Syndrome des jambes sans repos : effet dévastateur sur la santé mentale

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Rédigé par Alexia F. et publié le 23 février 2022

Picotements, fourmillements, démangeaisons … c’est ce que ressentent les personnes atteintes du syndrome des jambes sans repos (SJSR). Elles sont obligées de se mettre en mouvement afin de soulager leurs jambes. Le SJSR nuit à la qualité de vie et de sommeil des personnes atteintes. En effet, ces symptômes surviennent majoritairement le soir ou la nuit, de facto, ils impactent fortement la qualité du sommeil et la santé mentale des patients. Une équipe montpelliéraine a quantifié les troubles dépressifs et la fréquence d’idées suicidaires chez les personnes souffrant de SJSR et mesuré comment un traitement adapté permet d’améliorer à la fois les symptômes sensorimoteurs et la santé mentale des patients.

syndrome des jambes sans repos et santé mentale

Le syndrome des jambes sans repos : qu’est-ce que c’est ?

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) se traduit par des sensations très désagréables dans les jambes obligeant à les bouger régulièrement pour les soulager. Il se déclare généralement à l’âge adulte et touche principalement les femmes. Il est estimé que 2 à 3% de la population seraient touchés de façon chronique et 6 à 7% de façon occasionnelle. Les symptômes se manifestent en grande partie à l’extrémité des jambes et parfois dans les bras (dans 20% des cas). Les patients ressentent des picotements, des fourmillements, des brûlures, des démangeaisons voire une sensation de « décharge électrique ». Ces sensations induisent un besoin urgent et irrésistible de bouger les membres impliqués.

Les mécanismes sous-jacents sont encore mal connus, mais deux éléments semblent entrer en jeu : une carence en fer et/ou un manque en dopamine, neurotransmetteur impliqué dans les fonctions motrices, le circuit de la récompense et d’autres fonctions cognitives associées. Ces éléments peuvent être déclencheurs en cas de prédisposition génétique, de la survenue d’une maladie ou de la prise de certains médicaments.

Etant donné que les symptômes du SJSR se manifestent essentiellement au repos le soir ou la nuit, ils sont une cause majeure de troubles du sommeil avec des réveils fréquents, des insomnies et des incapacités à se rendormir. Les conséquences peuvent être très lourdes, en particulier sur la santé mentale des patients.

Le syndrome des jambes sans repos détériore la santé mentale des patients

Des études précédentes suggèrent que les personnes atteintes du SJSR ont un risque plus grand de présenter des troubles dépressifs ou d’avoir des idées suicidaires, notamment celles qui souffrent d’insomnie. Une étude, menée par des chercheurs montpelliérains en collaboration avec le Centre national de référence narcolepsie hypersomnie, a quantifié la fréquence de ces symptômes dépressifs et si le traitement du SJSR permettait de résoudre ces plaintes.

Pour réaliser ce travail, les auteurs ont inclus 549 patients atteints de SJSR non traité et 549 autres personnes, servant de groupe témoin, sans syndrome et appariées en âge, sexe et niveau d’études. Les deux groupes ont tout d’abord réalisé des évaluations standardisées incluant un questionnaire mesurant l’existence de troubles dépressifs ou de pensées suicidaires, une évaluation de la qualité de leur sommeil et un autre questionnaire évaluant la présence de troubles d’impulsivité. Les questionnaires ont été complétés par une consultation avec un neuropsychologue, afin de les valider.

Les résultats de l’étude montrent que :

  • 79% des personnes touchées par le SJSR souffraient également d’insomnie contre 8,3% dans le groupe témoin ;
  • La fréquence des troubles dépressifs est près de 10 fois plus grande chez les personnes atteintes de SJSR par rapport au groupe témoin ;
  • La fréquence d’idées suicidaires est 3 fois plus élevée chez les personnes présentant un SJSR ;
  • Dans le groupe souffrant de SJSR, l’étude établit que le risque de suicide est associé à la présence d’un trouble dépressif, d’un trouble de l’impulsivité et à la sévérité du syndrome.

Les patients ont suivi un traitement personnalisé de leur SJSR pendant 1 an. La réévaluation des troubles dépressifs et du sommeil après une année de traitement montre une nette amélioration de ces symptômes mais aucun effet sur la fréquence des pensées suicidaires.

Des facteurs favorisant les troubles dépressifs en cas de de syndrome des jambes sans repos

Cette étude a également permis d’identifier des facteurs favorisant le risque de suicide chez les personnes atteintes de SJSR. Les femmes, les jeunes, ceux souffrant d’insomnie et ceux ayant une tendance à l’impulsivité, au manque de persévérance ou de préméditation de leurs actions sont les plus vulnérables. Ces comportements mis en avant sont en lien avec l’action de la dopamine, neurotransmetteur impliqué dans les mécanismes responsables du SJSR.

Les résultats de ces travaux soulignent l’importance de détecter les symptômes dépressifs en pratique clinique courante et de surveiller leur évolution après la prise en charge du SJSR.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources
– Depressive Symptoms and Suicidal Thoughts in Restless Legs Syndrome. movementdisorders.onlinelibrary.wiley.com. Consulté le 18 février 2022.
– Le fardeau mental du syndrome des jambes sans repos. inserm.fr. Consulté le 18 février 2022.
– Syndrome des jambes sans repos : définition et causes. ameli.fr. Consulté le 18 février 2022.
  • zablot .claudine says:

    Bonjour,
    J’ai des problèmes lombaire et je souffre de brulures dans les jambes mon rhumatologue me conseille de voir un neurologue car pour mon rhumatologue il s’agirait de symptômes des jambes sans repos est se que sa se soigne bien.
    Cordialement
    Mme Zablot Claudine

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