Choc toxique menstruel : coupes et tampons « blanchis » par l’Anses

Feb 18, 2020 par

Les matériaux utilisés dans les protections périodiques internes ont souvent été incriminés dans le syndrome de choc toxique menstruel. D’après l’Anses, l’état actuel des connaissances scientifiques ne permet pourtant pas d’établir un lien direct entre les matériaux utilisés dans ces produits et cette affection dont la gravité nécessite une meilleure information auprès des femmes.

Pas de lien entre syndrome de choc toxique et protections intimes internes

En 2016, plusieurs cas de syndrome de choc toxique (SCT) menstruel avaient été médiatisés. Les conséquences dramatiques de cette affection pouvant être liée à une infection par Staphylococcus aureus avaient alors soulevé la question de la sécurité de la composition des protections périodiques internes.

À savoir ! Le syndrome du choc toxique désigne une affection provoquée par la libération de toxines par certaines souches de bactéries comme les staphylocoques dorés. Libérées dans l’organisme, ces toxines s’attaquent alors à différents organes comme le foie, les reins ou les poumons, ce qui provoque une faiblesse extrême chez la patiente. Le syndrome du choc toxique est souvent lié aux règles puisque certains produits menstruels internes comme le tampon ou la coupe menstruelle font stagner le sang dans le vagin, favorisant ainsi la multiplication des bactéries productrices de toxines dangereuses pour l’organisme.

Saisie de l’affaire en 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait mis en place une évaluation sur les risques sanitaires associés aux produits de protection féminine. Des essais complémentaires ont été menés sur les produits de protection périodique interne comme les coupes menstruelles et les tampons afin de mieux caractériser les matériaux et estimer les risques de colonisation des différentes protections intimes par le staphylocoque doré.

Suite à une expertise approfondie, l’Anses rend aujourd’hui publics les résultats de cette évaluation et conclut que « le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections ». Si les analyses ont révélé la présence de substances chimiques dans les tampons et les coupes menstruelles, les seuils sanitaires ne sont pas dépassés. Il n’est donc pas possible d’établir un lien direct entre les propriétés physico-chimiques des matériaux de ces protections intimes internes et un risque d’augmentation du SCT.

Les recommandations de l’Anses

L’Anses insiste néanmoins sur la gravité du syndrome du choc toxique et émet diverses recommandations aux fabricants de produits de protection intime :

  • Améliorer la qualité de ces produits en éliminant ou en réduisant au maximum la présence de substances aux effets cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, perturbateurs endocriniens ou sensibilisants cutanés.
  • Renforcer l’information auprès des femmes et des professionnels de santé à travers l’amélioration de la communication sur les notices et emballages de ces produits de protection intime interne.

L’Anses souligne enfin que le risque de développer un syndrome du choc toxique est lié aux conditions d’utilisation de toute forme de protection périodique interne. Elle rappelle donc les règles de base aux femmes utilisatrices de ces produits :

  • Lavage des mains impératif
  • Choisir une protection adaptée au flux
  • Respecter la durée indiquée pour le port des tampons et des coupes menstruelles
  • Utiliser ces types de protection uniquement pendant la période des règles

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Coupes menstruelles et tampons : l’Anses publie les résultats de son évaluation complémentaire. ANSES. Consulté le 5 février 2020.
– Syndrome de choc toxique menstruel : la composition des cups et tampons n’est pas en cause, selon l’Anses. EGORA. Consulté le 5 février 2020.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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