Un des motifs les plus fréquents de consultation chez le généraliste, la toux est un réflexe physiologique naturel défendant les voies aériennes supérieures et inférieures de toute agression. Il en existe de différents types classifiés selon la durée, le moment d’apparition et la forme prise. Entre 8 et 10% de la population adulte serait concernée mais ce sont surtout les enfants, vers l’âge de 6 ans qui toussent.

Toux

Tousser : un réflexe naturel de défense

C’est un phénomène se déclenchant suite à l’activation de récepteurs sensitifs présents au niveau du larynx et de l’arbre trachéo-bronchique. Lorsque ces récepteurs sont activés, ils se chargent de transmettre les informations au système nerveux central. En réponse, ce dernier indique aux muscles impliqués dans la respiration de se contracter afin d’évacuer les agents irritants présents au niveau des voies aériennes.

Cette libération des agents pathogènes est à l’origine de ce que l’on appelle la toux.

Selon la durée d’émission et la forme que prend une toux, il existe plusieurs classifications :

  1. Aigüe : moins de 3 semaines ;
  2. Chronique : plus de 3 semaines ;
  3. Sèche : lorsque la toux est irritative et sans crachat ;
  4. Grasse (ou productive) : lorsque la toux est accompagnée de crachats translucides, jaunâtre, voire verdâtre ;
  5. Toux diurne ou nocturne ;
  6. Déclenchée lors d’un effort physique ou au repos ;
  7. Associée à d’autres symptômes.

Un symptôme figurant dans plusieurs pathologies

L’action de tousser est un des symptômes révélateur d’une infection virale ou bien bactérienne des voies respiratoires parmi lesquelles figurent :

  1. La rhinopharyngite ;
  2. La laryngite ;
  3. La bronchiolite ;
  4. La bronchiolite aigüe ;
  5. La sinusite ;
  6. La pneumonie ;
  7. La coqueluche.

Bien que ça soit un symptôme banal dans la plupart des cas, la toux peut être aussi le signe d’une maladie grave telle que la bronchopneumopathie chronique obstructive, un cancer des bronches ou une insuffisance ventriculaire gauche.

Diagnostic

Le diagnostic d’une toux aigüe débute lors d’une consultation auprès d’un médecin généraliste qui va poser au patient des questions relatives à :

  1. La durée et la nature de la toux ;
  2. Un tabagisme ;
  3. Des maladies ;
  4. L’environnement dans lequel vit le patient ;
  5. Les médicaments pris par le patient ;
  6. La présence d’allergies.

Il s’ensuit un examen clinique où le médecin va procéder à une palpation des ganglions et ausculter le patient . Dans la majorité des cas, cet examen va permettre d’identifier l’origine de la toux, qu’elle soit infectieuse, allergique, liée à un reflux gastro-œsophagien ou à des médicaments, etc.

Peu d’examens complémentaires sont prescrits pour soigner la toux.

C’est surtout en cas de toux dite chronique, qu’une radiographie thoracique est recommandée d’effectuer ainsi qu’un bilan en complément de cet examen clinique.

Traitement

Chez l’enfant de moins de 2 ans

Chez ces sujets très jeunes, le médecin traitant ne prescrit aucun médicament contre ce type d’affection, ni pour améliorer les sécrétions bronchiques. Par contre, il est possible qu’il leur propose des séances de kinésithérapie respiratoire lorsqu’ils sont confrontés à une bronchiolite.

Chez l’enfant de plus de 2 ans et chez l’adulte

En cas de toux sèche, le traitement médicamenteux repose surtout sur des sirops antitussifs dont certains contiennent de la codéine, une substance pouvant entraîner une dépression respiratoire. C’est pourquoi, la codéine est contre-indiquée chez certains types de sujets tels que :

  1. Les enfants de moins de 12 ans ;
  2. Les mères qui allaitent ;
  3. Les personnes dont le métabolisme a la capacité de transformer rapidement la codéine en morphine ;

Par ailleurs, en raison des risques qu’elle induit, la codéine est non recommandée chez les enfants entre 12 et 18 ans présentant des troubles respiratoires.

Des sirops antitussifs anti-histaminiques sont aussi proposés aux patients atteints d’une toux sèche et irritante mais sont contre-indiqués en cas de glaucome à angle fermé (lié à une pression intra-oculaire très élevée) et d’adénome de la prostate.

En cas de toux grasse, on prescrira des sirops expectorants (avec/sans sucre) permettant de faciliter l’évacuation du mucus des voies respiratoires et de fluidifier les sécrétions bronchiques.

En cas de persistance ou d’aggravation des symptômes, il est recommandé de consulter aussi rapidement que possible un médecin traitant.

À savoir ! La prise de miel avant le coucher produit un effet apaisant sur les maux de gorge.

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Dossier : comprendre le mécanisme de la toux. Ameli santé. – Consulté le 25 octobre 2017.
– Physiologie de la toux. Elsevier Masson. – Consulté le 25 octobre 2017.