Toux


Rédigé par Charline D., publié le 16 novembre 2017 et mis à jour le 15 mars 2022

homme en train de tousser

La toux représente l’un des motifs les plus fréquents de consultation chez le généraliste. Il s’agit d’un réflexe physiologique naturel qui permet d’assurer la défense des voies aériennes supérieures et inférieures de toute agression extérieure. On distingue plusieurs types de toux : sèche, grasse, aiguë ou chronique. Bien que les enfants soient les plus touchés, 8 à 10% de la population adulte est concernée chaque année.

Qu’est-ce que la toux ?

La toux correspond à une expiration brusque et intense de l’air présente dans les poumons. Elle est provoquée par une irritation des voies respiratoires.

homme en train de tousser

À savoir ! La toux est plus fréquente chez les enfants, dont le système immunitaire est encore en développement. A l’âge de 6 ans, on estime que près de 30% des enfants ont eu au moins deux épisodes dans l’année.

C’est un mécanisme physiologique qui se déclenche via l’activation de récepteurs sensitifs présents au niveau du larynx et de l’arbre trachéo-bronchique. Lorsque ces récepteurs sont activés, ils se chargent de transmettre les informations au système nerveux central. En réponse, ce dernier indique aux muscles impliqués dans la respiration (diaphragme et muscles intercostaux) de se contracter afin d’évacuer les agents irritants présents au niveau des voies aériennes.

La toux, un symptôme révélateur

L’action de tousser est un des symptômes révélateurs d’une infection virale ou bactérienne des voies respiratoires. C’est le cas de la :

Parfois, une toux brutale peut représenter un signal d’alerte, par exemple en cas d’inhalation d’un corps étranger, d’une embolie pulmonaire, d’une crise d’asthme ou d’une allergie.

Une toux chronique peut s’installer en cas de :

  • Rhinite chronique, à cause des écoulements dans l’arrière-gorge ;
  • Reflux gastro-œsophagien ;
  • Asthme ou bronchite chronique ;
  • Certains traitements médicamenteux, notamment de l’hypertension artérielle ;
  • Tabagisme ;
  • Plus rarement, tuberculose pulmonaire, mucoviscidose, insuffisance cardiaque, cancer broncho-pulmonaire, etc.

Quels sont les différents types de toux ?

Toutes les toux ne se valent pas. Elles diffèrent selon plusieurs paramètres.

Le moment de survenue des symptômes

La toux peut se manifester la nuit, le jour, au moment de s’endormir ou de façon permanente. Elle peut survenir au repos ou à l’occasion d’un effort. A noter que la position couchée favorise sa survenue.

La nature des symptômes

Elle peut se traduire par des quintes difficiles à stopper ou, à l’inverse, des épisodes succincts. On parle de toux sèche lorsqu’elle est irritative et sans crachat. Elle est grasse ou productive lorsqu’il y a des crachats translucides, jaunâtres ou verdâtres.

La durée des symptômes

On parle de toux aiguë lorsque sa durée est inférieure à 3 semaines, subaiguë au-delà de 3 semaines mais moins de 8 semaines, et chronique après 8 semaines de symptômes.

La présence d’autres symptômes associés

Dans la plupart des cas, elle s’associe à d’autres manifestations comme de la fièvre, un essoufflement, des douleurs dans la poitrine, de la fatigue, des courbatures, etc.

Le diagnostic de la toux

Le diagnostic d’une toux aigüe repose sur une consultation médicale avec un médecin généraliste suite à un interrogatoire classique sur les symptômes et leurs circonstances de survenue :

  • La durée et sa nature ;
  • L’existence d’un tabagisme ;
  • La présence de maladies associées ;
  • L’environnement dans lequel vit le patient ;
  • Les médicaments pris par le patient ;
  • La présence d’allergies.

