Arterite-membres-inferieurs

L’artérite des membres inférieurs est une pathologie affectant les artères au niveau des jambes. Elle est généralement due au dépôt de cholestérol dans les artères qui se traduit par une diminution de la vascularisation et donc de l’apport en oxygène. Cette pathologie nécessite une prise en charge médicamenteuse, voire chirurgicale.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que l’artérite des membres inférieurs ?

definition-arterite-membres-inferieursL’artérite des membres inférieurs ou l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est une obstruction partielle ou totale des artères des membres inférieurs. En effet, ces derniers reçoivent du sang en provenance du cœur par l’intermédiaire de diverses artères : l’aorte, les artères iliaques, les artères fémorales, les artères tibiales et pédieuses. Lorsque celles-ci se rétrécissent (on parle de sténose) ou se bouchent (on parle d’occlusion) en raison de la formation d’une plaque d’athérome (dépôt de cholestérol), on parle d’artérite.

Cette maladie provoque une diminution de l’apport sanguin et d’oxygène dans les membres et les muscles. Ces derniers ne sont plus correctement oxygénés, on dit qu’ils sont en ischémie.

À savoir ! L’artérite des membres inférieurs peut affecter une partie ou l’ensemble des membres inférieurs, à savoir le pied, la jambe ou la cuisse

En France, on estime que 3% de la population présente une artérite des membres inférieurs. Plus encore parmi les personnes âgées. En effet, 1 individu sur 5 de plus de 70 ans serait concerné.

Plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire sont susceptibles de favoriser le développement d’une artérite en lien avec une athérosclérose :

  • Le tabac ;
  • L’excès de cholestérol ;
  • Le diabète. Un diabétique a 7 fois plus de risque de développer une artérite des membres inférieurs ;
  • L’hypertension artérielle. Un individu hypertendu a pratiquement 3 fois plus de risque de développer la maladie ;
  • Le surpoids ou l’obésité ;
  • L’absence d’activité sportive et la sédentarité ;
  • L’excès d’alcool (plus de 3 verres par jour) ;
  • L’âge (risque augmenté après 50 ans) ;
  • Le sexe masculin ;
  • L’hérédité (présence d’une maladie cardiovasculaire précoce chez un parent proche).

Quelle est la cause de l’artérite des membres inférieurs ?

Dans la très grande majorité des cas (90 à 95%), l’artérite des membres inférieurs est le résultat d’une accumulation de cholestérol dans les vaisseaux. A mesure que le temps passe les dépôts de cholestérol forment des plaques à l’origine de l’athérosclérose (réaction inflammatoire). A noter qu’il n’y a pas seulement les artères des membres inférieurs qui peuvent être concernées, mais aussi : celles du cœur (coronaires), du cerveau (carotides), des reins et du système digestif.

Avec le temps, les plaques d’athérome grossissent et finissent par diminuer le diamètre de l’artère, et donc automatiquement la circulation sanguine. Ainsi, une ischémie se met en place progressivement, et les symptômes apparaissent.

Dans certains cas, une plaque d’athérome peut se fissurer et s’ulcérer. Des fragments ou embols peuvent alors se détacher et risquer d’obstruer d’autres artères. Dans ce cas, on parle d’accidents ischémiques. Par exemple, un AVC (Accident vasculaire cérébral) lorsque le vaisseau obstrué est une artère du cerveau.

De plus, si des éléments inflammatoires de cette plaque d’athérome se trouvent en contact avec des cellules du sang (globules rouges et plaquettes), un caillot sanguin peut se former et entraver totalement l’artère : c’est la thrombose artérielle.

Très rarement, l’artérite des membres inférieurs peut aussi être causée par :

  • Certaines pathologies inflammatoire comme la maladie de Buerger ou la maladie de Takayasu ;
  • Des maladies auto-immunes, par exemple le lupus érythémateux disséminé, ou la périartérite noueuse ;
  • Des pathologies dégénératives dont la médialcalcinose (dépôt de calcium dans les vaisseaux).

Quels sont les symptômes ?

L’artérite peut rester longtemps asymptomatique avant d’être diagnostiquée. Elle est ainsi parfois à l’origine d’importantes complications.

Le premier symptôme de l’artérite des membres inférieurs est une douleur dans certains muscles de la jambe au cours de la marche. Elle peut ressembler à une crampe musculaire. Le plus souvent, cette douleur apparaît dans les pentes (par exemple la montée des escaliers) et peut parfois obliger le patient à s’arrêter. Au repos, la douleur s’estompe en quelques minutes et elle réapparaît à la reprise de l’effort. On parle de claudication intermittente.

Il est possible d’évaluer ce phénomène en distinguant :

  • Le périmètre de gêne qui représente la distance (en mètres) parcourue à la marche sur un terrain plat à partir de laquelle la douleur apparaît ;
  • Le périmètre de marche qui est la distance couverte dans les mêmes conditions, mais obligeant à l’arrêt de l’effort.

Ces deux paramètres peuvent évoluer selon le type de terrain, les conditions météorologiques et l’évolution de la maladie. En effet, plus le stade est avancé, plus les distances sont raccourcies.

Avec le temps, les symptômes sont également présents au repos.

Ainsi, une douleur de type brûlure survient généralement au niveau du pied après plusieurs minutes voire quelques heures en position allongée. Cette dernière oblige le patient à se relever dans la nuit ou à laisser pendre ses jambes au bord du lit. Les antalgiques ne suffisent pas à soulager ce type de douleur. Si elle persiste plus de 15 jours, la douleur est le témoin d’une aggravation de la pathologie. Elle est également souvent responsable d’insomnie.

D’autres troubles peuvent apparaître :

  • Une modification de l’aspect de la peau. Elle devient plus pâle et sèche, elle peut aussi peler et perdre ses poils ;
  • Les ongles ont tendance à devenir cassants ;
  • La température corporelle est abaissée ;
  • Les orteils voire le pied entier peut devenir pâle lorsque le membre est surélevé ou à l’inverse devenir bleu-violet quand le patient est debout.

Lorsque l’artérite des membres inférieurs est plus sévère, on peut observer un retard de cicatrisation des éventuelles petites plaies, et l’apparition d’ulcères, le plus souvent au pied. En l’absence de prise en charge adaptée, une gangrène peut se développer.