Faire du sport au bon moment pourrait améliorer la santé cardiaque

Par |Publié le : 20 avril 2026|Dernière mise à jour : 17 avril 2026|4 min de lecture|

Et si l’efficacité de vos séances dépendait de votre rythme naturel ? Une étude montre qu’ajuster ses horaires d’activité pourrait renforcer les bénéfices sur la santé.

Faire du sport, oui mais pas n'importe quand.

Faut-il faire du sport le matin ou le soir pour protéger son cœur ? La réponse pourrait dépendre moins des habitudes que de notre horloge biologique. Une étude publiée le 14 avril dans la revue Open Heart avance une piste : adapter son programme d’exercice à son chronotype — cette prédisposition naturelle à être du matin ou du soir — réduirait les risques cardiovasculaires chez les personnes déjà fragilisées.

L’idée n’est pas totalement nouvelle. « L’exercice physique réduit les risques de maladies cardiaques/AVC et de diabète », rappellent les chercheurs dans un communiqué de presse. Mais une question reste en suspens : ces bénéfices varient-ils selon le moment de la journée où l’on s’entraîne, et surtout selon notre rythme biologique interne ? Jusqu’ici, « on ignore si les bienfaits de l’exercice physique dépendent du moment où il est pratiqué par rapport au chronotype de la personne ».

Matin ou soir : une question loin d’être anodine

Pour y répondre, les scientifiques ont suivi 150 adultes âgés de 40 à 60 ans, tous sédentaires et présentant au moins un facteur de risque cardiovasculaire — hypertension, surpoids ou obésité. Certains avaient également des antécédents familiaux de maladies précoces. Leur chronotype a été déterminé grâce à un questionnaire spécifique et à la mesure de leur température corporelle sur 48 heures.

Les participants ont ensuite été répartis en deux groupes : l’un pratique une activité physique en accord avec son chronotype — le matin pour les lève-tôt, le soir pour les couche-tard —, l’autre à contretemps. Tous ont suivi le même programme : cinq séances hebdomadaires de 40 minutes d’exercice aérobique modéré, pendant douze semaines.

Le sommeil, grand gagnant de l’ajustement

Au total, 134 participants ont mené l’expérience à son terme. Et les résultats sont sans surprise. L’activité physique améliore la santé cardiovasculaire dans tous les cas. Mais l’alignement avec le chronotype amplifie nettement ces bénéfices. « L’alignement du chronotype a amélioré la qualité du sommeil et réduit les facteurs de risque, tels que l’hypertension artérielle, la glycémie à jeun et le “mauvais” cholestérol, plus efficacement qu’un décalage dans le calendrier de l’exercice. »

Dans le détail, la pression artérielle systolique a atteint 10,8 mm Hg chez les participants dont les séances étaient adaptées à leur rythme biologique, contre 5,5 mm Hg dans l’autre groupe. Chez les personnes déjà hypertendues, l’écart est encore plus marqué. Une baisse moyenne de 13,6 mm Hg, contre 7,1 mm Hg lorsque l’exercice est mal synchronisé. La qualité du sommeil, elle aussi, progresse davantage lorsque l’activité physique respecte le chronotype (gain de 3,4 points contre 1,2).

Vers une médecine du sport plus personnalisée

Ces résultats s’expliqueraient par une meilleure synchronisation des mécanismes internes. « Adapter l’exercice au chronotype permet de synchroniser plus efficacement les horloges périphériques des muscles squelettiques, des tissus adipeux et du système vasculaire, améliorant ainsi l’efficacité métabolique et réduisant l’inflammation », avancent les auteurs.

Autrement dit, le corps fonctionnerait de manière plus harmonieuse lorsque l’effort survient au moment où il est naturellement prêt à le fournir. Une hypothèse cohérente avec ce que l’on sait des rythmes circadiens, qui régulent à la fois le sommeil, la sécrétion hormonale et les niveaux d’énergie.

Les chercheurs appellent désormais à intégrer cette dimension dans les recommandations médicales. « Cette étude vient s’ajouter à un ensemble croissant de preuves suggérant que le moment de l’exercice, lorsqu’il est aligné sur l’horloge biologique interne d’un individu, peut améliorer considérablement les résultats en matière de santé », écrivent-ils. Et de conclure : « L’intégration du principe de « chrono-exercice » […] pourrait constituer une approche novatrice et efficace pour améliorer les résultats en matière de prévention des maladies cardiovasculaires et métaboliques. »

Des réserves subsistent toutefois. L’étude a été menée dans des hôpitaux publics de Lahore et exclut les profils intermédiaires, ce qui limite sa généralisation. Mais pour le professeur Rajiv Sankaranarayanan, de la British Cardiovascular Society, ces résultats ouvrent des perspectives concrètes. « L’intégration d’une évaluation simple du chronotype dans les conseils relatifs au mode de vie pourrait améliorer l’observance et les résultats. »

Sources

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067