Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une varicocèle est clinique. L’examen doit être bilatéral et comparatif. Le médecin recherche les dilatations variqueuses au-dessus des testicules.

La palpation lors de l’examen clinique permet d’éliminer d’autres causes possibles de pesanteur, comme une hernie inguinale, une tumeur testiculaire ou un kyste au niveau du cordon spermatique.

En clinique, les varicocèles peuvent être :

  • La varicocèle n’est ni visible ni palpable, mais mise en évidence lors d’examens complémentaires ;
  • De grade 1. La varicocèle est palpable lors de la manœuvre de Valsalva (manœuvre d’hyperpression abdominale) ;
  • De grade 2. La varicocèle est palpable au repos mais non visible ;
  • De grade 3. La varicocèle est visible et palpable au repos.

Des examens complémentaires peuvent être nécessaires lorsque l’examen clinique ne permet pas de mettre clairement en évidence une varicocèle. En cas de doute, une échographie est prescrite. Cet examen d’imagerie permet de confirmer la présence de dilatations veineuses, et élimine les autres causes possibles. De plus, lorsque l’échographie est couplée à un doppler, le sang qui stagne peut être visualisé.

Un spermogramme peut parfois révéler des anomalies. Les spermatozoïdes sont alors moins nombreux, moins mobiles et présentent des atypies plus marquées. Ce type d’examen est prescrit en cas de troubles de la fertilité chez le patient. Un spermogramme est un outil permettant de déterminer l’implication des spermatozoïdes dans une infertilité au sein d’un couple. Il vise à caractériser les spermatozoïdes d’un point de vue quantitatif (nombre de spermatozoïdes au total et nombre de spermatozoïdes normaux) et qualitatif (mobilité et forme des spermatozoïdes). Pratiqué en laboratoire, il repose sur le recueil de sperme par la masturbation après plusieurs jours sans éjaculation.

À savoir ! Seules les varicocèles palpables ont fait la preuve d’une association avec l’infertilité masculine.

Quel traitement ?

Lorsque la varicocèle est peu sévère, autrement dit quand elle n’entraîne aucune gêne, aucun traitement n’est prescrit. Une surveillance clinique régulière est suffisante.

Seules les varicocèles très symptomatiques ou entraînant des anomalies spermatiques bénéficient d’un traitement. Deux types de traitement existent pour stopper le reflux sanguin :

  • La chirurgie classique via une ouverture dans l’abdomen, pratiquement plus pratiquée ;
  • L’embolisation, la plus utilisée. Le succès de cette méthode est estimé à 95%.

L’embolisation consiste à obturer la veine spermatique dilatée en passant par la voie naturelle (les vaisseaux sanguins) pour atteindre la varicocèle sans chirurgie. Le médecin y dépose des micro-ressorts appelés « coils » avec une colle biologique (ou agent sclérosant) afin de boucher la veine ou la partie de la veine dilatée.

Les bénéfices de cette intervention sont immédiats sur la gêne ou la douleur ressentie par le patient. Concernant les anomalies du spermogramme, il faut attendre entre 2 et 3 mois pour voir une amélioration. Toute comme avec la chirurgie, la restauration n’est pas toujours complète.

L’embolisation n’interrompt les activités du patient que le jour de l’intervention, dès le lendemain, il peut reprendre le cours normal de sa vie. La récidive est moins fréquente qu’après une chirurgie classique.

Dans la majorité des cas, particulièrement chez les jeunes, la varicocèle est bénigne. En revanche, lorsqu’elle survient soudainement chez un homme de plus de 35 ans, il faut s’assurer de l’absence d’un potentiel cancer du rein. Une échographie rénale est prescrite pour éliminer cette possibilité.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Varicocèle. CENTRE D’UROLOGIE ET D’ANDROLOGIE DE PARIS. Consulté le 6 janvier 2020.
– Varicocèle et infertilité masculine. Association Française d’Urologie. Consulté le 6 janvier 2020.
– La varicocèle. HÔPITAL EUROPEEN GEORGE POMPIDOU. Consulté le 6 janvier 2020.
– Les testicules. CANCER CA. Consulté le 6 janvier 2020.