Cancer de la gorge


Rédigé par Charline D. et publié le 20 mai 2020

Femme qui a mal à la gorge et qui se tient la gorge.

Un cancer de la gorge est un terme général permettant de désigner toute tumeur cancéreuse présente au niveau de la gorge, scientifiquement le larynx et le pharynx. Avec près de 17 000 nouveaux cas par an en France, majoritairement des hommes, ce cancer est considéré comme fréquent. Dans la plupart des cas, le tabac et l’alcool sont en cause. Tout signe anormal comme une toux, un enrouement ou des douleurs durant plus de 3 semaines doivent amener à consulter. En cas de suspicion de cancer, le diagnostic repose sur une endoscopie associée à des biopsies si nécessaire. Le traitement peut être chirurgical et/ou radiothérapique.

Définition et symptômes

Rappels anatomiques

La gorge est composée de 2 zones distinctes : le pharynx et le larynx.

Schèma avec rappel anatomique de la gorge.Le pharynx est un conduit permettant de relier la bouche et le nez à l’œsophage et au larynx situé juste en dessous. Ainsi, il permet le passage des aliments de la bouche vers l’œsophage, et de l’air vers le larynx (puis la trachée et les poumons). Les amygdales, aussi nommées amygdales palatines, se trouvent à l’entrée du pharynx, de part et d’autre de la luette. Ces deux organes en forme d’amande exercent un rôle dans la défense de l’organisme face aux germes qui entrent par la bouche ou le nez.

Le larynx relie le pharynx à la trachée au niveau des cordes vocales. A l’entrée du larynx, on trouve l’épiglotte qui permet de protéger le larynx en basculant en arrière lors de la déglutition. Elle permet ainsi d’empêcher les aliments de passer dans le larynx et la trachée.

Qu’est-ce qu’un cancer de la gorge ?

Un cancer de la gorge est une tumeur maligne présente au niveau du larynx, des cordes vocales, du pharynx ou de la trachée. On parle également de cancer de l’oropharynx, il appartient à la famille des cancers de la tête et du cou. Près de 17 000 individus sont concernés chaque année en France.

Il s’agit dans la majorité des cas d’un carcinome épidermoïde qui affecte plus volontiers les hommes, notamment après 50 ans. En effet, les trois quarts des cancers de la gorge surviennent chez les hommes. De plus, comme la plupart des tumeurs, son incidence augmente avec l’âge.

Ce type de cancer est fréquent, ce qui n’a rien d’étonnant lorsque l’on considère que son principal facteur de risque est le tabac.

La consommation d’alcool augmente elle aussi la probabilité de développer un cancer de la gorge. L’augmentation du risque est proportionnelle à la quantité d’alcool ingérée. L’association alcool-tabac causerait deux à trois fois plus de cancers que l’un ou l’autre séparément. Le risque de cancer de la gorge est multiplié par 30.

L’infection par le HPV (ou papillomavirus) est responsable de verrues génitales. Or, il peut infecter la bouche lors de rapports sexuels buccaux. Certaines souches de ce virus prédisposent au cancer de la gorge. On estime qu’une telle infection multiplie par 16 le risque de développer le cancer. Finalement, le HPV est à l’origine de 60% des cancers de la gorge.

Quels symptômes pour le cancer de la gorge ?

Homme qui tousse dans son poing, isolé sur fond gris.Les symptômes d’un cancer de la gorge varient selon leur localisation.

Ils provoquent généralement des douleurs dans la gorge qui sont amplifiées avec la déglutition. Le patient éprouve des difficultés à parler, et peut avoir des douleurs dans l’oreille. Dans la plupart des cas, l’alimentation est difficile, et les patients perdent rapidement du poids.

A noter ! La présence d’une grosseur dans le cou est le premier signe d’un cancer de la gorge.

Certains signes précurseurs peuvent amener à consulter : enrouement chronique, toux avec ou sans crachats de sang, besoin de racler la gorge, troubles respiratoires ou de la déglutition, douleur irradiant à l’oreille.

