Bronchiolite


Rédigé par Charline D., publié le 18 décembre 2015 et mis à jour le 5 novembre 2021

enfant avec une Bronchiolite

La bronchiolite est une infection virale aiguë qui touche les bronchioles (petites bronches) des nourrissons et des jeunes enfants de moins de 2 ans. La bronchiolite est le plus souvent une affection bénigne, mais est potentiellement grave chez les enfants à risque (nouveaunés, prématurés, etc). Dans de rares cas, la bronchiolite impose l’hospitalisation (2 à 3 % des cas). Les décès en lien avec la bronchiolite aiguë sont très rares (moins de 1 %).

Définition et symptômes de la bronchiolite

Qu’est-ce qu’une bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection virale à transmission interhumaine. L’affection est notamment favorisée par la mise en collectivité précoce des enfants (crèches).

La transmission du virus, le plus souvent le virus respiratoire syncytial (VRS), s’effectue soit de façon directe par les gouttelettes émises lors de la toux et les éternuements, soit de façon indirecte par l’intermédiaire des mains, des surfaces, objets ou vêtements souillés sur lesquels le virus peut survivre plusieurs heures.

L’incubation du virus est de 2 à 8 jours, et il se multiplie d’abord au niveau de la muqueuse nasale avant d’atteindre les bronchioles. Il provoque une inflammation des parois des bronchioles et une augmentation des sécrétions qui vont obstruer les petites bronches.

D’autres virus, tels que les Rhinovirus, les Adénovirus (etc.) sont également retrouvés chez des nourrissons chez lesquels le diagnostic clinique de bronchiolite est posé. Il a également été décrit des infections impliquant plusieurs virus.

En France, la bronchiolite touche près de 30% des enfants, soit 450 000 à 500 000 cas par an, avec un pic de fréquence chez les enfants de 2 à 8 mois. Cela constitue un véritable problème de santé publique car, bien que la majorité des enfants soit prise en charge en ville, une épidémie de bronchiolite entraine un engorgement des services d’urgences. On observe des pics épidémiques en automne et en hiver. L’épidémie débute généralement à la mi-octobre, pour atteindre un pic en décembre et se terminer à la fin de l’hiver.

Plusieurs facteurs de risque d’infection à VRS, ont été mis en évidence :

  1. L’âge (l’affection est plus fréquente chez les moins de six mois);
  2. La prématurité;
  3. Les pathologies cardio-pulmonaires;
  4. L’immunodépression ;
  5. Des facteurs environnementaux comme le tabagisme passif, la pollution atmosphérique, la vie en collectivité (crèche), le cercle familial, les transports en commun.

Quels symptômes ?

Une bronchiolite se manifeste généralement d’abord par un rhume associée à une légère fièvre et une toux sèche. L’atteinte des petites bronches survient dans un second temps.

schéma bronchioles

La présence d’une détresse respiratoire obstructive est caractéristique de la bronchiolite. Celle-ci se traduit par une difficulté à respirer (dyspnée), associée à une augmentation de la fréquence respiratoire (nombre de cycles respiratoires – inspiration et expiration – par minute), appelée polypnée. Les quintes de toux et les sifflements à la respiration sont des symptômes fréquents. Le nourrisson peut avoir des difficultés à boire et à s’alimenter.

Bien que ses manifestations puissent être impressionnantes pour les parents, la bronchiolite est une maladie bénigne. Il est toutefois important de savoir identifier les critères cliniques de gravité déterminants pour décider d’une hospitalisation :

  1. Une altération importante de l’état général ;
  2. La survenue d’apnée ;
  3. Une fréquence respiratoire supérieure à 60 cycles (inspiration/expiration) par minute ;
  4. Un nourrisson âgé de moins de 6 semaines ;
  5. Un nourrisson prématuré (prématurité inférieure à 34 semaines d’aménorrhée) ;
  6. Une cardiopathie sous-jacente ou pathologie pulmonaire chronique grave ;
  7. Des troubles digestifs compromettant l’hydratation ;
  8. Une déshydratation importante avec perte de poids >5 %.

