Infections à Hantavirus : Que sait-on exactement ?
Depuis le 2 mai dernier et le signalement d’un foyer d’infection à hantavirus à bord d’un navire de croisière à destination du Cap-Vert, l’inquiétude d’une potentielle crise sanitaire sévit à travers le monde. Avec en toile de fond, les souvenirs marquants de la pandémie de Covid-19. Que sait-on exactement des hantavirus ? Est-ce que ce sont de nouveaux virus ? Y a-t-il matière à s’inquiéter ? On fait le point.

Hantavirus : qu’est-ce que c’est ?
L’appellation « hantavirus » désigne une grande famille de virus (Bunyaviridae) que l’on retrouve sur tous les continents. Ce nom est inspiré de celui d’une rivière coréenne : la rivière Hantaan. C’est en effet à l’occasion d’une épidémie survenue pendant la guerre de Corée, dans les années 50, que ces virus ont été décrits pour la première fois. Des milliers de soldats avaient alors développé des symptômes de type syndrome grippal voire pour certains, des hémorragies. Ces virus ne sont donc pas nouveaux.
Les hantavirus circulent principalement chez certaines espèces de rongeurs sauvages. En France métropolitaine, il s’agit surtout des campagnols, qui vivent qui dans les forêts, les granges, greniers et cabanes abandonnées. En général, chaque hantavirus est associé à une espèce animale précise et les hôtes naturels infectés sont des porteurs sains.
Ces virus peuvent toutefois être transmis à l’Homme aux cours d’activités en forêt par inhalation de poussières contaminées par les urines et excréments des animaux infectés.
Bien que rares, les infections provoquées peuvent être de gravité variable et parfois mortelles pour l’être humain :
- Fièvre hémorragique avec syndrome rénal : surtout observée en Europe et en Asie, avec une mortalité relativement faible (de 0,4 et 10 %).
- Syndrome cardio-pulmonaire : plus grave, surtout observé sur le continent américain, avec une mortalité plus élevée (de 30 à 60 %).
Une transmission interhumaine possible avec la souche Andes
Quatre espèces d’hantavirus zoonotiques circulent sur le continent européen parmi lesquelles le virus Puumala (PUUV), le virus Séoul (SEOV), le virus Dobrava-Belgrade (DOBV) et le virus Tula (TUV). En France, trois de ces virus ont été détectés et c’est principalement le virus Puumala, identifié pour la première fois dans les années 1980, qui est responsable de fièvre hémorragique à syndrome rénal.
Sur le continent américain, notamment dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’autres espèces d’hantaviruscirculent chez l’homme. C’est le cas de l’hantavirus Andes qui a été découvert pour la première fois en Argentine en 1995. Il faut savoir que cette souche est particulièrement surveillée car, contrairement aux autres hantavirus connus, elle est la seule à faire l’objet d’une transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés. S’ensuit un syndrome cardio-pulmonaire sévère, une forme grave et parfois mortelle de l’infection avec défaillance respiratoire et cardiaque.
Un récent foyer de contamination d’hantavirus Andes fait l’actualité
Ces derniers temps, les hantavirus ont nourri l’actualité. Un foyer de contamination d’hantavirus Andes a en effet été signalé le 2 mai dernier sur le navire de croisière MV HONDIUS dans l’Atlantique sud. Au total, 150 passagers de 23 nationalités différentes se trouvaient à son bord.
Les symptômes sont apparus chez plusieurs passagers entre le 6 et le 28 avril derniers. Il a ainsi été observé de la fièvre, des symptômes gastro-intestinaux, une progression rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc.
Sur les cinq ressortissants français présents à bord et rapatriés, une seule personne a été testée positive et prise en charge au sein d’un établissement spécialisé. Elle se trouve actuellement dans un état grave. Les quatre autres ressortissants français, asymptomatiques, ont été testés négatifs et placés en isolement en milieu hospitalier. Par ailleurs, 22 personnes contacts ont s été identifiées et isolées en milieu hospitalier. Elles ont toutes été testées négatives.
Á ce jour le virus ne circule pas sur notre territoire, ce qui explique qu’aucune mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique n’ait été recommandée pour la population générale.
– Virus Andes à bord du navire MV Hondius : ce que l’on sait sur cet hantavirus rare et potentiellement mortel. Institut Pasteur. . www.pasteur.fr. Consulté le 17 mai 2026.
– Symptômes, modes de contamination, espoirs pour la recherche… Neuf questions sur l’hantavirus. Inserm. presse.inserm.fr. Consulté le 17 mai 2026.
– Hantavirus. Santé publique France. invs.santepubliquefrance.fr. Consulté le 17 mai 2026.
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