Guerres : quels impacts sur la santé mentale ?
Dès la fin du 19eme siècle, et plus largement après la Grande guerre de 14-18, les services médicaux des armées s’intéressent aux blessures psychiques liées aux conflits. Ces maux invisibles infligés par la violence et la guerre touchent les combattants, les humanitaires et civils sur le terrain. Mais aussi, dans une moindre mesure, les individus hors de la zone de guerre, qui sont inondés quotidiennement, à la télévision ou sur les réseaux sociaux, par des images violentes du conflit.

Sur le terrain de la guerre, quelles blessures psychologiques ?
Confrontés à l’éloignement familial, à la prise de risque et bien sûr, à la blessure et à la mort, les militaires, mais aussi les personnels humanitaires, sont exposés à un risque accru de survenue d’un trouble psychique.
Il peut s’agir d’anxiété, de crise de panique, de dépression et de stress post traumatique ou d’état de stress post traumatique.
Face au stress, des techniques développées par les armées peuvent aider comme des méthodes de gestion du stress basée sur la respiration, la relaxation et l’imagerie mentale. Aussi, les services de santé des armées développent de nombreux programmes et initiatives pour protéger leurs forces sur le terrain du danger des substances psychoactives comme l’alcool, le cannabis ou encore la cocaïne.
Le stress traumatique est constitué par un événement violent et imprévu, qui agresse ou menace brutalement l’intégrité physique et psychique de la personne ou de l’un de ses proches immédiats. Ces traumatismes peuvent se matérialiser à la suite d’une multitude d’évènements : bombardements de bâtiments, routes minées, véhicules pris pour cibles, attaques à main armée, violences physiques ou sexuelles et aussi, annonce de mauvaises nouvelles aux familles de personnes disparues.
Si les manifestations du stress traumatique immédiat persistent plus d’un mois, elles peuvent conduire à l’état de stress post-traumatique. Dans ce cas de figure, la personne a tendance à revivre le traumatisme, sous forme de souvenirs, de cauchemars, d’épisodes de flash-back, ou de réactions émotionnelles intenses à chaque exposition à un événement ou à une sensation rappelant le traumatisme. Autres symptômes observés : des accès de colère et des troubles du sommeil.
Même si certains médicaments sont indiqués pour le trouble de stress post-traumatique, comme les antidépresseurs, les recommandations internationales recommandent en première intention des psychothérapies standardisées centrées sur le traumatisme. Il s’agit de la Thérapie Cognitivo-Comportementales (TCC) et de l’EMDR (Eye movement desensitization and reprocessing) ou « Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». Cette méthode consiste à soigner les traumatismes et les événements douloureux par des mouvements oculaires.
Quelles répercussions sur la psyché pour les civils ?
Qu’en est-il des blessures invisibles des populations dévastées par la guerre ? Ces civils déplacés, réfugiés et aussi souvent blessés et endeuillés, souffrent du stress pathologique et de ses conséquences.
En situation de guerre, de multiples agressions quotidiennes s’additionnent : conditions de vie matérielle dégradées (promiscuité, manque d’hygiène et de confort, froid ou chaleur extrême et alimentation peu diversifiée), instabilité politique, immobilité et confinement, tâches pénibles à accomplir tous les jours et écoute, en permanence, du récit et de la souffrance des victimes.
Toutes les personnes touchées par une crise humanitaire souffrent de détresses psychologiques et 20% d’entre eux devront vivre avec un trouble sur le long terme comme une dépression, encore des troubles bipolaires.
Les enfants des familles déplacées ou réfugiées souffrent quant à eux d’insomnie, de cauchemars, de fatigue et de maux de tête. En période de conflit, il est souvent difficile de leur faire partager des activités ludiques, car ils manifestent souvent leur mal-être par de l’hyperactivité et des problèmes d’attention.
Sans réponse humanitaire à la hauteur des besoins, toute une génération de personnes affectées par les conflits souffrira de traumatismes psychiques. Dans les sociétés marquées par des violences armées, les associations humanitaires observent souvent une détresse qui se traduit, entre autres, par une augmentation des comportements agressifs ou à risque (consommation d’alcool, de drogue, etc.) et des violences physiques et sexuelles.
L’impact de la consommation d’images violentes
Les facteurs de stress sont toujours des facteurs de risque d’altération de la santé mentale.
Les populations les plus vulnérables face aux images violentes sont les enfants et adolescents, les personnes ayant vécu des troubles psychologiques (stress post traumatique, dépression, anxiété)
L’exposition répétée aux contenus médiatiques violents, surtout à ceux à fortes sensations, peut affecter le sommeil et augmenter l’anxiété. On peut assister aussi au développement de l’hypervigilance, un état psychologique caractérisé par un sentiment de danger imminent et par une irritabilité accrue.
Les mécanismes en jeu sont complexes et lors du visionnage d’image de conflits, le spectateur peut ressentir une résonance émotionnelle avec les victimes et voir son système nerveux stimulé de manière excessive, et ceci avec ou sans déclenchement de peur et de fuite.
Cauchemars et insomnies sont les conséquences les plus fréquentes : les images peuvent refaire surface sous forme de flashbacks pendant la nuit, perturbant le repos.
– Militaires, équilibre psychique et santé mentale. UNEO. www.groupe-uneo.fr. Consulté le 11 mars 2026.
– Guerre psychologique : quel est impact des images violentes sur la santé mentale ? France 24. www.france24.com. Consulté le 11 mars 2026.
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