Pas d’inquiétude à avoir sur la fin de grossesse en période de Covid-19

Mar 26, 2020 par

À l’heure actuelle, il existe encore peu de données scientifiques sur le coronavirus et son impact sur la grossesse et son risque de transmission intra utérine. Les femmes enceintes sont, au troisième trimestre particulièrement, tout de même considérées comme personne à risque et doivent appliquer avec soin les gestes barrières. Fait rassurant par ailleurs : le coronavirus actuel semble moins dangereux pour les femmes enceintes que le précédent virus du SRAS. Les dernières études sont encourageantes : il n’a été décrit aucune forme sévère de la maladie, et aucun décès chez les mères et leurs enfants. Les femmes enceintes devront aller à leurs rendez-vous de suivi en général seule et des mesures sont en train d’être prises au moment de l’accouchement. Santé sur le net fait le point.

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Des données rassurantes sur la grossesse

Jessica Madden, pédiatre interrogée par le HuffPost américain rappelle qu’ “Une petite étude réalisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ayant comparé les femmes enceintes touchées par le coronavirus avec d’autres individus contaminés, a montré qu’elles n’étaient, en général, pas plus malades”. Pour le Dr Philippe Deruelle, “Contrairement à la grippe et à d’autres infections respiratoires, qui sont responsables de formes plus sévères chez les femmes enceintes, le coronavirus donne lieu à des signes cliniques identiques à ceux rapportés par des patientes adultes non enceintes”. En Chine, chez les 10 femmes enceintes recensées ayant contracté le virus au troisième trimestre, aucune transmission à l’enfant n’a été constatée et une étude chinoise publiée dans la revue The Lancet semble le confirmer. En cas de suspicion de la maladie, avec présence de symptômes évocateurs tels que la toux ou la fièvre, il est recommandé aux femmes enceintes d’appeler un médecin, la fièvre pouvant être responsable d’accouchements prématurés, et en cas de symptômes évocateurs sévères d’une infection (difficulté respiratoire ou forte fièvre) de joindre le SAMU.

Des mesures prises au moment de l’accouchement

Le 9 mars dernier, le Conseil national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a publié des recommandations pour la prise en charge des femmes enceintes. Ainsi l’accouchement par voie basse n’est pas contre-indiqué après un diagnostic de Covid-19 mais «l’isolement de la patiente en salle de travail et une protection très stricte des obstétriciens et sages-femmes est prévue, car le contexte d’une naissance est particulièrement contaminant”, comme l’explique le Pr Deruelle.

D’une manière générale, la séparation de la mère et de son enfant n’étant pas souhaitable, aucune mesure dans ce sens n’est prise, mais en cas d’infection suspectée ou confirmée au Covid-19, la maman devra porter un masque et se laver systématiquement les mains avant de toucher son bébé afin de limiter le risque de transmission. L’allaitement reste recommandé pour les femmes le souhaitant et aucun cas de transmission par le lait maternel n’a été déclaré à ce jour

Une inquiétude est reportée durant ce temps de confinement : l’autorisation ou non du papa à être présent au moment de l’accouchement. Et les règles dépendent de la structure d’accueil. En effet, il y a un risque qu’un père asymptomatique puisse contaminer du personnel de la maternité, c’est pourquoi la présence du père nécessite de nombreuses contraintes de sécurité, ce que ne peuvent pas se permettre des hôpitaux déjà trop fortement sollicités par ailleurs. Cependant, le CNGOF recommande des mesures strictes pour permettre aux parents d’assister ensemble à la naissance de leur enfant, avec notamment un confinement strict en salle d’accouchement.

Quant aux visites, les règles changent également selon les maternités. En général, seul le père est autorisé, qui doit porter un masque, et pas tous les jours.
À la sortie, il est recommandé, comme le rappelle la pédiatre Anita Juvvadi de “rester à distance des centres commerciaux et supermarchés… jusqu’à ce que le bébé ait au moins un mois et un meilleur système immunitaire”. L’infection chez le nourrisson, rare selon une étude chinoise, reste une forme modérée de la maladie.

De manière générale, les professionnels de santé œuvrent à rendre le suivi de la femme enceinte plus simple, avec par exemple, une demande du CNOSF, des associations et des syndicats professionnels, de prise en charge par l’assurance maladie des actes de télémédecine des sages-femmes ou encore la création de préparations à l’accouchement dématérialisées.

Juliette S., Rédactrice scientifique

– Avis sur la prise en charge du nouveau né par la SFN et le GPIP. INFECTIONS GROSSESSE. Consulté le 24 mars 2020.
– Les femmes enceintes et les bébés face au coronavirus, le guide. HUFFINGTONPOST. Consulté le 24 mars 2020.
– Coronavirus: les femmes enceintes doivent appliquer les mesures «barrière». LE FIGARO. Consulté le 24 mars 2020.

Juliette S.
Sage femme
Rédactrice spécialisée dans la santé de la femme en âge de procréer
Passionnée par les domaines du bien-être et de l'écologie
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