Sport : quelle place les femmes ?

Par |Publié le : 16 avril 2026|Dernière mise à jour : 16 avril 2026|5 min de lecture|

Lors de Jeux de Paris 2024, les compétitions comptaient autant d’athlètes féminines que d’athlètes masculins. Une première depuis plus de 120 ans et la création des Jeux Olympiques modernes. En France, le sport gagne aussi peu à peu du terrain. Naissances d’icônes féminines du sport, soutien à la pratique sportive, mise en place de bonnes pratiques pour concilier sport de haut niveau et vie de femme. Etat des lieux d’un sport féminin en pleine mutation.

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Sport féminin de haut niveau : vers plus de visibilité

A la télévision, les audiences sur le sport féminin progressent depuis une dizaine d’années.

54 % des Français déclarent suivre des compétitions féminines, un chiffre qui grimpe à 72 % chez les amateurs de sport.

En 2023, la Coupe du monde féminine de football en Australie et en Nouvelle-Zélande a rassemblé pas moins de 2 milliards de personnes, une audience confirmant ainsi la popularité du sport féminin.

En France, en 2024, 1,063 million d’euros ont été déployés par l’Agence Nationale du Sport (ANS) pour soutenir la production audiovisuelle des compétitions féminines.

L’égalité n’est cependant pas encore atteinte et le chemin risque d’être encore long : les femmes représentent seulement 16 % de la couverture médiatique sportive.

Sur les réseaux, les athlètes féminines réussissent à tirer leur épingle du jeu et à fidéliser davantage leur communauté : elles ont en moyenne 14 % de followers de plus que les hommes.

Citons par exemple, quelques grandes sportives françaises suivies sur les réseaux: Wendie Renard (football), Clarisse Agbégnénou (judo), Laura Flessel (escrime), Laure Manaudou (natation), Pauline Ferrand-Prevot (cyclisme) ou Romane Miradoli (ski-super G).

Les voix des sportives doivent continuer à résonner : leurs histoires teintées de courage et de détermination inspirent les nouvelles générations de petites filles et d’adolescentes.

Soutenir la pratique sportive des filles et des femmes

L’exigence et la rigueur du sport suivent les destins personnels. En plus de ses bénéfices santé indéniables et de ses valeurs fortes (dépassement de soi, ouverture vers l’autre, respect des règles, égalités des concurrents, fairplay), le sport, pratiqué dès la jeunesse, est une vraie école de la vie.

Récemment, une étude montre que 80 % des femmes PDG du classement Fortune 500 ont pratiqué un sport durant leur jeunesse.

Un rapport 2023, réalisé par le cabinet de conseil et d’audit Deloitte, révèle que 85 % des femmes interrogées considèrent que les compétences qu’elles ont acquises, en pratiquant un sport pendant leur enfance, ont été déterminantes pour leur réussite professionnelle.

Pourtant, les filles abandonnent le sport à 14 ans à un rythme deux fois plus élevé que les garçons, en raison des attentes sociales, du manque d’investissements dans des programmes de qualité et de certaines lacunes concernant l’encadrement.

À savoir !78 % des filles âgées de 13 ou 14 ans pratiquent du sport au moins une fois par semaine, en dehors des cours d’éducation physique et sportive (EPS) du collège. Chez les garçons, ce chiffre atteint 87%.

Pour soutenir la pratique sportive des femmes et des jeunes filles, le ministère et l’ANS ont augmenté la part des financements dédiés. En 2024, 12,9 % des crédits PSF (Projets sportifs fédéraux) étaient destinés à des actions en faveur des femmes. En 2025, ce taux passe à 20 %.

Grâce à ces mesures, la féminisation du sport progresse : entre 2021 et 2023, le nombre de licenciées a progressé de 8,9 %, contre 6,5 % pour les hommes. En 2024, 68 % des femmes déclaraient pratiquer un sport au moins occasionnellement contre 73 % des hommes.

Vivre du sport : un pari qui devient progressivement possible

Les inégalités salariales persistent dans le sport. En 2024, aucune femme ne figurait parmi les 100 athlètes les mieux payés au monde selon Forbes.

En 2023, la Coupe du monde féminine de football a attribué 150 millions de dollars de primes, soit trois fois moins que les 440 millions versés lors du Mondial masculin au Qatar en 2022.

Aussi, selon la FIFPRO (Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels), 29 % des joueuses interrogées n’ont pas reçu de rémunération pour les matchs de qualification à la Coupe du monde.

Des espoirs naissent cependant peu à peu : le tennis a été le premier sport à garantir une égalité des primes dans ses tournois majeurs, et le squash, le surf et d’autres disciplines ont suivi.

En Norvège, la fédération de football a instauré l’égalité salariale entre équipes nationales masculines et féminines, un modèle adopté par la suite par le Brésil, le Pays de Galles et l’Australie. En 2022, l’équipe féminine des États-Unis a remporté une victoire historique avec un accord garantissant l’égalité salariale pour les matchs internationaux.

En France, le ministère des Sports soutient activement les sportives professionnelles dans leurs besoins de stabilité financière mais aussi, dans leurs envies d’être mère tout en suivant une carrière sportive de haut niveau.

Ces mesures sont par exemple :

  • L’accès à la crèche de l’INSEP aux bébés dès 10 semaines ;
  • Le versement d’un salaire en congé maternité sur un an dans le handball et le basket ;
  • La création de la Ligue féminine de football professionnel en 2024, un tournant pour la professionnalisation du football féminin ;
  • La mise en place d’une cellule d’accompagnement à la maternité pour informer et soutenir les sportives de haut niveau ;
  • La prolongation de deux ans de l’inscription sur les listes de haut niveau en cas de grossesse ;
  • Le versement d’aides personnalisées attribuées par l’ANS.

En 2024, en France, la part des femmes inscrites sur les listes de sport de haut niveau a atteint 42 %, contre 39 % en 2021. Par ailleurs, elles bénéficient désormais de 42,5 % de l’enveloppe d’aides personnalisées destinées aux athlètes.

Médiatisation croissante, initiatives vers plus d’égalités financières hommes femmes, plans et mesures pour soutenir les athlètes dans leur vie de femme … un bel avenir se dessine petit à petit pour le sport féminin !

Sources
– Cinq choses à savoir sur les femmes et le sport. www.onufemmes.fr. Consulté le 6 mars 2026.
– Le sport féminin gagne du terrain. www.sports.gouv.fr. Consulté le 6 mars 2026.
Sources

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Julie P.
Journaliste scientifique
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