Conduites suicidaires


Rédigé par Charline D., publié le 7 août 2014 et mis à jour le 7 février 2022

Personne qui pense à se suicider

Les conduites suicidaires comprennent plusieurs comportements. Elles incluent le suicide qui est un acte entraînant la mort. La tentative de suicide qui n’entraîne pas la mort et les idées suicidaires. Plusieurs facteurs peuvent favoriser ces comportements : une pathologie psychiatrique (dépression par exemple), des difficultés sociales ou économiques, des antécédents familiaux, une expérience traumatisante, etc. Plusieurs signes (mots ou comportements) peuvent annoncer un suicide imminent. La détection de ces derniers est essentielle pour dépister les conduites suicidaires. La prise en charge est psychiatrique et/ou médicamenteuse, elle repose sur la gestion des troubles ou difficultés sous-jacentes.

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Définition et symptômes du suicide

Qu’est-ce qu’une conduite suicidaire ?

Le terme « conduites suicidaires » comprend en réalité plusieurs comportements. Il inclut le suicide effectif, la tentative de suicide ou les idéations suicidaires, par exemple.

Le suicide (du latin sui caedere, se tuer soi-même) est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Dans le domaine médical, on parle aussi d’autolyse (du grec auto- : soi-même, et -lyse : destruction). Au niveau mondial, l’épidémiologie du suicide varie beaucoup selon les pays, et parfois même entre communautés différentes dans un même pays. Les tentatives de suicide sont beaucoup plus fréquentes, mais leur nombre est très difficile à évaluer.

Le nombre de décès par suicide a connu, en France, une augmentation importante au cours des 30 dernières années. Il est actuellement stable aux alentours de 11 000 par an. Le suicide représente 2% des décès toutes tranches d’âge confondues. C’est la première cause de mortalité chez les moins de 30 ans (20% des décès masculins, 15% des décès féminins).

Personne demandant de l'aide

Les tentatives de suicide, idéalisations et menaces suicidaires

La tentative de suicide est le passage à l’acte non fatal du suicidant. Il s’agit d’un acte auto-agressif destiné à mettre fin à sa vie mais auquel il survit. L’incidence annuelle (c’est-à-dire le nombre de cas chaque année) des tentatives de suicide est difficile à évaluer. En effet, dans de nombreux cas, le suicidant ou son entourage n’informe aucun professionnel de santé de la tentative. Les estimations varient et approchent les 160 000 tentatives chaque année, en France. Il s’agit ainsi chez la femme de la 1ère cause d’admission dans les services d’urgence des hôpitaux généraux, et de la 2ème chez l’homme.

Les idéations suicidaires sont les idées selon lesquelles le suicide pourrait constituer une solution à la situation ou bien à la douleur morale et à la détresse dans laquelle la personne se trouve et qu’elle juge insupportables. Elles se différencient des idées de mort en ce sens que le sujet se représente alors un acte volontaire et dirigé contre lui-même.

On parle de menace suicidaire lorsque la volonté de suicide est clairement exprimée oralement, par écrit, ou par tout autre moyen de communication.

L’équivalent suicidaire

Un équivalent suicidaire est une conduite ou un comportement où la prise de risque est importante même sans intention suicidaire exprimée. L’existence d’équivalents suicidaires n’empêche pas une réelle tentative de suicide, et fait même partie des facteurs favorisants.
Les équivalents suicidaires recouvrent différentes situations :

  1. certains refus de soins au cours de maladies graves,
  2. certains accidents ou prises de risques extrêmes, etc…

Les récidives suicidaires sont fréquentes, 43% de ceux qui ont fait une tentative de suicide en referont une autre, dont la moitié dans l’année qui suit le premier geste. Près de 4 tentatives sur 10 sont en fait des récidives.

Plusieurs facteurs de risque du suicide sont identifiés : dépression, affection psychiatrique, caractère impulsif, problème de santé ou handicap grave, antécédents de tentatives de suicide, alcoolisme ou toxicomanie, victime de harcèlement.

