BPCO sévère : intérêt de la VNI à domicile à long terme !

Actualités Pneumologie

Rédigé par Estelle B. et publié le 6 juin 2017

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est responsable chaque année en France de 100 000 hospitalisations et occasionne près de 17 500 décès. Parmi les traitements utilisés, les techniques d’assistance respiratoire occupent une place importante. Une récente étude confirme l’intérêt de la ventilation non invasive sur le long terme chez les patients atteints de BPCO sévère.

Atteinte BPCO

Respiration et ventilation assistée

En temps normal, le phénomène naturel de la respiration assure le renouvellement de l’oxygène au cours de l’inspiration et l’évacuation du gaz carbonique au cours de l’expiration. Lorsqu’un patient présente des difficultés respiratoires, cette capacité de ventilation est plus ou moins altérée et une ventilation artificielle peut être nécessaire.

La ventilation artificielle assiste partiellement ou totalement le travail respiratoire du patient et améliore les échanges gazeux entre les poumons et le milieu extérieur. Cette technique d’assistance respiratoire remplit deux objectifs :

  1. Améliorer les taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang (les gaz du sang) ;
  2. Diminuer l’effort des muscles respiratoires.

Deux types de ventilation artificielle peuvent être prescrits en fonction de l’état de santé du patient :

  1. La ventilation non invasive, souvent notée VNI, assurée par un ventilateur (ou respirateur), un circuit de circulation des gaz et une interface entre le système et le patient (masque nasal, embout buccal et/ou nasal) ;
  2. La ventilation invasive nécessite l’utilisation d’une canule trachéale, mise en place au cours d’une trachéotomie (ouverture chirurgicale de la trachée).

La ventilation non invasive peut être indiquée dans de nombreux contextes, où le taux de gaz carbonique dans le sang est trop élevé, indiquant une ventilation naturelle insuffisante :

  1. Toutes les causes d’insuffisance respiratoire ;
  2. La BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive), notamment les exacerbations aigües ;
  3. L’asthme ;
  4. La mucoviscidose, dans l’attente d’une greffe pulmonaire ;
  5. L’œdème aigu du poumon (affection pulmonaire liée à l’accumulation de liquide dans les poumons) ;
  6. Une pneumonie sévère ;
  7. En cas de traumatisme grave de la cage thoracique ou d’acte chirurgical dans cette zone ;
  8. En phase terminale de pathologies graves.

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Ventilation non invasive et BPCO

Dans la BPCO, la ventilation non invasive (VNI) est utilisée généralement dans deux contextes cliniques :

  1. Une exacerbation aigüe de la maladie ;
  2. Les stades sévères, lorsque la maladie entraîne une insuffisance respiratoire importante.

La VNI peut être pratiquée, soit en milieu hospitalier, soit à domicile.

À savoir ! Cinq stades de BPCO sont définis en fonction du degré d’obstruction bronchique, par la classification GOLD reconnue au niveau international :

  1. Stade 0 : Risque d’obstruction bronchique ;
  2. Stade I : Obstruction bronchique légère ;
  3. Stade II : Obstruction bronchique modérée ;
  4. Stade III : Obstruction bronchique sévère ;
  5. Stade IV : Obstruction bronchique très sévère.

De récentes études ont montré que la VNI à domicile, prescrite aux patients atteints de BPCO et ayant un taux sanguin anormalement élevé de gaz carbonique, pouvait réduire le nombre d’hospitalisations et la mortalité. Les patients ayant bénéficié de la VNI ont également noté une nette amélioration de leur qualité de vie.

Une étude menée en 2014 sur 195 patients atteints de BPCO de stade IV a montré que les patients traités par VNI à domicile ont une mortalité réduite par rapport aux patients suivant un traitement standard (11,8 % contre 33,3 % de mortalité respectivement).

Une autre étude a mis en évidence que les patients traités par ventilation non invasive à domicile après une hospitalisation pour exacerbation ont un meilleur taux de survie et un moindre risque d’être à nouveau hospitalisé (40 % de ré-hospitalisations contre 75 % dans le groupe non traité).

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Un intérêt sur le long terme

Malgré ces études, les spécialistes restaient partagés sur l’intérêt de la ventilation non invasive à long terme dans la BPCO, alors que son utilisation ponctuelle fait l’unanimité. Une étude parue en mai 2017 vient cependant confirmer l’intérêt de cette thérapie.

Les chercheurs ont analysé les dossiers de 116 patients atteints d’une BPCO sévère, avec un taux sanguin de gaz carbonique trop élevé. L’utilisation de la VNI à domicile sur ces patients permet de diminuer de 17 % le taux de ré-hospitalisation et la mortalité au cours des 12 mois suivant la mise en place de la VNI. En revanche, une amélioration de la qualité de vie n’est observée qu’après 3 mois de VNI.

