Règles douloureuses

Les dysménorrhées correspondent à des douleurs abdomino-pelviennes, rythmées par les règles et pouvant être d’intensité variable selon les femmes. Fréquentes et assez contraignantes, elles peuvent perturber la qualité de vie.

Dans des cas plus rares, les douleurs des règles peuvent être liées à une maladie sous-jacente.

Qu’est-ce que la dysménorrhée ?

Définition

La dysménorrhée est le terme médical employé pour désigner les douleurs survenant pendant les règles ou un peu avant. Elles apparaissent de manière cyclique, soit à chaque menstruation.

Dans la plupart des cas, ces douleurs durent 1 à 3 jours : elles débutent par un saignement modéré puis atteignent un pic maximal 24 heures après le début des règles (associées à un saignement plus important). Une atténuation de la douleur peut se dérouler 2-3 jours après.

Manifestation clinique

Ces douleurs menstruelles se ressentent généralement dans le bas du ventre mais peuvent aussi se propager au niveau du dos, voire irradier les jambes.

La douleur peut être perçue de façon différente d’une femme à l’autre : certaines peuvent ressentir une simple gêne, tandis que chez d’autres, des douleurs modérées ou intenses à type de crampes, de spasmes peuvent se manifester.

Ces douleurs peuvent être associées à un ou plusieurs des symptômes suivants :

  1. Nausées, vomissements ;
  2. Troubles de l’humeur ;
  3. Migraine ;
  4. Diarrhée ;
  5. Fatigue ;
  6. Malaise.

Ces symptômes, qu’ils soient d’origine physique ou psychologique, sont liés à ce que l’on appelle aussi le « syndrome prémenstruel ».

A savoir ! Le syndrome prémenstruel (SPM) désigne l’ensemble des manifestations physiques, cognitives, émotionnelles ressenties par certaines femmes dans les 2 à 10 jours précédant le début des menstruations. Généralement, ces manifestations s’atténuent lorsque les règles débutent. L’exercice physique ainsi qu’un régime alimentaire réduit en caféine, sucre et alcool permettent d’atténuer l’intensité de ces symptômes. Dans tous les cas, s’ils surviennent trop fréquemment, il est conseillé de consulter un gynécologue pour en discuter.

Les types de dysménorrhée

Deux types de dysménorrhées peuvent être distinguées :

  1. Les dysménorrhées primaires (les plus fréquentes) ;
  2. Les dysménorrhées secondaires (souvent dues à des anomalies pelviennes).

Les dysménorrhées primaires

Ce genre de dysménorrhée apparaît à l’adolescence, dans l’année suivant les premières règles, et survient à presque tous les cycles ovulatoires. Il s’agit d’un phénomène naturel, n’entraînant pas de conséquence grave. Contrairement aux dysménorrhées secondaires, celles-ci ne sont pas liées à des pathologies structurelles d’ordre gynécologique.

La douleur est générée en raison de contractions et d’une ischémie utérine médiées par les prostaglandines et d’autres médiateurs (messagers) inflammatoires produits par la muqueuse de l’utérus, l’endomètre.

A savoir ! Les prostaglandines sont des substances provoquant des contractions utérines et qui favorisent l’expulsion de la muqueuse utérine. Sa surproduction entraîne des douleurs plus intenses à l’arrivée des règles, par une augmentation anormale de la contractilité du muscle utérin.

Généralement, les dysménorrhées primaires s’atténuent avec le temps ou disparaissent même spontanément au bout de quelques années.

Les dysménorrhées secondaires

Ce genre de dysménorrhée apparaît plus tardivement chez une femme présentant des affections au niveau gynécologique. Les douleurs liées aux règles peuvent s’accompagner d’autres symptômes tels que des saignements intervenant entre les règles, une abondance anormale des règles, etc.

Chez ces femmes, les causes les plus fréquentes pouvant justifier ce cas sont les suivants :

  1. Une endométriose ;
  2. Une adénomyose (endométriose interne caractérisée par des fragments de l’endomètre dans le muscle de l’utérus (myomètre)) ;
  3. Un fibrome utérin ;
  4. Une infection génitale ;
  5. Un kyste ovarien.

Que faire en cas de douleurs des règles ?

En cas de douleurs non liées à des anomalies gynécologiques, du repos, un sommeil adéquat et une activité physique régulière sont recommandés en premier lieu pour atténuer ce type de troubles. Par ailleurs, un régime alimentaire pauvre en graisses et combiné à des compléments nutritionnels tels que les omégas-3, graines de lin, magnésium, vitamine E, zinc et vitamine B1 sont aussi réputés pour être efficaces.

Malgré les initiatives précédentes, si les règles deviennent trop douloureuses, prendre conseil auprès d’un pharmacien peut être nécessaire. Dans ce cas, il est souvent proposé aux patientes des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui agissent en diminuant la sécrétion des prostaglandines et donc les douleurs.

Pour garantir une efficacité optimale, mieux vaut ne pas trop attendre que la douleur s’installe et ne jamais dépasser la dose maximale recommandée.

Néanmoins, pour les femmes présentant certaines maladies touchant les voies digestives, le cœur, le foie ou le rein, ce traitement à base d’AINS reste contre-indiqué. Lors d’une consultation, le médecin peut alors proposer d’autres solutions thérapeutiques :

  1. Une contraception orale combinée (œstrogènes-progestérone) ;
  2. La pose d’un stérilet délivrant de la progestérone ;
  3. D’autres cas peuvent nécessiter une contraception orale simplement progestative ;

Des mesures simples peuvent également les soulager telles que :

  1. L’application d’une source de chaleur (bouillotte) sur le bas du ventre ;
  2. Des bains chauds ;
  3. Des massages répétés sur son ventre ;
  4. Des techniques de relaxation ;

A savoir ! D’autres thérapies non médicamenteuses telles que l’acupuncture, la chiropraxie, l’hypnose peuvent aussi s’avérer bénéfiques chez certaines patientes dans le cadre des douleurs liées aux règles.

La consultation auprès d’un médecin s’avère nécessaire par exemple dans les cas suivants :

      • Lorsque les douleurs surviennent à l’âge adulte ou s’aggravent ;
      • Lorsque les douleurs durent plusieurs jours, en dehors de la période des règles (métrorragies) ;
      • Lorsque les douleurs perdurent, même en cas de traitement par les AINS ;
      • Lorsque les douleurs entraînent des perturbations trop conséquentes sur la vie quotidienne ;
      • Présence de fièvre ;
      • Présence de pertes vaginales (écoulement épais et jaunâtre) ;
      • Abondance anormale des règles (ménorragies).

Enfin, lorsque le médecin suspecte une maladie en cause dans la dysménorrhée, un bilan complémentaire peut être prescrit à la patiente pour déceler l’anomalie en question et ce à travers :

  1. Une échographie pelvienne avec doppler (par voie endovaginale) : cet examen permet de détecter certaines masses pelviennes telles que les kystes ovariens, fibromes, endométriose ou même d’observer un déplacement anormal ou la perte de dispositifs intra-utérins.
  2. Une IRM : sert à identifier d’autres anomalies, dont par exemple des anomalies congénitales.

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Dossier santé : règles douloureuses. Ameli santé. – Consulté le 04 octobre 2017.
– Extrait des Mises à jour en Gynécologie Médicale – Volume 2005. CNGOF. Le 30 novembre 2005.
– Dysménorrhée. Le Manuel Merck. JoAnn V. Pinkerton. – Consulté le 04 octobre 2017.