Vaccin anti-HPV : efficace dans la prévention du cancer du col de l’utérus

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Rédigé par Deborah L. et publié le 16 octobre 2020

Le vaccin anti-HPV est reconnu pour aider à prévenir l’infection persistante aux papillomavirus humains ainsi que la survenue de lésions précancéreuses du col de l’utérus. Une étude menée par The New England Journal of Medecine vient de mettre en évidence pour la première fois la capacité du vaccin anti-HPV à réduire le risque de survenue d’un cancer du col de l’utérus.

médecin qui tient une seringue d'un vaccin pour HPV

La vaccination anti-HPV aujourd’hui en France

Très fréquentes, les infections à HPV (Human Papilloma Virus) apparaissent souvent au démarrage de la vie sexuelle. En général, elles ne provoquent quasiment aucun symptôme et guérissent en un à deux ans de façon spontanée. Mais dans certains cas (moins de 10 %), elles peuvent prendre une forme persistante et être liées à une augmentation du risque de certains cancers comme le cancer du col de l’utérus.

Bien  qu’il ne protège pas à 100%, le vaccin anti-HPV est reconnu pour aider à prévenir l’infection persistante à HPV et la survenue de lésions précancéreuses du col de l’utérus. Il a d’ailleurs démontré son efficacité en Australie, en Angleterre et en Suède où il  a contribué à faire baisser de façon importante le nombre de lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les jeunes filles.

Dans ce contexte, une étude récemment menée par The New England Journal of Medecine vient de mettre en évidence pour la première fois la capacité du vaccin anti-HPV à protéger de la survenue d’un cancer du col de l’utérus.

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Une réduction significative du risque de cancer du col de l’utérus avec le vaccin anti-HPV

Pour mener à bien leurs recherches, les auteurs de cette grande étude ont analysé les  données des registres nationaux sanitaires suédois. Ils ont ainsi pu étudier le devenir de plus d’un million six cent mille femmes âgées de 10 à 30 ans entre 2006 et 2017 : “Parce qu’il faut un délai de 10, 15 voire 20 ans d’infection HPV persistante pour qu’une femme développe un cancer du col de l’utérus, nous ne disposions pas encore d’un recul suffisant pour pouvoir correctement évaluer ce paramètre. Avec l’introduction des premières politiques de vaccination en 2006-2007, nous disposons maintenant de preuves solides”, précisent les experts.

Après étude des données, les chercheurs sont parvenus à démontrer que le vaccin anti-HPV était associé à une réduction significative du risque de cancer du col de l’utérus chez les femmes âgées de 10 à 30 ans. Ils ont en effet observé une diminution de près de moitié du risque de cancer du col de l’utérus parmi les femmes vaccinées. Et fait remarquable, le vaccin s’est révélé d’autant plus efficace que les femmes étaient vaccinées jeunes. C’est ainsi que chez les femmes ayant été vaccinées avant 17 ans, la réduction du risque de cancer du col de l’utérus a atteint 90 % !

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Un vaccin indispensable

Les conclusions de cette nouvelle étude confirment le caractère indispensable de la vaccination anti-HPV : “Cette étude apporte le dernier argument formel en faveur de la vaccination anti-HPV. Nous devons tout mettre en œuvre pour faire bénéficier les jeunes générations de ce vaccin”, concluent les professionnels de santé, soutenus par le Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV).

La vaccination contre les HPV est actuellement recommandée pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans (avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans) et les hommes homosexuels âgés de moins de 26 ans. Afin d’assurer au mieux une couverture vaccinale et couper la chaîne de contamination, ce vaccin doit être également proposé aux garçons, comme l’ont précisé les dernières recommandations.

La vaccination contre les HPV  s’associe au dépistage du cancer du col de l’utérus et constitue à ce jour la meilleure stratégie de lutte contre ce cancer féminin qui provoque en France environ 1000 décès par an.

À savoir ! La vaccination contre les HPV ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-utérin qui reste primordial à partir de 25 ans, que l’on soit vaccinée ou non. Seul le frottis permet de détecter la présence d’une anomalie au niveau du col de l’utérus après une infection par les virus HPV et de la prendre en charge rapidement.

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Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources

– HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer. The new england journal of medicine. Consulté le 1er octobre 2020.
– Informations sur les vaccins. Société Française de Colposcopie et Pathologie Cervico-Vaginale. Consulté le 15 octobre 2020.

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