Un examen sanguin pour prédire les formes sévères de la Covid-19

Jul 30, 2020 par

L’épidémie de la Covid-19 se poursuit presque partout dans le monde. Pour les équipes médicales et les autorités de santé publique, une question essentielle se pose : quels patients vont développer une forme sévère de Covid-19 dans les jours qui suivent l’apparition des premiers symptômes ? Des chercheurs français viennent de publier des données révélant une signature sanguine prédictive des formes graves de l’infection par le SARS-CoV-2. Explications.

Échantillons remplis de sang suite à une prise de sang

Covid-19, des formes légères aux formes sévères

Alors que le SARS-CoV-2 circule toujours activement sur le territoire français, avec chaque jour plusieurs centaines de nouveaux cas confirmés, les scientifiques tentent de répondre à une question fondamentale, comment reconnaître précocement les patients qui vont développer une forme sévère de la Covid-19 ? En effet, environ 5 % des patients contaminés évoluent vers une forme grave, qui nécessite des soins de réanimation poussés.

Sur le plan clinique, les observations ont révélé une évolution des patients en deux étapes :

  1. Une forme légère à modérée de la Covid-19 avec un ou plusieurs symptômes caractéristiques ;
  2. Une aggravation respiratoire 9 à 12 jours après l’apparition des premiers symptômes de l’infection.

Cette aggravation est souvent associée à un orage cytokinique, correspondant à une exacerbation de la réponse inflammatoire de l’organisme face au virus.

Une réduction de la production et de l’activité de certains interférons

Dans cette réponse inflammatoire excessive, certaines substances sont directement impliquées, les cytokines (des substances sécrétées par les cellules du système immunitaire, pour réguler la prolifération des cellules immunitaires). La libération massive de cytokines provoque une infiltration de cellules immunitaires dans les tissus pulmonaires, provoquant :

  • Des lésions pulmonaires ;
  • Un syndrome de détresse respiratoire aigu.

Récemment, des chercheurs français ont étudié plus spécifiquement les interférons (une catégorie de cytokines) produits lors de la réponse inflammatoire. Ils se sont aperçus que la production et l’activité des interférons de type I étaient fortement réduites dans les formes sévères de la Covid-19. Cette observation diffère nettement de la réponse de l’organisme à d’autres virus respiratoires, tels que :

  • Le virus respiratoire syncitial, responsable de la bronchiolite du jeune enfant ;
  • Le virus de la grippe A.

Vers une nouvelle option thérapeutique ?

Parallèlement à cette réponse spécifique des interférons, les chercheurs ont observé une persistance d’une charge virale importante chez les patients développant une forme sévère de la Covid-19. Par ailleurs, d’autres cytokines étaient produites en grande quantité chez ces patients, et contribuaient à l’emballement de la réponse inflammatoire. Au final, les chercheurs ont pu mettre en évidence un taux d’interférons de type I caractéristique pour chaque stade de la maladie. Plus le taux d’interféron de type I est faible, plus la maladie est susceptible de s’aggraver.

De ces données, les chercheurs ont conclu que le taux sanguin d’interféron de type I pourrait être utilisé comme outil prédictif des formes les plus sévères de l’infection. De plus, ce résultat permet d’envisager une nouvelle option thérapeutique, l’administration d’interférons combinée à une thérapie anti-inflammatoire.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Identification d’une signature sanguine prédictive de formes sévères de Covid-19. INSERM. Consulté le 16 juillet 2020.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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