La rétine directement visée par la lumière bleue des écrans !

Sep 21, 2018 par

Selon les dernières estimations, les Français passent en moyenne 6 heures par jour devant un écran. La nocivité de la lumière bleue des écrans sur la rétine est largement médiatisée. Mais les mécanismes précis de ces effets néfastes restaient méconnus, jusqu’à de récents travaux publiés dans la célèbre revue scientifique Scientific Reports.

La rétine de la fillette face à la lumière bleue

Les dangers de la lumière bleue des écrans sur la rétine

Dans la rétine se trouve en grande quantité un photorécepteur, le rétinal, qui interagit avec les cellules visuelles. En conditions normales, ce photorécepteur est continuellement régénéré au niveau des cellules visuelles. Si des dysfonctionnements interviennent dans ce processus de régénération, des dérivés du rétinal s’accumulent dans les cellules et deviennent toxiques. Ces mécanismes sont impliqués dans plusieurs maladies de l’œil, comme :

  • La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA);
  • La maladie de Stargardt (maladie de l’œil associée à une altération progressive de la rétine ou de la macula) ;
  • La rétinite pigmentaire ;
  • La cécité nocturne.

Parmi les causes de dysfonctionnement connues, se retrouve la lumière bleue produite par les écrans. Reconnue comme toxique pour la rétine, cette lumière particulière, très énergétique, peut altérer à terme les capacités visuelles. Jusque-là, les mécanismes liés à la toxicité de la lumière bleue sur la rétine n’étaient pas clairement décrits. Des chercheurs viennent de se pencher sur ces mécanismes dans une étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique Scientific Reports.

À savoir ! La lumière bleue correspond à la partie du spectre lumineux, dont les longueurs d’onde sont comprises entre 380 et 500 nm. Egalement appelée lumière visible de haute énergie, la lumière bleue est la plus forte lumière énergétique atteignant la rétine.

Rétinal et lumière bleue, un cocktail dangereux

Dans cette étude, les chercheurs ont découvert que l’exposition du rétinal à la lumière bleue provoquait au niveau des cellules une chaîne de réactions chimiques conduisant à la production de substances non dégradables, les lipofuscines. Ces lipofuscines s’accumulent dans les cellules visuelles et provoquent une autodestruction progressive de la rétine. Ce mécanisme s’avère irréversible, puisqu’une cellule visuelle détruite ne peut pas se régénérer. La lumière bleue est la seule lumière capable de produire de tels dommages au niveau de la rétine.

Mais les cellules visuelles ne seraient pas les seules cibles de la lumière bleue. En effet, le rétinal est présent en petite quantité dans la circulation sanguine et diffuse ainsi à travers tout l’organisme. En exposant différents types de cellules au rétinal et à la lumière bleue, les chercheurs ont observé que l’effet toxique de la lumière bleue ne se limitait aux seules cellules visuelles, mais pouvaient toucher toutes les cellules de l’organisme. La toxicité de la lumière bleue est cependant conditionnée à la présence simultanée du rétinal.

Se protéger de la lumière bleue

Par ailleurs, les chercheurs ont pu observer que la vitamine E (alpha-tocophérol), doté de puissantes propriétés antioxydantes, était dans certaines conditions, capable de stopper la destruction des cellules touchées par la lumière bleue. Une piste à explorer pour ralentir les maladies de l’œil liées aux effets nocifs de la lumière bleue sur la rétine, comme la DMLA.

Les résultats de cette étude apportent un nouvel éclairage sur la toxicité de la lumière bleue, non seulement sur la rétine, mais aussi sur d’autres types de cellules de l’organisme. Ils constituent autant d’arguments en faveur d’une protection accrue contre les effets de la lumière bleue.

Même s’il est parfois difficile de réduire le temps passé devant les écrans, notamment pour tous ceux qui travaillent devant tous les jours, il existe des moyens pour limiter l’exposition à la lumière bleue, tels que :

  • Dès que possible une réduction du temps passé devant les écrans ;
  • L’ajout d’un filtre anti-lumière bleue sur les écrans ;
  • L’utilisation de lunettes de vue munies d’un filtre anti-lumière bleue ;
  • L’utilisation de logiciels qui réduisent l’émission de lumière bleue.

Les industriels pourraient également réfléchir à limiter l’émission de lumière bleue à partir des écrans, qui envahissent de plus en plus notre quotidien.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Blue light excited retinal intercepts cellular signalling. Ratnayake, Kasun and al. 2018. Scientific Reports 8: 10207.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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