De belles amitiés pendant l’enfance pour une meilleure santé à l’âge adulte !

Apr 10, 2018 par

On sait déjà que les relations sociales épanouies à l’âge adulte favorisent le recul de certaines pathologies cardiaques comme l’hypertension artérielle. Qu’en est-il du côté des enfants et des adolescents ? En suivant le parcours relationnel de 267 petits garçons jusqu’à leur âge adulte, deux chercheuses américaines ont montré que ceux qui cultivaient des amitiés fortes entre 6 et 16 ans avaient plus de chance d’être en bonne santé à 30 ans. Focus sur ces travaux montrant que les liens sociaux développés précocement sont synonymes d’épanouissement personnel mais aussi, de bénéfices pour la santé physique à l’âge adulte !

Liens sociaux et santé

Une étude sur plus de vingt ans

Avant d’arriver à la conclusion que les liens sociaux mis en place pendant l’enfance et l’adolescence auraient un rôle protecteur sur la santé à l’âge adulte, les deux chercheuses en psychologie, Jenny Cundiff de l’université du Texas et Karen Matthews de l’université de Pittsburgh, ont étudié les données de 267 garçons couvrant une période de 26 ans.

Ces données ont été, à l’époque, collectées dans le cadre d’une étude de santé publique menée dans les écoles, collèges et lycées de Pittsburgh, une ville des Etats-Unis située en Pennsylvanie.

Lorsque ces enfants avaient entre 6 et 16 ans, leurs parents ont consigné, chaque semaine, le temps qu’ils passaient en compagnie de leurs amis.

Ensuite, ce n’est que seize ans plus tard, quand ils avaient donc 32 ans, que les chercheurs ont examiné leur état de santé général.

L’étude comprenait également des données sur diverses caractéristiques individuelles comme le caractère de l’enfant (extraversion, introversion, hostilité ou pas envers les parents ou aînés etc..), son état de santé physique pendant l’enfance et l’âge adulte. Aussi, les facteurs familiaux et environnementaux (statut socio-économique dans l’enfance, intégration sociale à l’âge adulte) ont été pris en compte.

Une jeunesse épanouie socialement pour renforcer sa santé à l’âge adulte

Les résultats après l’analyse de l’ensemble de ces données montrent que les garçons qui ont développé dans le temps des amitiés avec leurs camarades pendant l’enfance et l’adolescence présentaient, à l’âge adulte, une tension artérielle et un indice de masse corporelle (IMC) inférieurs à ceux ayant développé peu d’interactions sociales avec leurs pairs avant l’âge de 16 ans.

Par ailleurs, l’analyse statistique des résultats montre que ces bénéfices sur la santé sont indépendants d’autres facteurs comme la personnalité, la santé physique et mentale et enfin, le statut social de la famille.

Selon Jenny Cundiff qui a répondu à nos questions « Nous avons spécifiquement mesuré le temps passé avec des amis, et il y a un certain nombre de choses qui peuvent expliquer ce lien entre amitié et santé. Par exemple, les garçons qui passent plus de temps avec leurs amis peuvent aussi bouger plus physiquement, ressentir plus d’émotions positives et moins d’émotions négatives comme l’ennui. Aucune de ces voies n’a été examinée dans nos données mais, ce sont quelques explications possibles ».

La question primordiale que soulève les résultats de ces travaux est de savoir si l’augmentation de l’intégration sociale chez les enfants et adolescents pourrait avoir un effet protecteur sur leur santé cardiovasculaire.

« Je prévois de continuer à considérer les relations de l’enfance et l’adolescence comme un précurseur du risque cardiovasculaire à l’âge adulte. Nous allons continuer d’évaluer les facteurs de risque et de protection précoces dans l’espoir de développer des interventions visant à augmenter le nombre d’années de vie en bonne santé » nous précise Jenny Cundiff.

Une raison de plus pour encourager les enfants à tisser très tôt des liens d’amitiés !

Julie P., Journaliste scientifique

– Childhood friendships may have some health benefits in adulthood. Science Daily. Consulté le 5 avril 2018.
– Childhood friendships crucial in learning to value others. Science Daily. Consulté le 5 avril 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
Spécialiste de l'information médicale.
Passionnée par l'actualité scientifique et les nouvelles technologies.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.