Le scorbut est de retour !

Jan 5, 2017 par

Alors qu’on le croyait définitivement classé dans les livres d’histoire, voilà que le scorbut ou « maladie des marins » refait son apparition. En cause, un régime alimentaire totalement déséquilibré

scorbut malbouffe fast food

Scorbut et carence en vitamine C

Le scorbut est une maladie décrite dès le XVème siècle comme la « maladie des marins ». Il s’agit d’une pathologie associée à une carence sévère en vitamine C. A l’époque, les marins au long cours ne pouvaient pas consommer des fruits et légumes frais durant leurs voyages.

La vitamine C ou acide ascorbique est un élément nutritif, essentiel à notre organisme. Une carence en cette vitamine, provoque de multiples symptômes :

  • Une fatigue et une faiblesse ;
  • Une fragilisation des vaisseaux sanguins entraînant :
    • Un gonflement et des saignements des gencives ;
    • Des hémorragies cutanées ;
    • Des saignements du nez ;
    • La présence de sang dans les urines, les selles ou sous les ongles ;
    • Un retard de cicatrisation des plaies ;
  • Des douleurs articulaires ;
  • Une diminution de l’absorption du fer, à l’origine d’une anémie (carence en fer).

Dans les formes les plus sévères, le scorbut pouvait mener au décès en raison de complications cardiovasculaires.

A l’ère moderne, le scorbut est devenu une affection très rare, limitée à des circonstances exceptionnelles (camps de réfugiés lors de conflits, famines, prisons de certains pays en voie de développement, …). Une supplémentation quotidienne avec 1 gramme de vitamine C suffit à traiter le scorbut.

A savoir ! Il existe une forme infantile de scorbut, également appelée la maladie de Barlow. Elle peut toucher des enfants, entre l’âge de 2 et 12 mois, lorsqu’ils sont nourris au biberon, avec un lait de mauvaise qualité et non infantile. Dans les pays développés, tous les laits infantiles sont supplémentés en vitamine C, pour garantir des apports optimaux, en fonction de l’âge de l’enfant.

Quand la malbouffe entraîne le scorbut

Une récente étude australienne montre la réapparition, en Australie et dans d’autres pays, du scorbut : une maladie disparue dans les pays développés depuis deux siècles. Comment expliquer un tel phénomène ? Les mauvaises habitudes alimentaires seraient directement en cause.

Une douzaine de patients diabétiques a consulté pour des plaies qui ne cicatrisaient pas. Interrogés sur leur régime alimentaire, la carence en vitamine C apparaissait flagrante et a été confirmée par des analyses biologiques. Ces patients ne consommaient que peu ou pas de fruits et légumes frais, et uniquement des légumes très cuits (or la vitamine C est détruite à la cuisson). Ces résultats font écho avec des études menées aux USA en 2003 chez des adolescents, ainsi qu’en France et au Royaume-Uni entre 2008 et 2014. Elles ont démontré que les carences en vitamine C touchaient particulièrement les milieux défavorisés. Cependant, dans l’étude australienne tous les milieux sociaux sont impactés.

Booster sa consommation de fruits et de légumes

Les symptômes d’une carence en vitamine C apparaissent généralement entre le premier et le troisième mois d’un régime alimentaire pauvre en vitamine C (moins de 5 mg par jour), alors que les apports quotidiens recommandés varient de 75 mg pour les femmes à 90 mg pour les hommes.

Prévenir l’apparition d’une carence en vitamine C ou d’un scorbut est relativement simple. Il suffit d’accroître sa consommation de fruits et de légumes frais, y compris de légumes à feuilles vertes.

Pour éviter que le scorbut ne redevienne une maladie courante au XXIème siècle, une attention particulière doit être portée, par les médecins et les patients, au régime alimentaire et à la consommation d’aliments riches en vitamine C. D’où l’importance des 5 fruits et légumes, minimum, par jour … à consommer crus de préférence !

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

Christie-David, D.J. et al. Vitamin C deficiency and diabetes mellitus – easily missed? 2016. Diabetic Medecine. doi: 10.1111/dme.13287.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.