Endométriose : des nouvelles recommandations pour une meilleure prise en charge

Jan 27, 2018 par

L’endométriose est une maladie gynécologique qui concerne une femme sur dix. Le 16 janvier dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ont actualisé les recommandations sur la prise en charge de l’endométriose qui dataient de 2006. Quatre priorités sont données pour améliorer cette prise en charge : l’information des patientes, la caractérisation individuelle des symptômes avec un traitement personnalisé, la coordination des différents professionnels de santé impliqués dans le parcours thérapeutique de la patiente et enfin, la préservation de la fertilité. Focus sur les principaux changements.

Endométriose nouvelles recommandations

Les faiblesses de la prise en charge actuelle

Actuellement, l’endométriose est considérée comme une maladie qui présente des lacunes dans son dépistage. Plusieurs causes viennent expliquer ce fait :

  • Un manque d’information sur l’existence de cette maladie auprès des femmes ;
  • Une prise en charge mal coordonnée par l’ensemble du personnel médical concerné ;
  • Une évolution lente des symptômes, souvent sur plusieurs années ;
  • Un retard de diagnostic.

Cette maladie gynécologique, dont les premières descriptions dans le corps médical datent de 200 ans, est restée inconnue ou mal connue pendant très longtemps en France. Grâce aux associations (Endo France, Ensemble contre l’endométriose, Mon Endométriose Ma Souffrance (MEMS), Lilli H. contre l’endométriose) au relai médiatique, au partage d’informations sur les réseaux sociaux, cette pathologie féminine est désormais mieux appréhendée en France depuis les années 2010. C’est en mars 2014 que la première marche mondiale contre l’endométriose, baptisée Endomarch, a vu le jour et initiée une prise de conscience forte des pouvoirs publics face aux enjeux de cette maladie.

Ce qui va changer avec les nouvelles recommandations

Désormais, si le praticien observe des discordances entre l’imagerie et les symptômes (douleurs menstruelles récalcitrantes malgré la prise de médicaments antidouleurs, douleurs pelviennes, problèmes urinaires etc..), la HAS et le CNGOF avancent qu’il est « nécessaire d’avoir recours à des examens plus spécialisés effectués par des praticiens référents : un examen pelvien orienté avec recherche d’une endométriose profonde, une échographie endovaginale ou une IRM pelvienne ».

À savoir ! Une échographie est une technique d’imagerie basée sur les ultrasons. Un IRM est une technique d’imagerie par résonnance magnétique.

Aussi, les professionnels sont désormais dans l’obligation de conseiller la patiente souffrant d’endométriose de manière détaillée sur :

  • Les alternatives thérapeutiques envisageables ;
  • La balance bénéfices/risques inhérente à chaque solution thérapeutique ;
  • Les risques de récidive ;
  • Les enjeux sur la fertilité ;
  • Le déroulement et les enjeux d’une intervention chirurgicale.

Afin de fournir des informations cohérentes et normées, un document, à destination du grand public, est actuellement en préparation par les associations de patientes atteintes d’endométriose ayant participé aux travaux de ces nouvelles recommandations.

Les patientes souffrant d’infertilité devront maintenant être prises en charge par une équipe multidisciplinaire (radiologues, gynécologues, urologues, chirurgiens, psychologue, spécialistes de la douleur) coordonnée pour leur stimulation ovarienne et la réalisation de Fécondation-In-Vitro.

Enfin, ces nouvelles recommandations insistent sur le fait que la prise en charge doit « être individualisée en fonction des symptômes et des attentes des patientes ».

Actuellement, des « centres spécialisés de dépistage précoce et de prise en charge pluridisciplinaire de l’endométriose » sont pilotés et expérimentés dans plusieurs hôpitaux français.

Julie P., Journaliste scientifique

– Endométriose : améliorer la démarche diagnostique et clarifier les modalités de traitements. HAS Santé. Le 17 janvier 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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