L’angine de poitrine ou angor est l’un des symptômes de la maladie coronarienne qui se manifeste sous forme d’un syndrome douloureux thoracique. L’angor est causé par un déficit d’apport en oxygène au niveau du cœur entraînant une ischémie myocardique (muscle du cœur).

La douleur ressentie apparaît souvent à la suite d’un effort ou d’un stress avant de disparaître après une phase de repos. Le nombre de personne touchées par l’angor augmente avec l’âge si bien que l’on estime que 13 % des hommes âgés de 65 à 84 ans souffrent d’angor.

angine de poitrine

Causes

artère obstruéeL’angine de poitrine a pour origine un déséquilibre entre apports et besoins du muscle cardiaque en oxygène. Le cœur est un muscle comme tous les autres de l’organisme, lorsque celui-ci produit un effort, il a besoin de plus d’oxygène afin d’augmenter sa fréquence. Dans l’angor, cet apport oxygène est insuffisant ce qui créer une ischémie myocardique (baisse d’oxygénation du tissu). Cette ischémie entraine une souffrance du muscle cardiaque qui se traduit cliniquement par une douleur thoracique intense.

Dans plus de 90 % des cas, l’angor résulte d’une lésion d’athérosclérose (plaque d’amas graisseux) qui diminue le calibre des artères coronaires (sténose coronarienne). A cause de cette diminution de perfusion, le sang arrive en quantité plus faible au niveau du cœur, créant le manque d’oxygène.

On considère que l’angor apparaît lorsque le diamètre artériel diminue de plus de 50 %.

L’angor est une maladie coronarienne tout comme l’infarctus du myocarde. La différence fondamentale entre les deux affections est que dans un infarctus les artères coronaires sont totalement bouchées.

Facteurs de risque

Le tabac

La consommation de tabac provoque :

  • Des spasmes artériels : qui peuvent conduire à l’oblitération complète des artères coronaires ;
  • Une modification de la coagulation du sang : provoquant la formation de caillots pouvant boucher les artères ;
  • Une inflammation constante des vaisseaux sanguins : qui facilite la formation de plaque d’athérosclérose et de caillots ;
  • Une diminution du taux de HDL cholestérol (bon cholestérol) amplifiant le risque de plaque d’athérosclérose.

L’exposition chronique à la cigarette est responsable d’une détérioration progressive des artères conduisant aux maladies coronariennes comme l’angine de poitrine ou l’infarctus du myocarde.

L’hypertension artérielle (HTA)

Plus la pression exercée sur la paroi des artères est importante et plus le risque d’angor est important.

Le diabète

Un diabète mal contrôlé se traduit par excès de glucose dans le sang qui va endommager les parois artérielles. Toutes les causes de diabètes (type 1 et 2) augmentent le risque cardiovasculaire.

L’hypercholestérolémie

L’excès de cholestérol est un facteur très favorisant de l’angine de poitrine. En effet, l’accumulation de cholestérol LDL (mauvais cholestérol) va provoquer la formation de plaque d’athérosclérose se logeant dans les parois artérielles. Au départ anodines, ces plaques grandissent et diminuent de plus en plus le diamètre des artères conduisant à des affections comme l’angor.

Les autres facteurs de risque

D’autres facteurs peuvent favoriser l’apparition d’angor :

  • L’alcool ;
  • La sédentarité : il est recommandé de pratiquer 30 minutes d’exercice physique quotidiennement ;
  • Le surpoids : qui est un facteur très favorisant de diabète, d’HTA et d’hypercholestérolémie et donc d’angine de poitrine.

Les symptômes

Il existe plusieurs formes d’angines de poitrine que l’on différencie en fonction de l’apparition et de l’intensité des symptômes. On distingue principalement deux types d’angor : l’angor stable et l’angor instable.

L’angor stable

On entend par angine de poitrine stable, les douleurs de durée brève, inférieure à 15 minutes survenant au cours d’un effort et cédant à l’arrêt de celui-ci. De plus, ce type d’angor est calmé en moins de 5 minutes par l’administration en sublingual ou en pulvérisation d’un médicament : la Trinitrine. Enfin, la durée et la fréquence des crises restent constantes au cours de l’angor stable.

La douleur angineuse est typique :

  • elle siège derrière le sternum ;
  • elle irradie dans la mâchoire inférieure, dans le bras gauche et sur les côtés du cou ;
  • elle est constrictrice, d’intensité variable ;
  • elle s’accompagne souvent d’angoisse, de gêne respiratoire ;
  • elle diminue lorsque le facteur déclenchant cesse ;
  • chez la personne âgée : elle peut être atypique, pouvant être limitée à des signes digestifs ou à une fatigue anormale.

L’ensemble de ces symptômes marquent une insuffisance coronaire chronique. La diminution de calibre des artères coronaires n’est pas réversible sans prise en charge thérapeutique.

L’angor instable

L’angor instable se traduit par le même type de douleur, mais l’intensité et la fréquence des crises d’angines de poitrine sont plus importantes. On parle d’angor d’instable lorsque :

  • L’angine de poitrine est apparue brutalement, d’emblée instable avec des crises fréquentes ;
  • Un angor stable s’aggrave, avec des crises plus nombreuses, y compris au repos ;
  • Les crises sont moins sensibles au traitement par Trinitrine.