Par ailleurs, il est admis que les idées suicidaires sont plus fréquentes en cas d’antécédents familiaux de suicide, de conflits conjugaux, de perte ou abandon précoce d’un parent, de violence psychologique ou sexuel, de maladie psychiatrique d’un parent.

Quels sont les symptômes menant au suicide ?

Les personnes qui pensent au suicide laissent, en général, plusieurs indices à leur entourage. Ça peut être n’importe quoi : des mots, des comportements, des émotions, etc.

Plusieurs messages, plus ou moins directs, peuvent exprimer une intention de suicide : « je veux partir », « je n’en peux plus », « je ne vous dérangerai plus longtemps », « je vais me tuer », etc.

Par ailleurs, un individu qui a des idées suicidaires peut présenter divers troubles physiques ou psychiques : fatigue, insomnie, négligence de l’apparence physique, anxiété, tristesse, irritabilité, agressivité, rumination, troubles de la mémoire, etc. Des difficultés professionnelles (burnout, perte d’investissement, arrêts de travail, etc.) et relationnelles (isolement social, refus de contact physique par exemple) peuvent aussi être associées.

Enfin, certains comportements témoignent d’un passage à l’acte imminent :

  • Mise en ordre des affaires personnelles associé à un apaisement anormal ;
  • Rationalisation de la décision de se donner la mort, ou au contraire, grande émotivité ;
  • État de tétanie lié à une dépression ou à la douleur psychique ;
  • Expression du mal-être omniprésent ou totalement occulté ;
  • Recherche d’un moyen (médicaments, arme, etc.) pour le suicide ;
  • Expression du sentiment d’avoir tout tenter pour aller mieux ;
  • Isolement anormal.

A noter ! L’intention de se suicider se manifeste un peu différemment chez les adolescents. Pour les filles, la souffrance psychique se manifeste surtout par des douleurs corporelles ou des atteintes volontaires à leur intégrité physique (scarifications, anorexie). Les garçons ont plutôt tendance à s’exprimer par la violence ou la prise de risque inconsidérée (alcoolisation, consommation de drogues, etc.). Un changement brutal de comportement ne doit dans tous les cas pas être pris à la légère.

Diagnostic et traitement du suicide

Quel est le diagnostic ?

Les conduites suicidaires peuvent être identifiées grâce aux observations de l’entourage ou la parole de la personne concernée.

Une première évaluation psychiatrique peut être réalisé par un professionnel de santé (médecin, psychiatre, etc.) formé à la prise en charge d’un comportement suicidaire. Celle-ci a pour but d’identifier les éléments à l’origine de la volonté ou de la tentative de suicide afin de pouvoir par la suite mettre en place un comportement adapté.

Dans un second temps, un bilan complet de l’état de santé mental du patient peut être réalisé afin de diagnostiquer les éventuels troubles associés (dépression par exemple). La famille et les amis proches peuvent aussi parfois être convoqués par le médecin.

Quels sont les traitements ?

La prise en charge est essentiellement psychiatrique. Elle peut reposer sur une thérapie psychiatrique associée ou non à un traitement médicamenteux (anxiolytique, antidépresseurs, etc.).

Groupe de parole de tentative de suicide

Tous les troubles associés doivent être pris en charge afin de prévenir le passage à l’acte ou les récidives.

Outre les professionnels de santé, il existe également d’autres structures pouvant proposer un soutien aux personnes ayant des idées suicidaires :

  • SOS Amitié avec une permanence téléphonique 24h/24 et 7j/7 au 09 72 39 40 50 ;
  • Suicide Ecoute avec une permanence téléphonique 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00 ;
  • SOS Suicide Phénix disponible 7j/7 de 13h à 23h au 01 40 44 46 45 ;
  • Association La Porte ouverte qui propose des entretiens en face à face. Les séances de soutien sont anonymes et gratuites ;

Publié le 7 août 2014. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie le 7 février 2022.

Sources
– Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide. ameli.fr. Consulté le 7 février 2022.