Si plusieurs études mettent en évidence l’intérêt de la VNI à domicile sur le long terme chez les patients atteints de BPCO sévère, les mécanismes précis restent à élucider. Les auteurs évoquent plusieurs hypothèses :

  1. Une amélioration de la qualité du sommeil ;
  2. Une diminution de la fréquence des exacerbations ;
  3. De meilleures perceptions respiratoires du patient.

Des recherches complémentaires sont par ailleurs nécessaires pour évaluer quels équipements médicaux sont les plus efficaces.

A la lumière de ces études, la ventilation non invasive à domicile apparaît comme un élément important dans la prise en charge des patients atteints de BPCO. Elle pourrait être particulièrement intéressante pour certains profils de patients, présentant :

  1. Des taux très élevés de gaz carbonique dans le sang ;
  2. Des troubles du sommeil (apnée du sommeil) associés à la BPCO ;
  3. Une motivation et une compréhension de l’intérêt de cette thérapie.

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Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Ventilation non invasive. RESPIR. Mis à jour le 28 novembre 2012.
– VNI dans le traitement de la BPCO. RESMED. – Consulté le 30 mai 2017.
– Home Non invasive Ventilation to Reduce Readmissions for Chronic Obstructive Pulmonary Disease. Hill, Nicholas S. and al. JAMA. doi:10.1001/jama.2017.5226. 2017.
  • rachel magriso says:

    je suis sous VNI depuis juin 2015 … grande amélioration de ma vie … un rhume jusqu’à ce jour , alors qu’avant une bronchite tous les 3 mois … de plus … une fois branchée , on respire normalement , et cela c’est génial … bien sur il faut admettre que certaines choses seront désormais impossibles … pour moi c’était la condition pour supprimer la trachéotomie …et je ne voudrais en aucun cas qu’on me la supprime … je ne la sens même pas …. je suis habituée … l’important est le masque , une fois qu’il est trouvé… c’est super … BPCo 4 avec emphyséme , j’ai 70 ans

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  • Deladerriere michel says:

    je suis sous VNI depuis octobre 2017 je touche du bois pas de RHUM ni de BRONCHITE ses vrais que je fumer entre 3 ou 5 cigarette par jours maintenant terminer depuis octobre 2017 je suporte tres bien le masque je dore en moyenne 8h jais 66 ans jespere vivre encore de nombreuse années

    Reply
  • Masamune Takeo says:

    Né le 13 Mars 1947.
    Crise de respiration le 12 Décembre 2019. Appelé le 15,. emmené à l’hôpital par les pompiers. Diagnose BPCO.
    Resté hospitalisé 10 jours, puis renvoi chez moi avec VNI.
    Je dors environ 5 heures par jour, très mal. Réveils atroces; essoufflement, panique …
    Jambes très gonflées. Dès effort quelconque, j’urine sans pouvoir maitriser.
    Seule position comfortable: assise.
    Consommation oxygène: nuit 3 litres / heure, le jour 4.

    T.

    Reply
  • Masamune Takeo says:

    Né le 13 Mars 1947.
    Crise de respiration le 12 Décembre 2019. Appelé le 15,. emmené à l’hôpital par les pompiers. Diagnose BPCO.
    Resté hospitalisé 10 jours, puis renvoi chez moi avec VNI.
    Je dors environ 5 heures par jour, très mal. Réveils atroces; essoufflement, panique …
    Jambes très gonflées. Dès effort quelconque, j’urine sans pouvoir maitriser.
    Seule position comfortable: assise.
    Consommation oxygène: nuit 3 litres / heure, le jour 4.

    T.

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  • Babou née 23.04.1969 says:

    Bonjour, merci de vos témoignages.

    Crise en avril 2017. Hospitalisation une semaine. Depuis sous oxygène 24/24. BPCO 4. J’ai la chance de pouvoir encore un peu travailler. Je dors très bien et beaucoup. Environ 12h00 par jour. (Nuit : 10h00, sieste 2h00), sauf quand je travaille. J’ai toujours été une grande dormeuse. Je lis énormément, je regarde des séries en streaming. Mes enfants, surtout mes filles et mon mari m’aident et m’accompagnent pour des ballades, dans les magasins, au bord de l’eau, boire un verre sur une terrasse. Bien sûr, je suis limitée dans mes déplacements. Je ne peux pas faire 50 mètres sans être essoufflée. Mais j’ai bon moral et espère vivre encore quelques belles années. A tous et toutes, la vie peut encore être belle, même sous oxygène 24h/24h.

    Reply
  • Babou née 23.04.1969 says:

    Bonjour, merci de vos témoignages.