L’angor instable marque une insuffisance coronarienne aiguë, c’est-à-dire que le diamètre des artères coronaires est extrêmement réduit. Dans, ce cas le passage du sang est très limité et les risques de complications graves augmentent.

La complication la plus sévère est l’infarctus du myocarde. En effet, le calibre des coronaires étant très faible, elles peuvent se boucher très facilement conduisant à l’infarctus.

Lorsqu’une crise d’angine de poitrine ne cesse pas au bout de 15 minutes sous Trinitrine et que les symptômes sont d’intensité plus importante qu’habituellement, il faut contacter immédiatement les services d’urgence.

Bilan de l’angine de poitrine

Le bilan d’angor se réalise auprès d’un cardiologue. Dans un premier temps, il interrogera le patient sur ses facteurs de risque cardiovasculaire et sur les symptômes ressentis. Plusieurs bilans sont ensuite possibles :

  • Une épreuve d’effort : qui est souvent le premier examen pratiqué, car elle permet de reproduire les circonstances d’apparition de l’angor. En fonction des capacités physiques de la personne, différentes difficultés sont proposées afin que le patient produise son effort maximum possible. Durant le test, le médecin regarde le tracé des impulsions électriques cardiaques (ECG) pour détecter la crise d’angine de poitrine avant même l’apparition de la douleur. En effet, les anomalies de l’électrocardiogramme sont très évocatrices de l’origine cardiaque des douleurs thoraciques ;
  • Artère coronaireUne coronographie: c’est le meilleur moyen d’observer un rétrécissement des artères coronaires. L’examen consiste à ponctionner l’artère fémorale pour y introduite une sonde. Le médecin remonte ensuite le réseau artériel jusqu’au niveau du cœur et injecte un produit de contraste iodée qui permettra d’observer les artères coronaires. Grâce à cette technique le médecin peut parfaitement observer tout rétrécissement des coronaires.
  • Une scintigraphie de perfusion myocardique : c’est l’injection d’un traceur marqué dans l’organisme qui sous imagerie va permettre d’observer l’arrivée de sang dans le muscle du cœur. Cette technique permet de voir quelle zone du cœur souffre de la diminution de diamètre de l’artère coronaire.

La prise en charge thérapeutique

Le traitement des crises

La première mesure mise en place dans le traitement de l’angine de poitrine est la mise à disposition de Trinitrine sublinguale pour le patient.

Cette forme permet de passer rapidement dans le sang afin de soulager les symptômes de la douleur angineuse. Lors de l’angor stable sensible à la Trinitrine, l’arrêt de douleur est souvent quasi immédiat après la prise du médicament.

Le traitement médicamenteux au long cours

Il existe un standard de prise en charge de l’angine de poitrine, qui comprend :

  • De l’aspirine ou du Clopidogrel : antiagrégant plaquettaire qui permettent de diminuer le risque d’obstruction des artères coronaires et donc d’infarctus du myocarde ;
  • Des statines : qui diminuent la quantité de cholestérol et diminue donc le risque de plaque d’athérosclérose;
  • Des bêtas-bloquants comme le Bisoprolol qui vont diminuer la tension artérielle et protéger les artères ;
  • D’autres thérapeutiques peuvent être utilisées en cas de contre-indications ou de stades de sévérités plus importants. Par exemple, les inhibiteurs calciques (Diltiazem) ou les dérivés nitrés à longue durée d’action peuvent être indiqués dans l’angine de poitrine.

Les règles hygiéno-diététiques

C’est l’ensemble des mesures concernant l’alimentation et le mode de vie du patient. Toutes ces mesures sont fondamentales et augmentent fortement la qualité de vie et l’efficacité des traitements. Il est conseillé au patient :

  • De supprimer le tabac ;
  • Un régime alimentaire équilibré ;
  • Une perte de poids ;
  • Un exercice physique régulier d’endurance.

Chirurgie de revascularisation

endoprothese vasculaire

Endoprothèse vasculaire

Si l’atteinte des artères et trop importante ou que le traitement médicamenteux est insuffisant, des gestes chirurgicaux de revascularisation sont proposés. L’objectif est de rétablir une bonne perfusion de sang vers le muscle cardiaque. Il peut s’agir :

  • D’une angioplastie : c’est l’introduction d’une sonde par l’artère fémorale jusqu’au niveau de la lésion athéromateuse afin de rétablir (dilater) l’artère coronaire avec un ballonnet. Le ballonnet a pour effet d’écraser la plaque et ainsi de rétablir une bonne perfusion sanguine. De plus, le chirurgien complète souvent l’intervention avec une prothèse endovasculaire ou stent (tube dans l’artère) qui empêche la reformation de la plaque après l’intervention et maintient l’artère ouverte.
  • Le pontage aorto-coronaire : qui est une technique chirurgicale plus lourde qui consiste à faire une liaison entre l’aorte et l’artère coronaire. Elle est indiquée dans les cas plus graves, où l’atteinte de la coronaire n’est pas soignable par angioplastie.

Jean C., Pharmacien 

– Syndromes coronariens aigus sans surélévation du segment ST – besançon-cardio.org – Consulté le 5 juillet 2017
– Comprendre l’angine de poitrine – ameli.fr – Mis à jour le 3 avril 2017
– Item 132 : Angine de poitrine et infarctus myocardique – Collège des Enseignants de Cardiologie et Maladies Vasculaires – Mis à jour le 1er Février 2012
– L’angor – Fédération française de cardiologie – Consulté le 5 juillet 2017