Covid-19 et maladie de Kawasaki, un risque pour les enfants ?

May 5, 2020 par

Ils seraient quelques dizaines d’enfants en Europe, à avoir été hospitalisés au cours des dernières semaines pour une maladie de Kawasaki, une atteinte vasculaire rare qui peut nécessiter une prise en charge en réanimation. Les dernières données révèlent que cette maladie pourrait être liée à une infection par le SARS-CoV-2, récente ou plus ancienne. Explications.

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Qu’est-ce que la maladie de Kawasaki ?

Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, les enfants semblent moins touchés que les adultes par la maladie. Ils présentent le plus souvent des symptômes mineurs, parfois aucun symptôme, et les formes graves sont rares. Récemment, les études épidémiologiques ont également suggéré qu’ils transmettaient moins le virus que les adultes. Mais ces données rassurantes ont été contrebalancées depuis quelques jours par la révélation de quelques dizaines de cas en Europe de maladie de Kawasaki, potentiellement liée au Covid-19.

La maladie de Kawasaki est une affection vasculaire, qui touche généralement les enfants âgés de 1 à 8 ans. Maladie rare aux origines encore inconnues, elle se manifeste par les symptômes suivants :

  • Une fièvre élevée et prolongée ;
  • Une rougeur cutanée ;
  • Une conjonctivite ;
  • Une inflammation des muqueuses ;
  • Un gonflement des ganglions lymphatiques.

Maladie de Kawasaki et COVID-19

Si la maladie de Kawasaki n’est pas rapidement détectée et diagnostiquée, elle peut évoluer vers des formes sévères, qui nécessitent une hospitalisation en réanimation. Plusieurs traitements peuvent être envisagés :

  • de l’aspirine à forte dose ;
  • des immunoglobulines humaines (anticorps) par voie intraveineuse ;
  • en cas d’atteinte des artères coronaires, une fibrinolyse (dissolution des caillots sanguins) ou des interventions percutanées.

La mortalité de la maladie de Kawasaki est d’environ 1 % en l’absence de traitement.

Les médecins britanniques ont été les premiers à alerter il y a quelques jours les autorités sur l’hospitalisation d’enfants présentant des symptômes de la maladie de Kawasaki. En pleine période d’épidémie de COVID-19, les médecins ont rapidement suspecté un lien avec l’infection par le SARS-CoV-2. Des cas similaires ont notamment été recensés en France, en Belgique, en Espagne ou encore en Italie.

Une forme atypique de maladie de Kawasaki liée au COVID-19

En France, quelques dizaines d’enfants seraient concernées par cette forme atypique de la maladie de Kawasaki. En effet, les symptômes observés diffèrent notablement des signes habituels de la maladie :

  • Un âge plus élevé des enfants, la maladie pouvant également toucher des adolescents ;
  • Une atteinte du muscle cardiaque, sous la forme d’une myocardite associée à une défaillance respiratoire ;
  • Des signes inflammatoires proches de l’orage cytokinique décrit pour les formes sévères de COVID-19.

Les médecins spécialisés de l’hôpital Necker à Paris ont noté une augmentation significative de la fréquence de la maladie de Kawasaki au cours des dernières semaines. Pour l’ensemble des enfants hospitalisés, un lien avec le COVID-19 a pu être mis en évidence :

  • Soit par un test de dépistage par PCR légèrement positif, témoignant que l’infection est présente depuis plusieurs jours ;
  • Soit par des analyses sérologiques révélant la présence d’anticorps, signe que l’enfant a été infecté par le SARS-CoV-2 quelques semaines auparavant.

Des études plus poussées sont en cours pour déterminer le lien précis entre le COVID-19 et la maladie de Kawasaki. Une infection virale est très souvent suspectée dans le développement de cette pathologie. Les scientifiques cherchent également à comprendre les particularités observées dans ce contexte d’épidémie. A ce stade, cette affection vasculaire reste rare, mais les parents et les médecins doivent être vigilants, si des enfants présentent des symptômes inhabituels.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Maladie de Kawasaki. LE MANUEL MSD. Consulté le 1er mai 2020.
– Kawasaki-like chez l’enfant : lettre de la SOFREMIP. SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PÉDIATRIE. Consulté le 1er mai 2020.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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