L’élimination du virus nécessite entre 3 à 7 jours, mais peut être plus longue, allant jusqu’à 4 semaines.

L’évolution d’une bronchiolite est, dans la plupart des cas, favorable. La guérison survient en général en 5 à 10 jours, mais une toux résiduelle peut persister pendant 2 à 3 semaines.

Les épisodes de bronchiolites peuvent se répéter au cours des deux premières années de vie chez certains enfants. À partir du troisième épisode obstructif, le diagnostic de crise d’asthme dont certains symptômes sont similaires à une bronchiolite sera évoqué.

Diagnostic et traitement de la bronchiolite

Quel diagnostic ?

Le diagnostic de la bronchiolite est clinique. Il repose sur l’examen clinique réalisé par le médecin traitant ou le pédiatre.

Toute suspicion de bronchiolite doit conduire à prendre un rendez-vous avec un médecin dans la journée. Il est, en effet, indispensable que l’état de santé de l’enfant soit évalué.

Une nouvelle consultation peut être nécessaire si les symptômes s’accentuent ou que la fièvre augmente et bien si les sécrétions bronchiques s’épaississent.

Il faut contacter immédiatement le 15, lorsque l’enfant :

  • A moins de 2 mois ;
  • Est atteint d’une pathologie chronique ;
  • Souffre de diarrhée ou de vomissements ;
  • A un comportement inquiétant (grosse fatigue, agitation, etc.) ;
  • Est pâle ou à les doigts/lèvres bleus ;
  • Présente des difficultés à respirer.

Quel traitement ?

La prise en charge d’une bronchiolite non compliquée est symptomatique :

  1. Un désencombrement nasal avec du sérum physiologique. Les lavages de nez sont à réaliser avant les siestes et les repas ;
  2. Une kinésithérapie respiratoire. Bien que la kinésithérapie respiratoire ait montré une certaine amélioration des symptômes de la bronchiolite aiguë du nourrisson, son recours n’est pas systématique en pratique et sa prescription repose sur l’évaluation clinique de l’enfant ;
  3. Une hydratation pour faciliter la fluidification des sécrétions bronchiques ;
  4. Le fractionnement des repas;
  5. Le couchage de l’enfant sur le dos , la tête légèrement en extension, plus haute que les jambes à 30° (position proclive).

À savoir !  La bronchiolite étant d’origine virale, la prescription d’antibiotique est inutile dans un premier temps. Celle-ci sera discutée en cas de persistance d’une fièvre supérieure ou égale à 38,5 °C après 3 jours, en cas de surinfection ou bien en cas d’otite moyenne aiguë purulente associée.

À savoir ! Les bronchodilatateurs (salbutamol par exemple), les corticoïdes inhalés ou oraux, les antitussifs et les mucolytiques ne sont pas indiqués en première intention pour une bronchiolite.

En cas de bronchiolite, quelques précautions sont à prendre pour éviter la transmission du virus :

  1. Se laver les mains avant d’approcher le nourrisson ;
  2. Aérer la chambre de l’enfant ;
  3. Maintenir la chambre de l’enfant à une température ne dépassant pas les 19°C;
  4. Éviter le contact avec les personnes enrhumées ou les lieux publics où l’enfant pourrait être en contact avec des personnes enrhumées (transports en commun, magasins, etc.) ;
  5. Éviter les lieux enfumés ;
  6. Nettoyer fréquemment tous les objets avec lesquels le nourrisson est en contact (jouets, tétines, biberons, etc.) ;
  7. Porter un masque chirurgical pour s’occuper de l’enfant.

gestes pour prévenir de la bronchiolite

Publié le 18 décembre 2015. Mis à jour par  Charline D., Docteur en pharmacie, le 5 novembre 2021.

Sources
– Prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois. has-sante.fr. onsulté le 5 novembre 2021.
– Bronchiolite. ameli.fr. Consulté le 5 novembre 2021.