Rhinite allergique et asthme

mai 2021 par

rhinite allergiqueLa rhinite allergique et l’asthme allergique appartiennent tous deux aux allergies respiratoires. Ces deux pathologies sont causées par une réaction immunitaire inadaptée de l’organisme. Elles sont très fréquentes en France puisqu’elles concernent respectivement jusqu’à 20% et 10% de la population.

Définition et symptômes d’une rhinite allergique ?

Qu’est-ce qu’une rhinite allergique ?

La rhinite allergique est une inflammation de la paroi nasale causée par une réaction immunitaire immédiate. Cette réaction est déclenchée par un allergène respiratoire comme le pollen, les graminées, les poils, les acariens, les poussières etc.

La rhinite allergique peut être saisonnière et provoquée par l’augmentation d’un allergène spécifique pendant une période donnée. L’exemple le plus connu est le rhume des foins qui est une allergie aux pollens des graminées. Les rhinites allergiques peuvent aussi être apériodique lorsque l’allergène est présent toute l’année : poils de chat, chiens, acariens, poussières…

L’association d’une rhinite allergique et conjonctivite est caractéristique d’une pollinose, autrement dit une allergie aux pollens, dont la plus fréquente est le rhume des foins.

Le rhume des foins est une allergie saisonnière liée au pollen des graminées. Cette allergie est concomitante à l’augmentation du pollen dans l’air. Les symptômes sont à la fois ceux d’une rhinite (écoulement nasal, démangeaisons nasales, buccales, essoufflement) et d’une conjonctivite allergique (démangeaisons oculaires, larmoiements). On estime que 10 à 20 % de la population française est affectée par ce type d’allergie.

Les rhinites allergiques sont des terrains favorables pour le développement d’un asthme, c’est pour cela qu’il convient de prendre en charge ses allergies. L’information aux patients doit être renforcée à cet égard.

Les symptômes de la rhinite allergique

Les symptômes de la rhinite allergique sont multiples.

La présence de deux des symptômes suivants est caractéristique d’une rhinite allergique :

  • Rhinorrhée (écoulement nasale) ;
  • Congestion nasale ;
  • Pression des sinus ;
  • Éternuements;
  • Larmoiements;
  • Démangeaisons nasales, buccale, oculaire ;
  • conjonctivite;
  • Perturbation du sommeil.

Diagnostic et traitement de la rhinite allergique

Quel diagnostic ?

Après un interrogatoire du patient, le médecin pourra préconiser un test cutané type prick test ou patch test pour identifier les allergènes responsables.

Le traitement sera ajusté à la sévérité des symptômes. Son double objectif de soulager les symptômes du patient et d’améliorer sa qualité de vie.

Quel traitement ?

Éviction de l’allergène

Lorsque cela est possible, il convient d’éviter l’allergène responsable de la réaction immunologique (poils de chat, chien). Cette mesure n’est pas toujours réalisable, en particulier lorsque l’allergène n’est pas saisonnier (acariens) ou difficile à éviter (pollens).

Traitements médicamenteux

Le traitement de première ligne pour les rhinites allergiques légères est la prise d’antihistaminiques H1, il vise à traiter les symptômes des allergies. Les antihistaminiques se fixent sur les récepteurs de l’histamine, l’empêchant ainsi de s’y fixer.

Les corticoïdes sont recommandés en traitement de deuxième ligne pour les rhinites allergiques légères, et en première intention pour les allergies respiratoires modérées à sévères. Les corticoïdes sont des anti-inflammatoires, qui ont pour action d’atténuer la composante inflammatoire de la réaction allergique. Il ne faut pas stopper brutalement le traitement corticoïde, mais diminuer la prise de manière progressive.

Les antihistaminiques et les corticoïdes sont des traitements symptomatiques, mais ne permettent de supprimer l’allergie.

Pour certains allergènes, le médecin pourra proposer une désensibilisation visant à réapprendre au système immunitaire à ne pas réagir face à certains allergènes. Cette immunothérapie repose sur l’exposition du système immunitaire à une dose croissante d’allergène. En pratique, le patient doit prendre des gouttes ou des comprimés tous les jours sur une période donnée, pour le rhume des foins, cela peut être quelques semaines avant le début de la saison des pollens. Cette thérapie n’est pas efficace pour tous les patients, et son seuil de protection est de trois à cinq ans.

Quelques mesures préventives peuvent être mises en place en complément :

  1. Suivre le calendrier des pollens disponibles ici
  2. Éviter, quand cela est possible, de s’exposer à l’allergène : la quantité de pollens présente dans l’air dépend de la saison et de la région.
  3. Protéger ses yeux en portant des lunettes de soleil
  4. Aérer les chambres tous les jours, en soirée (attention au vent qui draine les pollens)

Le réseau national de surveillance aérobiologique met à disposition des infographies pour reconnaître les différents types d’arbres :

Reconnaître les différents types d’arbres

Définition et symptômes de L’asthme allergique

Qu’est-ce qu’un asthme allergique ?

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique provoquée par une réaction d’hypersensibilité des bronches à certains allergènes ou facteurs irritants.

Cette pathologie fait partie des hypersensibilités allergiques immédiates. Plus de 4 millions de français sont concernés, et plus de 60 000 hospitalisations sont comptabilisées chaque année.