La survie des patients atteints d’un cancer de la gorge dépend de plusieurs paramètres : le site initial de la tumeur, son étendue et sa cause. En moyenne, 60% des patients survivent au moins 5 ans après l’annonce du diagnostic. Lorsque l’origine est le papillomavirus, les taux sont supérieurs à 70%. Ils sont, en revanche, inférieurs à 50% si la cause est différente.

 

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic du cancer de la gorge ?

Examen médical pour détecter un cancer de la gorge.Le diagnostic d’un cancer de la gorge repose sur la réalisation d’une endoscopie suivie d’une biopsie.

Une endoscopie est un examen médical permettant de visualiser l’intérieur d’un organe, ici la gorge, grâce à l’introduction par la bouche, d’un câble équipé d’une caméra et d’une lampe. L’examen est réalisé à jeun et sous anesthésie locale ou générale à l’aide d’un endoscope (tube souple muni d’une caméra et d’une lampe). Un spray ou gel anesthésiant permet d’anesthésier le fond de la gorge afin d’éviter les vomissements à l’introduction de l’endoscope. Les complications (essentiellement blessures) d’une telle intervention sont rares.

Parfois, cet instrument est utilisé pour réaliser un prélèvement, lorsqu’une lésion est jugée suspecte. On parle alors de biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu pour l’examiner au microscope).

Les risques d’une biopsie sont principalement de type cicatriciel (capacité de cicatrisation très variable d’un individu à l’autre), ou liés au geste chirurgical (hémorragie, infection, etc.) ou à l’anesthésie.

Lorsque les résultats de la biopsie révèlent un cancer, des tests d’imagerie (IRM, TDM) sont alors réalisés pour déterminer l’étendue de la tumeur.

Quel traitement du cancer de la gorge ?

La prise en charge d’un cancer de la gorge repose sur deux méthodes : la chirurgie et la radiothérapie. Le traitement est choisi selon la taille et la localisation de la tumeur.

Lorsque le cancer est détecté précocement, il est souvent possible de retirer la tumeur chirurgicalement tout en conservant les fonctions physiologiques. De récentes techniques permettent aux médecins d’opérer par la bouche plutôt que par une incision au niveau du cou. Certaines méthodes emploient un endoscope pour guider une chirurgie au laser. D’autres ont recours à un robot chirurgical contrôlé par le chirurgien.

La radiothérapie, associée ou non à la chimiothérapie, peut être utilisée en première intention ou après une intervention chirurgicale. De façon générale, la radiothérapie seule est plutôt utilisée pour les cancers à un stade précoce, et l’association radiothérapie-chimiothérapie pour les stades plus avancés.

La source de rayonnement est localisée à distance du patient. On parle de radiothérapie externe. L’appareil ressemble à celui d’une radiographie en un peu plus volumineux. La séance de radiothérapie est de courte durée, c’est-à-dire quelques minutes, et n’est pas douloureuse. Une hospitalisation n’est pas nécessaire et la séance peut être effectuée en ambulatoire.

A noter ! La radiothérapie entraîne de nombreux effets indésirables : sécheresse buccale due à la destruction des glandes salivaires, troubles dentaires, ostéoradionécrose (perte de l’os et des tissus mous environnants la zone traitée). Ainsi, avant tout traitement, les troubles dentaires préexistants doivent être résolus et toute dent dégradée est retirée.

Prévention

Pour prévenir un cancer de la gorge, ou du moins diminuer sa probabilité de survenue, certaines mesures peuvent être appliquées :

  • L’arrêt du tabac ;
  • La diminution de la consommation d’alcool ;
  • La vaccination contre HPV.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Cancer de la bouche et de la gorge. LE MANUEL MSD. Consulté le 3 mai 2020.
– Le cancer du larynx. LIGUE CONTRE LE CANCER. Consulté le 3 mai 2020.