Un vaccin contre le cancer à l’étude

28 juin 2021 par

Un vaccin contre le cancer paraissait irréalisable. Et pourtant ! Nous avons découvert récemment les vaccins à ARN messager (ARNm) avec l’épidémie de la Covid-19. Cette technique de production vaccinale novatrice a de fait suscité de la méfiance chez beaucoup d’entre nous. Pourtant, elle ouvre la voie à de nouveaux vaccins qui pourraient révolutionner le monde médical et notamment la lutte contre le cancer.

Un vaccin contre le cancer

Un nouveau vaccin contre le cancer

La société BioNTech, qui a développé le premier vaccin à ARNm contre la Covid-19, vient d’annoncer l’entrée en phase II d’un essai clinique portant sur la mise au point d’un nouveau vaccin contre le cancer. Il s’agirait d’apporter une solution pour le traitement des mélanomes avancés, tumeurs cancéreuses de la peau. L’objectif de la phase II des essais cliniques est d’évaluer l’efficacité, la tolérance et l’innocuité du vaccin contre le cancer, baptisé BNT111. Les tests sont réalisés avec des patients atteints d’un mélanome à un stade avancé. Pour ces patients dont la maladie est incurable et sur qui les traitements classiques ont échoué, l’arrivée d’un tel vaccin est plus qu’attendue.

Le vaccin BNT111 se base sur le même principe que le vaccin anti-covid à ARNm, mais l’objectif est ici de faire produire par les cellules une combinaison d’antigènes généralement associés aux mélanomes afin d’induire une réponse immunitaire forte contre le cancer. Les mélanomes des patients peuvent exprimer des antigènes tumoraux différents. Dans un premier temps, BioNTech en a ciblé quatre, présents chez plus de 90% des mélanomes, mais l’avantage de ce type de vaccin contre le cancer est qu’il est totalement personnalisable ! On peut donc envisager dans les prochaines années la production de vaccins sur mesure afin de cibler au mieux les cellules cancéreuses chez un individu en particulier. Une révolution dans le domaine de la lutte contre le cancer est peut-être à attendre !

Comment fonctionne un vaccin à ARNm ?

L’acide ribonucléique messager (ARNm) fait partie intégrante de notre organisme. Essentielle à notre existence, cette molécule est chargée de transmettre certaines informations codées dans nos gènes, afin de déclencher la synthèse des protéines nécessaires au bon fonctionnement de nos cellules. En effet, le code génétique essentiel à la synthèse des protéines est contenu dans le noyau de chacune de nos cellules. Mais les centres de productions (les ribosomes) sont quant à eux localisés à l’extérieur de ce noyau. D’où la nécessité d’un « messager », permettant la transmission de l’information contenue dans notre génome aux unités productrices. Les ARNm sont donc des copies éphémères du plan de fabrication des protéines dont nos cellules ont besoin. Une fois le message transmis, l’ARNm est rapidement détruit.

Les vaccins à ARNm utilisent habillement ce mécanisme à l’œuvre quotidiennement dans notre corps. Cette technique est totalement différente de la vaccination « classique » qui repose sur l’injection d’un virus atténué ou inactivé ou de certaines de ses protéines, dans le but de déclencher une réponse immunitaire dirigée spécifiquement contre l’agent pathogène. Notre corps gardera ainsi la mémoire de cet agent infectieux et saura s’en défendre rapidement en cas de nouvelle infection. Dans le cas des vaccins à ARN messager, aucune protéine d’origine virale n’est injectée, uniquement leur plan de fabrication, via un ARNm. Une fois dans notre organisme, l’ARNm injecté va pénétrer nos cellules et transmettre son message, qui est de synthétiser la protéine virale. Suite à la vaccination, notre corps se met donc à synthétiser lui-même des protéines spécifiques à un agent pathogène, qui seront reconnues et entraîneront une réponse immunitaire de la même façon que pour un vaccin classique.

Les avantages d’un vaccin ARNm

L’ARNm contenu dans le vaccin ne va pas transiter par le noyau de nos cellules, il va directement se fixer aux ribosomes, les unités de production. Il n’y a donc aucun risque d’interaction avec notre génome, qui ne sera en aucun cas modifié ou altéré. Cette technique présente un avantage certain : les vaccins à ARNm sont bien plus faciles et rapides à produire que les vaccins classiques car ils ne nécessitent pas la manipulation de virus vivants (atténués) ou inactivés. Ils ne contiennent en outre pas d’adjuvants, à l’inverse des vaccins classiques, dont l’utilisation est souvent récriée à cause de la présence d’aluminium par exemple. Bien qu’on ait encore peu de recul, les vaccins à ARNm semblent avoir une très bonne efficacité. Cependant, la fragilité de l’ARNm nécessite de conserver les doses de vaccins à une température très basse.

Avec tous ces bons points, la porte est donc ouverte pour la recherche de nouveaux vaccins à ARNm, en particulier pour le traitement de cancers.

Morgane Gillard, rédactrice scientifique

Sources
– https://www.inserm.fr/information-en-sante/c-est-quoi/secret-fabrication-c-est-quoi-arn-messager. inserm.fr. Consulté le 28 juin 2021.
– COVID19 et cancers : recherches croisées sur les vaccins à ARN. fondation-arc.org. Consulté le 28 juin 2021.
Morgane G.
Rédactrice scientifique
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