L’asthme diminue la qualité de vie des patients s’il n’est pas bien maîtrisé, il est donc important de consulter si vous en présentez les symptômes. Il peut apparaître à tout âge. Plusieurs facteurs de risques sont prédisposants au développement de l’asthme :

  1. Être fumeur
  2. Prédisposition génétique familiale
  3. Allergie pré existante
  4. Bronchiolites à répétition pendant l’enfance.

Il est indispensable d’identifier la ou les causes déclenchant des crises afin de mettre en place une action préventive.
Les facteurs déclenchants sont des allergènes saisonniers (pollens), des allergènes respiratoires (poils, acariens, poussières, moisissure), des facteurs irritants (tabagisme, pollution de l’air, humidité excessive, peinture) et le stress.

Quels symptômes ?

La crise se caractérise par la présence des symptômes suivants :

  • Gêne respiratoire (dyspnée aiguë) ;
  • Toux sèche ;
  • Respiration sifflante.

Chez les personnes non-asthmatiques, l’air circule facilement de la cavité buccale / nasale vers la trachée, puis dans les bronches, les bronchioles et enfin dans les alvéoles pulmonaires pour assurer les échanges gazeux avec les hématies.

Chez les asthmatiques, les bronches sont enflammées, irritées à cause du contact avec l’allergène, en réponse le tissu bronchique secrète du mucus de manière anormale réduisant le passage de l’air dans les alvéoles pulmonaires.

En cas de crise, les muscles lisses qui entourent le tissu bronchique se contractent, diminuant davantage le passage de l’air dans les alvéoles pulmonaires ce qui provoque une dyspnée. Chez les adultes, on assistera à une diminution de la fréquence respiratoire, chez les enfants, il y a une augmentation de la fréquence respiratoire (polypnée).

Sans traitement approprié, la crise d’asthme pourrait durer plusieurs heures. La fréquence des crises et leur sévérité varient d’un patient à l’autre. Bien que les crises d’asthme apparaissent plus fréquemment en début d’après-midi ou durant la nuit, elles peuvent survenir à tous moments.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Le diagnostic sera posé après un interrogatoire clinique du patient sur la fréquence des gênes respiratoires, la sévérité des crises, les antécédents familiaux et l’exploration fonctionnelle des symptômes : respiration sifflante, encombrement bronchique.

Afin de confirmer le diagnostic, le médecin proposera des tests respiratoires pour évaluer l’atteinte bronchique, et des tests cutanés (prick test, patch test ou test intradermique) pour identifier les allergènes responsables de l’asthme.

Quel Traitement ?

Le traitement repose sur une série de mesures qui permettront :

    • Une amélioration de la qualité de vie des patients ;
  • Une prise en charge sur le long terme de leurs symptômes ;
  • Une diminution de la fréquence des crises.

Éviction de l’allergène.

Une absence de contact avec l’allergène reste le traitement préventif le plus efficace.

Allergènes intérieurs :

  1. Lavez régulièrement le linge de maison, les peluches des enfants
  2. Aérez les chambres (de préférence le soir et en absence de vent)
  3. Utilisez un déshumidificateur pour les pièces humides, elles sont propice au développement de moisissure et d’acariens
  4. Équipez matelas, coussins de housse anti-acariens
  5. Nettoyez régulièrement les sols, bouches d’aération, les rideaux
  6. Retirez les tapis, peluches
  7. Limitez les contacts avec les chats, chiens

Allergènes extérieurs :

  1. Limitez le contact avec des facteurs irritants : lors des pics de pollution, faites l’impasse sur les balades. Stockez les produits irritants à l’extérieur (peinture, produit de nettoyage)
  2. En période de pollinisation : privilégiez les promenades après la pluie, lorsque la quantité de pollens est plus basse. Lavez vos cheveux et vos habits après la promenade.
  3. Restez informes sur les calendriers polliniques et prévoyez vos activités extérieures en fonction.
  4. Ne vous exposez pas à la fumée de cigarette

Les traitements médicamenteux.

bronchodilatateursIls visent d’une part à prévenir/diminuer la survenue des crises pour le traitement de fond, et d’autre part à soulager de manière immédiate les symptômes de la crise asthmatique.

Le traitement de fond se compose de corticoïdes pris sous forme d’inhalateur et d’antagonistes des leucotriènes. L’objectif est de diminuer l’inflammation bronchique et la sensibilité allergique.

Les bronchodilatateurs agissent rapidement pour relâcher les muscles lisses qui entourent le tissu bronchique. Leur utilisation est recommandée pour interrompre la crise asthmatique, ou avant un exercice physique. Le médecin traitant du patient, ou le pharmacien, doivent expliquer et montrer au patient comment bien utiliser son inhalateur.

Un asthme bien contrôlé ne devrait pas nécessiter une utilisation fréquente des bronchodilatateurs, si cela est le cas, le traitement de fond doit être révisé.

Charline D., Docteur en pharmacie, publié le 18 mai 2015. Mis à jour le 3 mai 2021.

Sources
– Réseau national de surveillance aérobiologique. pollens.fr. Consulté le 19 avril 2021.