Des baumes à lèvres pas si protecteurs que ça …

Jan 16, 2018 par

L’hiver, nos lèvres sont directement exposées au froid et au vent. L’idée de les protéger par un baume à lèvres naît instinctivement chez une majorité de personnes. Mais ce geste devenu presque un réflexe est-il totalement dénué de risques ? Pas vraiment si l’on se réfère à l’article du  magazine UFC Que Choisir, qui suggère que la moitié des baumes à lèvres testés s’avèrent toxiques.

baume à lèvres toxiques

Un produit cosmétique pas comme les autres

Les baumes à lèvres représentent une catégorie particulière de cosmétiques, puisqu’ils sont utilisés par toutes les catégories de population, même les plus fragiles : les hommes, les femmes (enceintes ou non), les enfants. L’hiver est la saison où une très grande majorité de personnes adopte le stick labial pour protéger ses lèvres des agressions extérieures. L’utilisation d’un stick à lèvres est même recommandée par de nombreux dermatologues. Mais ces produits sont-ils sans risques pour la santé ?

Pour répondre à cette question, le magazine UFC Que Choisir a testé 21 références de baumes à lèvres, des plus grandes marques cosmétiques jusqu’aux produits vendus en grande distribution.

Les résultats de cette enquête révèlent que 10 références sur les 21 testées montrent la présence de deux résidus nocifs, issus d’ingrédients utilisés dans la formulation de ces baumes à lèvres :

  • Les MOAH, hydrocarbures d’huiles minérales aromatiques, qui sont reconnus comme agents cancérogènes ;
  • Les MOSH, hydrocarbures d’huiles minérales saturés, qui peuvent s’accumuler dans le foie et les ganglions lymphatiques, provoquant des réactions inflammatoires dont les conséquences sur la santé restent mal connues à ce jour.

Une toxicité par ingestion

Dès 2004, l’organisme qui supervise les industriels de la cosmétique demandait que les MOAH soient totalement éliminés des produits et que les MOSH ne soient présents qu’en faible quantité (moins de 5 %). Cette enquête montre que près de la moitié des sticks à lèvres testés contiennent ces deux types de résidus à la fois, parfois à des taux très importants, jusqu’à 41 %.

Sur les 10 baumes à lèvres épinglés par UFC Que Choisir, se retrouvent des produits de grande marque, des produits commercialisés dans la grande distribution, mais aussi des produits vendus uniquement en pharmacie ou étiquetés comme des produits naturels.

La présence de résidus nocifs pour la santé est d’autant plus dangereuse que les baumes à lèvres sont susceptibles d’être en partie ingérés, notamment par les enfants qui passent leur langue sur leurs lèvres fréquemment. En effet, les huiles minérales et les hydrocarbures de synthèse sont interdits depuis plusieurs années, en tant qu’ingrédients dans l’industrie alimentaire, en raison de leur dangerosité.

Pourtant des alternatives existent pour les industriels de la cosmétique. La cire d’abeille ou certaines huiles végétales (cires de feuilles d’arbre, huile de ricin ou de jojoba, beurre de karité, …) peuvent aisément remplacer les huiles minérales et les hydrocarbures de synthèse. Leur utilisation systématique pourrait garantir des baumes à lèvres sûrs pour toute la famille.

Un baume à lèvres en forme de crayon !

En parallèle, le spécialiste du coloriage a récemment commercialisé un baume à lèvres, dont la forme rappelle trait pour trait un crayon de coloriage. Pourtant ce produit n’est pas destiné à colorier ou à dessiner, mais bien à protéger les lèvres des jeunes enfants.

Formulé pour les enfants dès l’âge de 3 ans, ce produit dévoile une liste inquiétante d’ingrédients. En effet, il contient notamment :

  • Une huile minérale ;
  • Trois hydrocarbures de synthèse ;
  • Six allergènes.

Cette formulation peu rassurante est pourtant sensée protéger les lèvres fragiles des enfants.

Le choix d’un baume à lèvres, geste en apparence routinier et totalement anodin, mérite sans doute qu’on s’y attarde un peu plus …

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Baumes à lèvres : la moitié sont toxiques. UFC Que Choisir n° 562. Octobre 2017.
– Baume à lèvres : la drôle d’idée de Crayola. 1er décembre 2017.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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