Beurre ou huile d’olive : quel effet sur la mortalité ?

May 8, 2018 par

Chez les adeptes d’une alimentation saine, le beurre fait souvent office de mauvais élève, tandis que l’huile d’olive est l’un des corps gras à privilégier. Pourtant les deux constituent une source d’acides gras mono-insaturés potentiellement bénéfiques sur la santé cardiovasculaire. Mais ces graisses alimentaires sont-elles équivalentes quelle que soit leur origine ? Pas vraiment à en croire une récente étude américaine.

beurre huile d'olive

Acides gras mono- et polyinsaturés

Un certain nombre de graisses alimentaires (lipides) sont composées d’acides gras, parmi lesquels on distingue plusieurs catégories, selon leur structure chimique :

  • Les acides gras saturés ;
  • Les acides gras mono-insaturés ;
  • Les acides gras polyinsaturés divisés eux-mêmes en deux familles :
    • Les acides gras oméga-3 ;
    • Les acides gras oméga-6.

Les acides gras polyinsaturés sont essentiels au développement et au bon fonctionnement de l’organisme. Une carence en acides gras oméga-3 et/ou oméga-6 entraîne différents problèmes de santé, notamment :

  • Des troubles de la croissance et du développement ;
  • Des troubles de la fertilité ;
  • Des troubles rénaux ;
  • Des troubles cutanés.

Les acides gras polyinsaturés sont présents dans certaines huiles végétales (colza, olive, …), mais aussi dans les viandes (lapin, cheval) et les poissons.

A l’inverse des acides gras polyinsaturés, les acides gras mono-insaturés ne sont pas essentiels, car l’organisme est capable de les synthétiser. Leurs effets sur la santé sont moins bien connus. Ils pourraient notamment faire baisser le taux sanguin de mauvais cholestérol (LDL-cholestérol). Le plus connu d’entre eux, l’acide oléique, est présent en grande quantité dans une huile d’olive.

Beurre contre huile d’olive

Les acides gras mono-insaturés sont présents à la fois dans les graisses animales et végétales. Pour mieux comprendre leurs effets  sur le risque cardiovasculaire et sur le risque de mortalité, une vaste étude a été menée sur plus de 20 ans. Les résultats de cette étude ont été présentés lors du dernier Congrès de l’American Heart Association à la Nouvelle Orléans.

Cette étude a porté sur 63 412 femmes et 29 966 hommes, suivis entre 1990 et 2012. Des questionnaires collectés tous les 4 ans ont permis d’évaluer leur consommation en acides gras mono-insaturés, en distinguant ceux d’origine animale de ceux d’origine végétale.

Les principales sources d’acides gras mono-insaturés végétaux étaient les suivantes :

  • Huile d’olive et les vinaigrettes à base d’huile d’olive ;
  • Cacahuètes et leurs dérivés ;
  • Autres fruits à coques.

Pour les acides gras mono-insaturés d’origine animale, les principales sources étaient :

  • La viande de bœuf et les sauces à base de viande de bœuf ;
  • Le cheddar ;
  • Le beurre ;
  • La viande de porc.

Au cours de cette étude, 20 672 décès sont survenus, dont 4 599 d’origine cardiovasculaire.

Un nouveau point pour le régime méditerranéen

Les résultats de cette étude ont mis en évidence que tous les acides gras mono-insaturés n’ont pas la même valeur. Une alimentation riche en acides gras mono-insaturés d’origine végétale était associée à une réduction du risque de mortalité de 16 % (toutes causes confondues), tandis que les acides gras mono-insaturés d’origine animale étaient reliés à une augmentation du risque de mortalité de 21 %.

A apport calorique équivalent, le risque de mortalité diminuait de 15 %, uniquement en remplaçant les acides gras animaux par des acides gras végétaux. Des chiffres comparables ont été obtenus pour la mortalité d’origine cardiovasculaire.

Jusque-là, les études menées sur les effets des acides gras mono-insaturés aboutissaient à des données peu concluantes et parfois contradictoires. Cette étude fait la différence, car elle est la première à distinguer l’origine végétale ou animale de ces acides gras.

D’après cette étude, tous les acides gras mono-insaturés ne se valent pas. Ceux d’origine végétale auraient un réel effet bénéfique sur la santé et notamment sur la santé cardiovasculaire. Un tel résultat va dans le sens des recommandations nutritionnelles en vigueur en France, qui prônent de privilégier des graisses alimentaires d’origine végétale, en diversifiant les huiles végétales utilisées et les fruits à coques consommés. Un nouvel argument en faveur du régime méditerranéen.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– DOSSIER : LES ACIDES GRAS INSATURÉS. Institut Danone. Consulté le 30 avril 2018.
– Beurre ou huile d’olive, un impact opposé sur la mortalité. Medscape. 17 avril 2018.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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