Cancer du larynx


Rédigé par Charline D. et publié le 3 juin 2020

Image de synthèse représentant un cancer du larynx

Un cancer du larynx désigne une tumeur cancéreuse présente au niveau du larynx. Avec plus de 3000 nouveaux cas par an en France, majoritairement des hommes, ce cancer est fréquent. Dans la plupart des cas, le tabac et l’alcool sont en cause. Tout signe anormal comme une toux, un enrouement ou des douleurs durant plus de 3 semaines doivent amener à consulter. En cas de suspicion de cancer, le diagnostic repose sur une laryngoscopie associée à des biopsies si nécessaire. Le traitement peut être chirurgical et/ou radiothérapique et/ou chimiothérapique.

Définition et anatomie

Qu’est-ce que le larynx ?

Le larynx appartient aux voies respiratoires. Il est localisé juste en dessous du pharynx, et délimite l’entrée de la trachée. Il est constitué de cartilage, de muscles et de muqueuses. Il abrite également les cordes vocales.
Illustration des rappels anatomiques de la partie respiratoire : larynx

Le larynx est composé de trois parties :

  • L’étage sus-glottique qui comme son nom l’indique est situé au-dessus de la glotte. Il comprend divers types de tissus, notamment des muscles, et se termine par l’épiglotte ;
  • L’étage glottique au milieu du larynx qui contient les cordes vocales ;
  • L’étage sous-glottique, en dessous de la glotte, entre les cordes vocales et la trachée.

Anatomie du larynx
Les deux fonctions principales du larynx sont de bloquer le passage des aliments vers la trachée lors de la déglutition, et de produire des sons.

Prévention des fausses routes

L’air inhalé par le nez ou la bouche passe par le pharynx, la glotte et la trachée, avant de rejoindre les poumons. Les aliments empruntent également le pharynx. Cependant, pour éviter que les aliments ne fassent fausse route vers la trachée et les poumons à la déglutition, l’épiglotte ferme le passage vers la trachée. Les aliments prennent donc la route de l’œsophage puis de l’estomac.

Phonation

L’air qui passe via le larynx provoque une vibration des cordes vocales, ce qui génère un son. Plus la pression de l’air est importante, plus le son est fort. La sonorité est déterminée par la fréquence des vibrations. Cette dernière dépend de la tension et de la forme des cordes vocales. En général, les hommes ont des cordes vocales plus épaisses et plus longues que les femmes. Par ailleurs, elles bougent moins vite et leur fréquence de vibration est plus basse, ce qui explique que les hommes ont souvent une voix plus grave que les femmes.

Le son formé au niveau du larynx nécessite une transformation afin d’être compréhensible. Ce processus a lieu dans les cavités buccale, nasale et pharyngée qui forme une caisse de résonance. Les dents, les lèvres, les joues, la langue et le palais exerce également un rôme.

Qu’est-ce que le cancer du larynx ?

Le cancer du larynx désigne une tumeur localisée au niveau du larynx. Dans beaucoup de cas, on observe également le développement de métastases, particulièrement au niveau des ganglions lymphatiques du cou.

En réalité, il n’existe pas un cancer du larynx, mais plusieurs. On distingue, en effet, les cancers sous-glottiques (au-dessous les cordes vocales) très rares, glottiques (au niveau des cordes vocales) qui représentent la majorité d’entre eux et sus-glottiques (au-dessus des cordes vocales).

La présence ou non de métastases dépend notamment de la localisation de la tumeur, de sa taille et de sa vitesse d’évolution. Par exemple, une tumeur du larynx localisée au-dessus des cordes vocales a un risque de métastases plus important qu’une tumeur au niveau des cordes vocales ou au-dessous. Cette variation est liée au fait que la région au-dessus des cordes vocales est plus richement vascularisée que le reste du larynx. A un stade avancé de la maladie, les métastases peuvent survenir dans d’autres organes, comme les poumons.

Le cancer du larynx appartient aux cancers de la sphère ORL qui figurent parmi les 10 cancers les plus fréquents. Le plus souvent, le cancer du larynx affecte des hommes de plus de 50 ans. Depuis plusieurs années, la fréquence du cancer du larynx est, cependant, en augmentation chez les femmes.

Dans la plupart des cas, le cancer du larynx est lié à :

  • Un tabagisme ;
  • L’alcool ;
  • L’association de tabac et d’alcool. L’association alcool-tabac causerait deux à trois fois plus de cancers que l’un ou l’autre séparément ;
  • L’inhalation de substances irritantes, par exemple, l’amiante ou certains produits chimiques ;
  • L’exposition à des rayonnements radioactifs ;
  • Une infection virale chronique. L’infection par le HPV (ou papillomavirus) est responsable de verrues génitales. Or, il peut infecter la bouche lors de rapports sexuels buccaux. Certaines souches de ce virus prédisposent au cancer du larynx.

