Condition physique des enfants d’Outre-mer : un double défi de santé publique

Par |Publié le : 29 août 2025|Dernière mise à jour : 27 août 2025|3 min de lecture|

Dans les territoires d’outre‑mer français (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane, Mayotte, Polynésie, Nouvelle‑Calédonie), les réalités sociales et sanitaires sont très contrastées. Cette diversité se reflète aussi dans la santé des enfants. Alors que l’obésité infantile progresse globalement, la malnutrition reste préoccupante dans certaines régions. Comment expliquer ces écarts avec l’Hexagone ? Quelle est la part d’enfants présentant des problèmes nutritionnels dans les DOM-TOM ? On fait le point.

Des disparités socio-économiques fortes entre les territoires

Les inégalités socio-économiques pèsent lourdement sur la santé des enfants ultramarins.
Quelques repères :

  • Pauvreté infantile : 46 % des enfants vivent dans un foyer pauvre à La Réunion, 60 % en Guyane et près de 80 % à Mayotte contre 20 % dans l’Hexagone (Unicef).
  • Accès à une alimentation équilibrée limité : dans certains territoires, 10 % des enfants souffrent de malnutrition.
  • Facteurs aggravants : conditions de logement précaires, isolement géographique, difficultés d’accès aux soins.

Dans ce contexte, certains enfants manquent de nutriments essentiels, tandis que d’autres, exposés à une alimentation transformée et à un mode de vie plus sédentaire, présentent un surpoids ou une obésité.

À savoir !Évaluation de l’état nutritionnel chez l’enfant

L’indice de masse corporelle (IMC) sert à évaluer l’état nutritionnel d’un individu, en tenant compte de son âge et de son sexe. Les seuils de l’International Obesity Task Force (IOTF), quant à eux, donnent les seuils du surpoids et de l’obésité chez l’enfant en se basant respectivement sur les valeurs de 25 et 30 kg/m² à 18 ans.
Insuffisance pondérale : IMC inférieur au 3ᵉ percentile.
Poids normal : IMC entre le 3ᵉ et le 97ᵉ percentile.
Surpoids : IMC ≥ 97ᵉ percentile ou IOTF 25.
Obésité : ≥ IOTF 30.

Surpoids et obésité infantiles dans les DOM-TOM

Dans plusieurs territoires, la prévalence du surpoids dépasse les moyennes métropolitaines Alors que, dans l’Hexagone, 13 % des enfants sont en surpoids et 4 % en situation d’obésité :

  • En Guadeloupe et en Martinique : plus de 20 % des enfants sont en surcharge pondérale, dont près de 10 % en obésité.
  • À la Réunion : 17,3 % des élèves de 6ᵉ sont en surpoids et 8,4 % souffrent obèses.
  • En Nouvelle Calédonie : les taux atteignent des niveaux très élevés, avec près de 20,5 % des jeunes Calédoniens de 12 ans présentant une obésité.

Les causes sont multiples :

  • Une transition alimentaire vers des produits transformés et riches en sucres ;
  • Une sédentarité croissante ;
  • Un manque de prévention ;
  • Un accès limité à la pratique régulière d’une activité physique.

Ces tendances soulèvent des inquiétudes car l’obésité infantile augmente le risque de diabète, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte.

Malnutrition : une réalité persistante dans certains territoires outre-mers

Dans certains territoires ultra-marins, notamment à Mayotte et en Guyane, la malnutrition reste préoccupante. L’enquête Nutrimay‑Unono Wa Maore réalisée à Mayotte en 2019 révèle que :

  • 11,9 % des nouveau-nés sont nait avec un poids <2,5 kg ;
  • 7,1 % des enfants de trois à 5 ans présentaient une insuffisance pondérale ;
  • 5 % avaient un retard de croissance ;
  • 2 % souffraient d’une maigreur sévère.

Ces difficultés sont principalement liées à :

  • Une précarité alimentaire durable ;
  • Un accès limité aux soins pédiatriques ;
  • Des pratiques d’allaitement et de diversification inadaptées.

La malnutrition infantile a des conséquences graves : retard de croissance, baisse de l’immunité, difficultés d’apprentissage et risques de maladies chroniques à l’âge adulte.

À noter ! La condition physique des enfants dans les territoires d’outre-mer reste marquée par un double défi : la progression du surpoids et de l’obésité et en parallèle la persistance de la malnutrition dans certaines régions. Ces réalités, directement liées aux inégalités sociales, à l’accès aux soins et aux habitudes alimentaires, nécessitent des réponses adaptées à chaque contexte local. Améliorer la prévention, soutenir les familles les plus fragiles et favoriser une alimentation équilibrée ainsi qu’une activité physique régulière sont des leviers essentiels pour donner aux jeunes ultramarins les mêmes chances de grandir en bonne santé que les enfants de métropole.

Sources
– Santé publique France, État nutritionnel de la population mahoraise enfants et adultes : résultats de l’étude Unono Wa Maore 2019 et évolutions depuis 2006.. beh.santepubliquefrance.fr. Consulté le 28 juillet 2025.
– UNICEF, L’UNICEF France publie un rapport alarmant sur les droits de l’enfant dans les Outre-mer, . www.unicef.fr. Consulté le 28 juillet 2025.
– IRD, Alimentation et nutrition dans les départements et régions d’Outre-mer, . horizon.documentation.ird.fr. Consulté le 28 juillet 2025.
– Cours des comptes, La prévention de l’obésité chez les jeunes : l’exemple de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française,. www.ccomptes.fr. Consulté le 28 juillet 2025.

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Julie R.
Infirmière pendant 15 ans, dont 10 en pédiatrie, Julie R. est animée par une passion pour la santé, l'écologie et les sciences. Spécialisée en rédaction web SEO, alliant respect de notre charte HIC et approche humaine, elle met son expérience au service d’une meilleure compréhension de la santé pour le plus grand nombre