La grippe attaque !

Jan 4, 2018 par

Fièvre, frissons et courbatures sont de retour ! Avec 527 consultations en raison d’un syndrome grippal pour 100 000 habitants, l’épidémie hivernale de grippe s’est bel et bien installée dans l’Hexagone. Cette année, le virus A prédomine et touche une population plutôt jeune. Santé sur le net fait le point sur l’épidémie en cours.

Grippe saisonnière

La grippe en mode épidémie

Chaque semaine, Santé Publique France publie un bulletin épidémiologique de la grippe. En semaine 51 (18 au 24/12/2017), la France avait franchi le seuil épidémique. Le bulletin de la semaine 52 (25 au 31/12/2017) confirme et affine la situation. On apprend notamment dans ce bulletin que :

  • les syndromes grippaux ont été responsables de 11 462 passages aux urgences (dont 1 251 hospitalisations)  et 17 % des consultations SOS médecins, une forte augmentation par rapport à la semaine d’avant ;
  • 434 cas ont dû être admis en réanimation depuis le début de la surveillance (06/11/2017) ;

À savoir ! L’épidémiologie se définit comme l’étude de la distribution et des déterminants d’une maladie dans des populations humaines, dans le but d’améliorer la lutte contre cette maladie.

Depuis début novembre, on rapporte donc 434 cas graves de grippe. 77 % des malades présentaient des facteurs de risque (diabète, asthme, immunodépression, obésité, grossesse, nourrissons…), 56 % n’étaient pas vaccinés. On déplore 31 décès.

D’après Santé Publique France, l’impact de la grippe sur les personnes de plus de 65 ans semble plus limité cette année.

Face à cette situation révélée par le bulletin épidémiologique, les hôpitaux ont activé le niveau 2 du plan « épidémies hivernales ». Ce plan, qui prend aussi en compte les épidémies de gastro-entérites et de bronchiolites, permet de faire face à l’afflux de patients dans les structures hospitalières. Il comprend une série de mesures comme les sorties anticipées de malades lorsque cela est possible, la déprogrammation d’opérations non urgentes, l’ouverture de lits ou encore le regroupement des patients grippés.

Un vaccin plutôt bien ciblé… ou pas

Depuis le début de la surveillance, les prélèvements effectués sur les malades démontrent une nette prédominance du virus grippal de type A. Dans le détail, les Français doivent faire face à :

  • 77% virus de type A : 57% A(H1N1), 10% A(H3N2) et 10% non sous-typés ;
  • 23% virus de type B : 15% virus B/Yamagata, <1% virus B/Victoria et 8% sans lignage

À savoir ! On distingue 3 types de virus grippaux : A, B et C. Pour les virus de type A, on définit des sous-types H et N en fonction du type de 2 protéines de surface (une Hémagglutinine et une Neuraminidase, d’où les lettres H et N).

Cette année, le vaccin est bien ciblé contre les virus de type A, et notamment contre le H3N2 particulièrement dangereux pour les personnes âgées.

Par contre, en ce qui concerne le virus de type B, selon les recommandations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), nos vaccins renferment la souche Victoria, alors que c’est la souche Yamagata qui sévit… Un « mismatch » d’après les médecins ! On pourra tout de même compter sur une protection croisée entre ces 2 souches, ce qui devrait autoriser une protection vaccinale de 20 à 40 % contre le virus de type B.

En résumé, l’épidémie de grippe se révèle pour l’instant d’intensité moyenne avec un vaccin plutôt opérant. Voilà qui est rassurant.

En attendant la fin de l’hiver et de son cortège d’épidémies, Santé Publique France rappelle les gestes de prévention contre la transmission de ces maladies pas si bénignes : se laver les mains régulièrement, utiliser des mouchoirs en papier, porter un masque chirurgical lorsqu’on est grippé, éviter (si possible et surtout si l’on présente des facteurs de risque) les lieux très fréquentés et aérer son logement.

Isabelle V. Journaliste scientifique

– « Cette année, le vaccin anti-grippal est plutôt bien ciblé », selon le Pr Bruno Lina – legeneraliste – Nicolas Evrard – 02 janvier 2018.
– Grippe Bulletin hebdomadaire – Santé Publique France – 04/01/2017
Isabelle V.
Journaliste scientifique
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