Arythmie cardiaque et risque de démence

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Rédigé par Julie P. et publié le 27 septembre 2017

Quand le fonctionnement du cœur va mal, notre cerveau peut aussi être mis à rude épreuve. Afin de montrer ce lien, des chercheurs ont analysé des données médicales de volontaires britanniques suivis pendant 30 ans. Retour sur une étude porteuse d’espoir pour prévenir le déclin cognitif et la démence.

arythmie et démence

La fibrillation auriculaire : qu’est-ce que c’est ?

Lorsqu’une personne souffre de fibrillation auriculaire, la forme d’arythmie cardiaque la plus courante, ses oreillettes cardiaques ont perdu la capacité de se contracter de manière synchronisée. Des palpitations, des sensations d’angoisse, d’oppression, de fatigue et d’essoufflement sont les principaux symptômes rencontrés.

Son traitement précoce est d’ailleurs rendu très difficile par le fait que dans 15 à 35% des cas, le patient ne présente pas de symptômes pendant plusieurs années.

Le ventricule cardiaque compense momentanément ce déficit contractile mais, sur le long terme c’est une insuffisance cardiaque qui se met progressivement en place.

La fibrillation auriculaire est donc qualifiée comme étant une maladie progressive, touchant 10 à 20% des personnes de plus de 80 ans en France et entraînant des attaques cérébrales et des insuffisances cardiaques.

Les causes de sa survenue sont multiples, dont :

  • La présence d’une maladie cardiaque préexistante ;
  • L’hypertension artérielle ;
  • L’alcoolisme ;
  • Une maladie thyroïdienne.

La principale conséquence de la fibrillation auriculaire est la multiplication par cinq du risque d’attaque cérébrale.

En effet, en favorisant la formation de caillots, la fibrillation auriculaire favorise l’accident vasculaire cérébral (AVC) graves avec un taux de récidive supérieur aux autres causes provoquant des attaques cérébrales.

Cependant, avant la survenue d’un AVC, dans quelles mesures cette arythmie cardiaque entraîne-t-elle un dysfonctionnement cognitif ?

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Une étude porteuse d’espoir pour prévenir le déclin cognitif

Pour mener à bien cette étude, une équipe de chercheurs franco-britannique de l’hôpital Paul Brousse de Villejuif et de l’université College London ont utilisé les données médicales de 7 428 participants, dont 414 souffraient de fibrillation auriculaire.

A savoir ! L’ensemble de ces données est issu d’une étude épidémiologique, nommée WhiteHall II, qui comprend 10 308 fonctionnaires britanniques de la région de Londres suivis entre 1985 et 2013.  Les participants, dont 67% sont des hommes âgés de 45 à 70 ans sont suivis par des examens cliniques (électrocardiogramme, tension artérielle, dosage sanguin, tests psychomoteurs etc.) programmés tous les 4 ans.  Ce suivi a pour but d’étudier les déterminants du vieillissement. 

En 1997, date des premiers tests cognitifs, les 7 428 patients étaient âgés de 45 à 69 ans.

Jusqu’en 2013, ces volontaires ont réalisé à 4 reprises des tests cognitifs permettant d’évaluer :

  • La mémoire ;
  • Le raisonnement spatial ;
  • La fluidité de leur expression verbale.

Après l’analyse des données, quelles sont les observations les plus intéressantes ?

Comparativement aux participants n’ayant pas d’arythmie cardiaque, ceux souffrant de fibrillation auriculaire depuis 5, 10 ou 15 ans, présentent un déclin cognitif plus rapide.

La même association est retrouvée pour le risque de survenue d’une démence. Indépendamment de l’âge, les personnes souffrant de fibrillation auriculaire, ont un risque de démence multiplié par deux.

Autres résultats intéressants : plus le temps vécu avec l’arythmie cardiaque est long, plus le risque d’accélérer le déclin cognitif ou de développer une démence est important.

Pour les chercheurs, c’est le faible approvisionnement en oxygène des cellules cérébrales sur une longue période qui explique ce lien de cause à effet.

« Savoir que la fibrillation auriculaire est un facteur de risque de démence montre l’importance de son traitement pour la prévention du déclin cognitif et de la démence », souligne, dans un communiqué de presse de l’INSERM, Archana Singh-Manoux, auteur de l’étude et chercheuse à l’université Paris-Saclay.

Prochaine étape ? Montrer le lien éventuel entre la fibrillation auriculaire et l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Lire aussi – Agir pour prévenir la démence

Julie, P

Sources
– Atrial fibrillation as a risk factor for cognitive decline and dementia. academic.oup.com.
– La fibrillation auriculaire. swissheart.ch.
  • Vos articles sont très intéressants. J’hésite pour me faire implanter un stimulateur cardiaque. Pourriez-vous me faire parvenir par mail d’autres articles et aussi des témoignages de patients ayant été implantés. Et également l’adresse d’une association.
    Je vous en remercie sincèrement. Je souffre de fibrillation atriale.

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  • Votre article est très intéressant, merci…mon papa souffre d’´arythmie cardiaque depuis des années, de nombreux vertiges et évanouissements, de la maladie d’Alzeihmer, J’essaie de comprendre…

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  • edmond keldenich says:

    Tout ça me fait peur… J’ai 72 ans, je fais de l’arythmie depuis 15 ans (au moins). Je ne remarque pas toujours quand je suis en arythmie, simplement une fatigue et lourdeurs à me déplacer. Je suis en traitement depuis 15 ans, sous médicaments béta bloquant et anticoagulant.
    Je fais des arythmies environ tous les trois mois, (qui durent parfois une demi-journée, mais parfois quatre voir cinq jours).
    Quand surviennent t’elles et pourquoi ? Pas de raison précise ?
    Je ne fume pas, ne boit pas d’alcool, je marche tous les jours une à deux heures, je ne peux plus faire d’efforts sans provoquer une crise le lendemain.
    Je ne suis pas pour l’opération, qu’on m’a proposée, à savoir bruler les nerfs du cœur. (Mon frère l’a fait sans beaucoup de résultats). Est-ce génétique ?

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Nous ne pouvons pas vous donner un diagnostic médical, mais nous vous conseillons d’en discuter avec plusieurs cardiologues pour avoir plusieurs avis par rapport à votre opération.
      Cependant, les arythmies cardiaques ont bien une composante génétique.
      Nous vous souhaitons une bonne journée,
      L’équipe Santé sur le Net

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