Le dépistage du cancer du poumon inutile chez les fumeurs

May 20, 2016 par

Le cancer du poumon étant le cancer le plus meurtrier en France, l’intérêt d’un dépistage systématique chez les fumeurs pourrait paraître justifié. Pourtant, la HAS (Haute Autorité de Santé) a annoncé le jeudi 19 mai 2016 que ce dépistage n’aurait pas d’intérêt en matière de santé publique.

Poumons des fumeurs

Le dépistage systématique serait inutile chez les fumeurs

Dans le cadre du 3ème Plan cancer 2014-2019 et à la demande de pneumologues et radiologues, la HAS a analysé l’utilité d’un possible dépistage systématique du cancer du poumon chez les fumeurs. En pratique, celui-ci consiste en un scanner thoracique à rayons X à faible dose.
Pour qu’un dépistage soit considéré comme utile, il doit répondre à 6 critères. Or, aucun de ces critères n’est respecté dans le cas de ce dépistage :

Critères d’intérêt d’un dépistage Cas du cancer du poumon
La maladie doit être détectable à un stade précoce

La rapidité d’évolution du cancer du poumon rend le stade précoce difficilement détectable

Le test de dépistage doit être adapté et efficace

Le scanner thoracique montre un grand nombre de faux diagnostics positifs

Un traitement efficace doit exister et celui-ci doit pouvoir être instauré rapidement

Les traitements connus à ce jour sont lourds, passant par la chirurgie et parfois non adapté à l’état du patient

La population à risque doit être facilement identifiable

Il n’existe pas de caractéristiques établies : les fumeurs sont évidemment une population fragile, mais ceux les plus « à risque » ne sont pas identifiés

Le dépistage doit permettre de diminuer la mortalité

La réduction de la mortalité grâce à ce dépistage n’est pas établie
Le dépistage doit présenter plus d’avantages que d’inconvénients

Les risques liés à l’irradiation du scanner thoracique sont à prendre en compte. Sachant qu’il existe beaucoup de faux-positifs, la balance bénéfice-risque de ce dépistage est défavorable

À savoir ! On parle de « faux-positif » quand le résultat d’un examen de dépistage est positif – c’est-à-dire que la personne est considérée comme malade – alors qu’en réalité cette personne est saine. Le résultat aurait dû être négatif.

Des efforts à maintenir

Un dépistage du cancer du poumon n’étant pas adaptable pour le moment, la HAS rapporte que des efforts doivent être poursuivis. Elle insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche, qu’il s’agisse du traitement, du dépistage ou encore des caractéristiques des cancers du poumon. Elle souligne également l’importance de continuer et d’intensifier la lutte contre le tabagisme.

Rappelons que 90% des cancers du poumon sont liés au tabac.

Clémence R., Pharmacienne

– Communiqué de presse – Cancer du poumon : conditions non réunies pour un dépistage chez les fumeurs – HAS, 19 mai 2016
Clémence R.
Pharmacienne.
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