Greffes d’organes : plan 2022-2026 pour développer les greffes en France

Actualités Cardiologie Santé au quotidien (maux quotidiens) Urgences

Rédigé par Estelle B. et publié le 21 mars 2022

La crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 entraîne des conséquences directes et indirectes sur tout le système de santé et de soins depuis l’hiver 2020. Parmi ces conséquences, l’activité de prélèvement et de greffes d’organes a été fortement impactée.  En effet, le nombre de greffes d’organes en France a diminué d’un quart, rien que pour l’année 2020. Face à ce phénomène, le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Agence de biomédecine ont présenté le plan d’actions ministériel 2022-2026 pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus.

La Greffes d'organes en France

Greffes d’organes en France : un quatrième plan national

La greffe est la seule solution thérapeutique pour des milliers de patients en France. Par exemple, dans les cas terminaux d’insuffisance rénale, la greffe de rein est la solution thérapeutique de choix. Cependant, la pandémie de la Covid-19 a fortement perturbé l’activité de prélèvement et de greffe d’organe. Pour soutenir ce domaine capital, le gouvernement a développé un plan d’actions réunissant les contributions de tous les acteurs concernés :

  • Les partenaires institutionnels, en premier lieu l’agence de biomédecine, qui coordonne l’activité de prélèvement et de greffe au niveau national ;
  • Les sociétés savantes ;
  • Les associations de patients ;
  • Les professionnels de santé.

Ce plan, le quatrième en France, s’accompagne de mesures financières inédites. En effet, le budget a été réhaussé de 10 % par rapport au budget habituel pour l’activité de prélèvement et de greffe d’organes.

Cinq innovations pour l’horizon 2026

Ce nouveau plan s’articule autour de cinq mesures innovantes :

  • La professionnalisation de la coordination hospitalière de prélèvement par une mobilisation forte des infirmiers, un renforcement de leur formation, une augmentation des effectifs et un meilleur suivi des patients greffés ;
  • Face à la baisse du nombre de donneurs en état de mort encéphalique, le développement du recours au prélèvement multi-sources: poursuite des prélèvements sur donneur en état de mort encéphalique, mais aussi intensification des prélèvements sur donneur vivant et développement des prélèvements pédiatriques ;
  • Le renforcement de l’attractivité de la filière du prélèvement et de la greffe d’organes, avec notamment une révision des modalités de financement, une harmonisation des astreintes chirurgicales, une refonte des forfaits sur les prélèvements d’organes et une meilleure transparence sur l’utilisation des fonds alloués ;
  • Une évaluation de la qualité de la filière au travers d’indicateurs de suivi pertinents, afin de mobiliser les directions des soins et de valoriser les équipes de greffe ;
  • La mise en place d’un référent médical « prélèvement et greffe » régional pour mieux piloter l’activité en fonction des contraintes locales.

Un comité de pilotage pour suivre l’évolution du plan

En pratique, ce plan constitue une feuille de route pluriannuelle pour tous les acteurs de la filière du prélèvement et de la greffe d’organes en France, avec des actions déclinées dans neuf axes :

  • Mieux recenser et augmenter les prélèvements d’organes sur donneur décédé ;
  • Faciliter l’accès à la liste nationale d’attente et développer la filière greffe d’organes ;
  • Intensifier la greffe rénale à partir de rein prélevé sur donneur vivant ;
  • Développer le prélèvement et la greffe de tissus (cornée, os, peau, …) ;
  • Mieux suivre et coordonner les activités de prélèvement et de greffe ;
  • Améliorer la qualité des pratiques médicales et renforcer la sécurité des soins ;
  • Renforcer le financement de la filière greffe en France ;
  • Faciliter la formation des professionnels de santé et soutenir la recherche au niveau national, européen et international ;
  • Mieux informer et communiquer auprès du grand public.

Pour suivre l’évolution de ce quatrième plan greffe, un comité de pilotage se réunira régulièrement sous l’égide de l’Agence de biomédecine.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Le ministère des solidarités et de la santé et l’Agence de la biomédecine dévoilent un nouveau plan d’action ministériel ambitieux et innovant pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus pour la période 2022-2026. solidarites-sante.gouv.fr. Consulté le 17 mars 2022.
– Plan ministériel pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus 2022-2026. solidarites-sante.gouv.fr. Consulté le 17 mars 2022.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.