    Crise en avril 2017. Hospitalisation une semaine. Depuis sous oxygène 24/24. BPCO 4. J’ai la chance de pouvoir encore un peu travailler. Je dors très bien et beaucoup. Environ 12h00 par jour. (Nuit : 10h00, sieste 2h00), sauf quand je travaille. J’ai toujours été une grande dormeuse. Je lis énormément, je regarde des séries en streaming. Mes enfants, surtout mes filles et mon mari m’aident et m’accompagnent pour des ballades, dans les magasins, au bord de l’eau, boire un verre sur une terrasse. Bien sûr, je suis limitée dans mes déplacements. Je ne peux pas faire 50 mètres sans être essoufflée. Mais j’ai bon moral et espère vivre encore quelques belles années. A tous et toutes, la vie peut encore être belle, même sous oxygène 24h/24h.

    Reply
  • EFFLING Suzanne says:

    bonjour jétais BPCO au stade 2 jusqu’àu 31 Mars 2020 mais je suis partie en urgence à moitié inconsciente 10 jours l’hopital avec heureusement un test négatif confirmé le lendemain par un scanner des poumons .je suis repartie chez moi où m’attendait l’extracteur d’oxygéne pour la nuit et un petit portatif si je sors J’avoue que mes nuits avant étaient courtes avec des réveils ou j’tais complétement essoufflée toutes les deux heures, maintenant je fais des bonnes nuits
    mais j’avoue que le moindre effort me laisse essoufflée même avec l’oxygène j en déduis donc que je suis passée au stade 3 voire 4 mon pneumologue me dira ça au mois de juillet
    Le matin j’ai un médicament qui contient 2 broncodilatateurs et cortisone pour éviter infection tout cela a changé ma vie je ne sors plus et fini les petits voyages en hollande ou en Allemagne pour voir nos amis

    Reply
  • EFFLING Suzanne says:

    bonjour jétais BPCO au stade 2 jusqu’àu 31 Mars 2020 mais je suis partie en urgence à moitié inconsciente 10 jours l’hopital avec heureusement un test négatif confirmé le lendemain par un scanner des poumons .je suis repartie chez moi où m’attendait l’extracteur d’oxygéne pour la nuit et un petit portatif si je sors J’avoue que mes nuits avant étaient courtes avec des réveils ou j’tais complétement essoufflée toutes les deux heures, maintenant je fais des bonnes nuits
    mais j’avoue que le moindre effort me laisse essoufflée même avec l’oxygène j en déduis donc que je suis passée au stade 3 voire 4 mon pneumologue me dira ça au mois de juillet
    Le matin j’ai un médicament qui contient 2 broncodilatateurs et cortisone pour éviter infection tout cela a changé ma vie je ne sors plus et fini les petits voyages en hollande ou en Allemagne pour voir nos amis

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci de votre témoignage.
      Bonne journée,
      L’équipe Santé sur le Net

      Reply
  • Bonjour,
    Je suis dans le cas de beaucoup d’intervenants. Pleurésie en 84, remis à faire du sport très fort, à faire du jogging avec mon épouse, que je ne pratiquait pas avant, 10-12 Km, bicyclette, gymnastique de musculation, enfin une renaissance, un peu essoufflé quand même. J’ai 76 ans et depuis 6-7 ans je sens un déficit respiratoire progressif. Vu un pneumologue qui me conseille après avoir jugé que j’étais atteint d’une BPCO une VNI 24/24. Cela m’ennuyait de dépendre de ces appareils 24/24 mais j’ai utilisé un concentrateur d’oxygène pour dormir. Depuis un peu plus d’un an j’ai un petit appareil à oxygène portable que j’utilisai pour sortir. Mais voilà 2 mois je suis étouffé sans oxygène. Et j’ai décidé de renté en urgence à l’hôpital aux urgences: la galère, 6 heures d’attente sur un brancard avant d’avoir une chambre pour me reposé, j’en pouvais plus. Après plusieurs examens dont scanner, gaz du sang, oxynométrie, rythme cardiaque, retour à la maison le lendemain, sur conseil du médecin qui ne peut m’apporter aucun soin pour la BPCO. Voilà, retour à la case départ avec tous les tuyaux qui trainent, mais il faut se faire un raison, c’est rédhibitoire. Et le pire, ce sont des glaires collés au fond de la gorge et les séances de toux pour les expulser. Mais à part tout va bien, il faut bien vivre avant de mourir, et des fois, on en a bien envie…..

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci de faire confiance à Santé sur le Net pour trouver des informations sur votre santé. Merci d’avoir partagé votre expérience. Nous vous souhaitons un meilleur rétablissement pour cette situation difficile. Un forum est à votre disposition si vous souhaitez échanger entre patients.
      Nous vous souhaitons une bonne journée.
      L’équipe Santé sur le net.

      Reply
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