Il s’ensuit un examen clinique où le médecin procède à une palpation des ganglions et ausculte le patient. Dans la majorité des cas, cet examen permet d’identifier l’origine de la toux, qu’elle soit infectieuse, allergique, liée à un reflux gastro-œsophagien ou à des médicaments, etc.

femme en consultation chez le médecin

Peu d’examens complémentaires sont prescrits. Une toux chronique nécessite, en revanche, des explorations complémentaires qui consistent généralement en une radiographie thoracique et un avis médical spécialisé (allergologue, pneumologue, etc.). Selon l’origine suspectée, divers examens peuvent suivre, par exemple : des examens sanguins, des tests allergologiques, une spirométrie, une endoscopie digestive haute, etc.

Quels sont les traitements de la toux ?

La prise en charge d’une toux repose en première intention sur le traitement d’une éventuelle pathologie sous-jacente (asthme, reflux gastro-œsophagien, etc.) ou sur la suppression d’un éventuel traitement à l’origine du trouble. Dans un second temps, il est possible d’établir un traitement symptomatique.

personne en train de prendre du sirop contre la toux

Chez les moins de 2 ans

Chez les patients très jeunes, les antitussifs et les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués. A noter que la toux grasse doit être respectée car elle permet d’expulser les sécrétions. Cependant, il est possible que le médecin propose des séances de kinésithérapie respiratoire en cas de bronchiolite.

Chez les plus de 2 ans

En cas de toux sèche, la prise en charge médicamenteuse repose essentiellement sur des sirops antitussifs dont certains contiennent de la codéine, une substance pouvant entraîner une dépression respiratoire. C’est pourquoi, la codéine n’est disponible que sur ordonnance et contre-indiquée chez certaines populations :

  • De moins de 12 ans ;
  • Les femmes en cours d’allaitement ;
  • Dont le métabolisme a la capacité de transformer rapidement la codéine en morphine.

Par ailleurs, en raison des risques qu’elle induit, les patients âgés de 12 à 18 ans présentant des troubles respiratoires ne peuvent pas bénéficier de la codéine.

Des sirops antitussifs antihistaminiques sont aussi proposés aux patients atteints d’une toux sèche et irritante. Ils sont contre-indiqués en cas de glaucome à angle fermé (lié à une pression intra-oculaire très élevée) et d’adénome de la prostate.

En cas de toux grasse, le médecin peut prescrire des sirops expectorants (avec/sans sucre) permettant de faciliter l’évacuation du mucus des voies respiratoires et de fluidifier les sécrétions bronchiques. A noter qu’il n’existe à ce jour aucune recommandation scientifique en faveur du traitement de la toux grasse.

Recommandations non médicamenteuses

Par ailleurs, plusieurs mesures non médicamenteuses permettent de soulager la toux chez les patients de plus de 2 ans. Sans signe d’alerte, elles peuvent suffirent à soulager le patient, ou venir compléter la prise en charge médicamenteuse :

  • Maintenir un environnement sain, à savoir sans fumée de tabac, en aérant fréquemment le logement et en évitant l’utilisation d’agents irritants (parfum, aérosol) ;
  • Se reposer. Le fait de surélever la tête avec des oreillers et de prendre du miel avant de se coucher permet de diminuer la toux nocturne ;
  • Prendre du paracétamol et éventuellement un antitussif pour toux sèche. La toux grasse ne nécessite pas d’antitussif. En effet, certains médicaments sont disponibles sans ordonnance. Avant toute automédication, demandez conseil à votre pharmacien.

Pour soulager une toux chez un enfant de moins de 2 ans, il faut procéder à des lavages de nez plusieurs fois par jour, aérer régulièrement la chambre afin de maintenir une température autour de 19-20°C et lui proposer régulièrement à boire afin d’éviter la déshydratation.

Rédigé par Lucie B., le 16 novembre 2017. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 15 mars 2022.

Sources
– Toux. ameli.fr. Consulté le 15 mars 2022.
– Physiologie de la toux. em-consulte.com. Consulté le 15 mars 2022.