmacologique n’a fait la preuve d’une efficacité scientifiquement prouvée. La siméticone (utilisée comme pansement gastrique), le sucrose ou la lactase n’ont pas d’efficacité prouvée. Par ailleurs, il n’est pas recommandé d’avoir recours, chez un nourrisson, aux IPP (inhibiteur de la pompe à protons indiqué notamment dans le traitement des ulcères gastriques) en cas de coliques.

D’après les dernières recommandations du Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique, certains probiotiques auraient un rôle bénéfique dans les coliques. Plusieurs références sont disponibles sans ordonnance à la pharmacie.

Pour soulager une colique du nourrisson à la maison, plusieurs mesures peuvent être envisagées :

  • Toujours favoriser une atmosphère calme et détendue pour donner le repas au bébé, et si possible prendre le temps de le promener à la fin du repas ;
  • En cas d’allaitement, faire l’expérience d’arrêter totalement la consommation de lait et produits laitiers pendant une semaine afin de voir si les coliques du bébé se calment ou non. Si c’est le cas, il faut se diriger vers son médecin afin d’avoir accès à des compléments alimentaires à base de calcium ;
  • Faire attention à ce que l’enfant avale le moins possible d’air lors des tétées. Maintenir le biberon incliné ;
  • >En cas d’alimentation au biberon, il est possible d’essayer un lait sans lactose. Attention à ne jamais modifier l’alimentation d’un nourrisson sans l’avis du médecin ;
  • Faire faire le rot au bébé après son repas, et attendre un petit moment avant de le coucher ;
  • Pour calmer les ballonnements, il est efficace de lui poser une bouillotte tiède sur le ventre;
  • Lorsque le bébé pleure, le prendre dans les bras, le promener ou le bercer. Il est également possible de lui masser les bras, les jambes et le dos ;
  • Éviter de paniquer ou de s’énerver pour ne pas transmettre du stress au bébé, ce qui aggraverait la situation.

Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de donner un médicament à un nourrisson sans avis médical.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– COLIQUE DU NOURRISSON. vidal.fr.
– COLIQUES DU NOURRISSON. gfhgnp.org.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.