Suites de couchesLes suites de couches correspondent à la période, qui s’étend de l’accouchement jusqu’au retour de couches (c’est-à-dire le retour des règles). Selon les contextes, cette période peut être physiologique (sans problème de santé particulier) ou pathologique (lorsqu’une complication survient). Dans tous les cas, il s’agit d’une période particulière dans la vie des femmes, juste après la grossesse, qui nécessite une surveillance médicale rapprochée, pour détecter précocement tout problème et le traiter de manière adaptée.

Que sont les suites de couches ?

Après la grossesse et l’accouchement, arrive une période particulière dans la physiologie féminine, les suites de couches ou post-partum. Souvent méconnues et peu prises en compte, les suites de couches, qui s’étendent de la délivrance du placenta jusqu’au retour de couches (retour des règles après la grossesse), est associée à des caractéristiques physiologiques particulières. De plus, des problèmes de santé spécifiques peuvent survenir au cours de cette période.

A noter ! La période des suites de couches a donné son nom aux services dans lesquels les femmes séjournent après leur accouchement : les services de suites de couches. Pourtant, cette période dure bien au-delà du séjour à la maternité.

Classiquement, les spécialistes distinguent deux types de suites de couches :

  • Les suites de couches physiologiques, sans problèmes de santé particuliers, mais qui nécessitent une surveillance médicale adaptée ;
  • Les suites de couches pathologiques, qui s’accompagnent de complications plus ou moins graves, impliquant un traitement et une prise en charge adaptés.

Les suites de couches physiologiques

D’une manière générale, la durée des suites de couches est d’environ 45 jours, en l’absence d’une contraception hormonale. Les suites de couches physiologiques sont divisées en deux sous-types :

  • Les suites de couches immédiates, entre 1 et 15 jours après l’accouchement ;
  • Les suites de couches tardives, entre 16 et 45 jours.

Si la femme n’allaite pas son bébé, le retour de couches a généralement lieu à partir du 45ème jour après l’accouchement. En cas d’allaitement, le retour de couches est décalé, au moins pendant les 4 premiers mois du post-partum, si l’allaitement est exclusif. Si l’allaitement n’est pas exclusif ou qu’il s’arrête (sevrage), les premières règles peuvent apparaître 6 à 8 semaines plus tard.

Cette période des suites de couches est le moment particulier où se produisent deux phénomènes importants :

  • L’établissement de la lactation, avec la montée de lait et la mise en place de l’allaitement pour les femmes qui choisissent d’allaiter leur enfant ;
  • Le retour progressif de l’organisme féminin à son état initial d’avant la grossesse, en particulier au niveau de la sphère génitale.

Sur le plan de la physiologie féminine, après la délivrance et pendant les suites de couches, se déroulent plusieurs changements importants :

      • L’utérus se rétracte ; son poids et sa taille diminuent, rapidement pendant la première semaine, et plus lentement par la suite. L’utérus reprend finalement sa taille normale (environ 6 cm) et son poids normal (environ 50 g) au bout d’environ 2 mois.
      • L’endomètre (muscle utérin) se régénère selon un processus en 4 phases :
      • Une régression de la muqueuse endométriale de l’accouchement jusqu’au 5ème jour ;
      • Une cicatrisation de l’endomètre entre 6 et 25 jours ;
      • Une régénération de l’endomètre, grâce à la sécrétion d’œstrogènes, entre 25 et 45 jours ;
      • La reprise du cycle menstruel.

      • Le retour à l’état physiologique des voies génitales basses (vagin, vulve, hymen, périnée). Les déchirures ou l’épisiotomie se cicatrisent en quelques jours à quelques semaines.
      • La mise en place de la lactation, avec la sécrétion de colostrum, la montée de lait et l’installation de l’allaitement. Le maintien de l’allaitement est sous le contrôle des sécrétions hormonales (ocytocine, prolactine) et de la succion répétée du bébé.
      • Une modification passagère de la fonction urinaire, marquée par une augmentation du volume quotidien d’urine, une possible rétention urinaire ou une incontinence urinaire le plus souvent transitoire.
      • Une constipation transitoire est très fréquente, associée à différents facteurs (mécaniques, hormonaux et psychologiques). Elle peut s’accompagner d’une crise d’hémorroïdes.
      • Certains signes cutanés de la grossesse disparaissent au cours du post-partum, souvent en quelques semaines. Les vergetures quant à elles s’atténuent, mais ne disparaissent le plus souvent jamais. Parallèlement, se produit entre 1 et 5 mois après l’accouchement une chute diffuse des cheveux, qui peut durer jusqu’à 2 ans. La pilosité revient rapidement à son niveau initial d’avant la grossesse.