Symptômes, diagnostic et traitement

Quels symptômes ?

Illustration gagnlions pour montrer le cancer du larynxLes symptômes d’un cancer du larynx varient selon leur localisation. Certains symptômes peuvent se manifester à un stade précoce.

Ils provoquent généralement des douleurs dans la gorge qui sont amplifiées avec la déglutition. Le patient éprouve des difficultés à parler, et peut avoir des douleurs dans l’oreille. Dans la plupart des cas, l’alimentation est difficile, et les patients perdent rapidement du poids.

Concernant les tumeurs glottiques qui sont les plus fréquentes, (2/3 des cancers du larynx) le premier et principal signe de la maladie est généralement un enrouement persistant qui s’amplifie et gêne l’élocution avec le temps.

Les tumeurs sus-glottiques et sous-glottiques se manifestent en premier par une modification de la voix et une douleur dans la gorge. Cette dernière peut être décrite comme la sensation d’avoir une arête de poisson coincée ou d’avoir une boule dans la gorge. Au fur et à mesure, plusieurs symptômes apparaissent :

  • Ganglion au niveau du cou ;
  • Douleur importante lors de l’inhalation ou de la déglutition qui irradie vers les oreilles (en cas de tumeur sus-glottique) ;
  • Toux chronique ;
  • Enrouement ;
  • Production importante de mucus au niveau de la gorge ( en cas de tumeur sus-glottique) ;
  • Essoufflement ou troubles de la déglutition.

Quel diagnostic ?

Petit garçon qui se fait diagnotiquer la gorge par un médecinCertains signes précurseurs peuvent amener à consulter : enrouement chronique, toux avec ou sans crachats de sang, besoin de racler la gorge, troubles respiratoires ou de la déglutition, douleur irradiant à l’oreille.

Le diagnostic est d’abord clinique, c’est-à-dire basé sur la présence des symptômes caractéristiques. Dans un premier temps, le médecin prescrit divers médicaments, comme un sirop contre la toux, un fluidifiant ou des antibiotiques. Si après plusieurs jours, le patient ne se sent pas soulager, le médecin le redirige vers un spécialiste, le médecin ORL (Oto-Rhino-Laryngologiste).

Lors de la première consultation avec le médecin ORL, il pratique un examen approfondi de la gorge à l’aide d’un miroir laryngé (miroir muni d’une longue poignée). Si une tumeur est perçue, un examen plus détaillé est nécessaire.

Lorsque le cancer du larynx est suspecté, une endoscopie, appelée laryngoscopie est réalisée. Une endoscopie est un examen médical permettant de visualiser l’intérieur d’un organe, ici la gorge, grâce à l’introduction par la bouche, d’un câble équipé d’une caméra et d’une lampe. Pendant l’examen, le médecin peut prélever un morceau de tissu (biopsie) pour l’analyser au microscope.

Lorsque le patient présente un ganglion au niveau du cou,  le médecin peut décider de pratiquer, en complément, une ponction afin de déterminer la nature des cellules (inflammatoires ou cancéreuses).

Lorsque les résultats de la biopsie révèlent un cancer, des tests d’imagerie (IRM, TDM) sont alors réalisés pour déterminer l’étendue de la tumeur.

Quel traitement ?

La prise en charge d’un cancer du larynx repose sur diverses méthodes : la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie. Le traitement est choisi selon la taille et la localisation de la tumeur, l’âge et l’état de santé du patient, et la présence d’éventuelles métastases.

Dans la majorité des cas, une radiothérapie et/ou une intervention chirurgicale est proposée.

La radiothérapie, associée ou non à la chimiothérapie, peut être utilisée en première intention ou après une intervention chirurgicale. Le traitement nécessite plusieurs séances, souvent à raison de 4 voire 5 sessions par semaine sur 4 à 7 semaines, selon la taille de la tumeur.

La chirurgie consiste en l’ablation totale ou partielle du larynx. Lorsque la tumeur est petite, l’ablation partielle peut suffire. En cas d’ablation totale, ou laryngectomie, l’opération peut être précédée ou suivie d’une courte radiothérapie. A noter qu’en cas de laryngectomie, les cordes vocales sont retirées, le patient devient muet. Par ailleurs, l’ablation entraîne une connexion non souhaitable entre le pharynx et la trachée, ce qui nécessite une trachéotomie (ouverture dans le cou pour éviter les fausses routes).

En cas de cancer étendu, la radiothérapie est souvent associée à la chimiothérapie. Cette dernière est également parfois utilisée avant ou après une intervention chirurgicale. A noter que la chimiothérapie peut être un traitement palliatif lorsque le stade du cancer est trop avancé.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Cancer du larynx. FONDATION CONTRE LE CANCER. Consulté le 18 mai 2020.
– Cancer du larynx. LE MANUEL MSD. Consulté le 18 mai 2020.