Par ailleurs, les suites de couches sont caractérisées par d’importants changements hormonaux physiologiques :

      • Une chute brutale des hormones produites par le placenta (progestérone, œstrogènes) ;
      • Une production de prolactine, variable selon l’existence ou non d’un allaitement :
      • En l’absence d’allaitement, la prolactine chute et disparaît en une quinzaine de jours ;
      • En cas d’allaitement, chaque tétée induit des pics de prolactine pendant les premières semaines, puis le taux de prolactine se normalise en moyenne après 112 jours.

Ces variations hormonales, associées à la fatigue de l’accouchement et des premiers jours de vie avec bébé, peuvent altérer l’état psychique de la mère, avec différents symptômes possibles :

      • Des crises de larmes ;
      • Une irritabilité ;
      • Des problèmes de sommeil ;
      • Des troubles de l’appétit ;
      • Une fatigue importante.

Ces signes témoignent du phénomène de « baby blues », qui touche entre 50 et 70 % des femmes. Cependant, cette déprime passagère ne doit surtout pas être confondue avec la dépression post-natale, qui nécessite un diagnostic et une prise en charge adaptée.

Les suites de couches physiologiques, avec tous ces changements, impliquent une surveillance médicale étroite de la femme :

      • Une surveillance constante pendant les 2 premières heures après l’accouchement ;
      • Une surveillance biquotidienne au cours des premiers jours, pendant le séjour à la maternité ;
      • La prescription d’une contraception adaptée au moment de la sortie de la maternité;
      • Les visites à domicile des sages-femmes après le retour à domicile ;
      • Une consultation post-natale entre 6 et 8 semaines après l’accouchement.

Les suites de couches pathologiques

Dans la grande majorité des cas, les suites de couches se déroulent sans aucun problème de santé et sont dites physiologiques. Tous les changements qui se produisent pendant cette période sont alors normaux et permettent à l’organisme féminin de revenir à son état initial d’avant la grossesse. Cependant, dans un certain nombre de cas, des complications peuvent survenir au cours des suites de couches, qui sont alors dites pathologiques.

Les pathologies les plus fréquentes pendant les suites de couches sont de différentes origines :

      • Utérines : l’endométrite (infection de l’endomètre), les hémorragies du post-partum;
      • Thromboemboliques : les thromboses veineuses superficielles ou profondes, une phlébite;
      • Mammaires : des complications de l’allaitement, telles qu’un engorgement mammaire au moment de la montée de lait, une lymphangite (inflammation des vaisseaux lymphatiques), une galactophorite ou mastite (inflammation du sein, avec ou sans infection), voire un abcès du sein, en cas d’infection non contrôlée ;
      • Périnéales : une surinfection des cicatrices d’épisiotomie ou de déchirure, ou encore un lâchage des points de suture ;
      • Urinaires : une infection urinaire.

Si la plupart de ces complications sont généralement bénignes (engorgement, infection urinaire), certaines peuvent mettre en jeu le pronostic vital de la femme (hémorragies du post-partum, thromboses veineuses qui peuvent évoluer en embolie pulmonaire et doivent donc être prises très au sérieux, par les femmes et l’équipe médicale.

Ces différentes pathologies doivent être recherchées au cours de l’examen clinique, pendant la surveillance des suites de couches. La survenue d’une fièvre ou de tout symptôme anormal doit être immédiatement mentionnée à l’équipe médicale pendant le séjour à la maternité. Après le retour à domicile, il est recommandé de consulter rapidement un médecin.

Par ailleurs, certaines complications des suites de couches peuvent être prévenues par certaines mesures. Dans le cas par exemple des thromboses veineuses, la prévention est essentielle et passe par :

      • Un lever précoce après l’accouchement ;
      • Une contention veineuse en cas de facteur de risque ;
      • Un traitement préventif par un dérivé d’héparine en fonction du contexte clinique et des facteurs de risque.

Une fois diagnostiquées, ces différentes pathologies font l’objet d’une prise en charge adaptée, le plus souvent basée sur des traitements médicamenteux. Une hospitalisation peut être nécessaire dans certains cas, comme dans le cas de l’endométrite du post-partum ou des hémorragies tardives du post-partum (par exemple un retour de couches hémorragique).

– Les suites de couches physiologiques. Université Médicale Virtuelle Francophone. Mars 2011.
– Item 25 : Suites de couches pathologiques : pathologie maternelle dans les 40 jours. Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. 2010-2011.