Anémie de Blackfan-Diamond


Rédigé par Charline D. et publié le 14 avril 2020

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L’anémie de Blackfan-Diamon, aussi appelée érythroblastopénie congénitale, est une pathologie rare présente dès la naissance, et dont l’origine est inconnue. Chez beaucoup de patients, une anomalie génétique a cependant pu être mise en évidence. La maladie se traduit par les symptômes d’une anémie, à savoir pâleur, fatigue et dyspnée. Le diagnostic est clinique, et se fait généralement dès la naissance. La prise en charge repose en grande partie sur la corticothérapie. Parfois, des transfusions sont nécessaires, voire une greffe de moelle osseuse dans les cas les plus sévères.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que l’anémie de Blackfan-Diamond ?

anemie-blackfan-diamond-sangL’anémie de Blackfan-Diamond est une anémie constitutionnelle rare dont le diagnostic est établi dans les premiers mois de vie. Elle se manifeste par une incapacité de la moelle osseuse à produire des globules rouges.

En effet, les cellules souches présentes dans la moelle osseuse sont d’ordinaire capables de se multiplier et de se différencier en trois types cellulaires : les globules blancs (cellules du système immunitaire), les plaquettes (cellules intervenant dans la coagulation sanguine) et les globules rouges (cellules assurant le transport de l’oxygène dans l’organisme).

La transformation d’une cellule souche en globule rouge passe par plusieurs étapes successives. Chez les patients atteints d’anémie de Blackfan-Diamond, cette différenciation est bloquée à l’une des étapes.

Associé à l’atteinte hématologique, cette maladie peut se manifester par des malformations congénitales affectant surtout les pouces ou la face, ou plus rarement certains organes (reins, cœur, etc.).

À savoir ! En France, le nombre de personnes atteintes de l’anémie de Blackfan-Diamond est évalué à 300. Son incidence annuelle est estimée à 1 individu sur 150 000 dans les pays européens.

La maladie est congénitale, autrement dit elle existe dès la naissance, et le diagnostic est porté dès les premiers mois de vie. La maladie est très probablement d’origine génétique dans la majorité des cas. En effet, chez 25% des patients, des anomalies sur l’un des gènes présents sur le chromosome 19 ont été identifiées comme responsables de l’anémie. Depuis, 17 autres gènes ont été mis en évidence pour 50% de malades supplémentaires.

La transmission de la maladie est dite autosomique dominante. Pour rappel, un chromosome est un élément microscopique constitué de molécules d’ADN. Il contient donc les gènes, supports de l’information génétique qui sont transmissibles à la descendance. Les chromosomes vont par paire. Tout individu sain dispose de 23 paires de chromosomes. La paire 23 contient les chromosomes sexuels qui déterminent le sexe de l’individu qui les porte : XX chez une femme, et XY chez un homme. Enfin, les chromosomes d’une même paire sont identiques, autrement dit, ils portent les mêmes gènes. Ainsi, il n’existe pas une version d’un même gène, mais deux, on parle d’allèle.

On parle de transmission dominante lorsque l’anomalie génétique responsable de la maladie est présente sur l’une des deux copies du gène, et que cela suffit à l’expression de la maladie. Ainsi, un enfant atteint de la maladie a forcément l’un de ses deux parents également atteint. Le risque de transmission à la naissance est donc de 50%.

Le terme « autosomique » signifie que l’anomalie génétique porte sur un chromosome non sexuel.

Symptômes, diagnostic et traitement

Quels symptômes ?

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À savoir ! Les manifestations de la maladie sont variables d’un individu à un autre, mais aussi dans le temps.

L’anémie est rapidement découverte, généralement dès la première année, ou du moins avant l’âge de 2 ans. Selon la sévérité de l’anémie, les symptômes sont différents.

Elle se traduit par :

  • Une pâleur ;
  • Un essoufflement (dyspnée), notamment pour téter ;
  • Une fatigue persistante ;
  • Des palpitations ;
  • Des maux de tête ;
  • Des étourdissements, vertiges, faiblesses ;
  • Des difficultés à se concentrer, à lire ou à se souvenir ;
  • Un manque de motivation et d’envie ;
  • Une baisse de la libido ;
  • Des difficultés à effectuer ses activités habituelles ;
  • Un épuisement physique, émotionnel ou psychologique.

On parle d’anémie chronique pour les patients qui ne répondent pas bien aux corticoïdes et qui sont dépendantes des transfusions, soit environ 40% des patients. L’anémie chronique se manifeste par une fatigue chronique, et une fatigabilité augmentée pour tout effort physique. L’impact sur la qualité de vie est variable d’un patient à l’autre.

Souvent, les patients atteints d’anémie de Blackfan-Diamond ont également un risque infectieux augmenté, ce qui implique un traitement précoce de toutes infections et une impose une couverture vaccinale optimale.

Chez près de la moitié des patients, il existe également un retard de croissance et des malformations. Les plus fréquentes sont celles du pouce, de la face, du cœur et des voies urogénitales. Les patients sont généralement de plus petite taille.

Des troubles visuels (strabisme, cataracte, glaucome) ou auditifs peuvent également être présents dans de rares cas.

À savoir ! Le handicap de cette maladie est surtout lié à la nécessité de réaliser des transfusions régulièrement. Les malformations des formes sévères ne concernent qu’une minorité de patients.

L’évolution de l’anémie de Blackfan-Diamond est variable. Dans la majorité des cas, l’état immunologique s’aggrave une fois la cinquantaine passée. Globalement, le pronostic est bon, même si les complications peuvent un peu diminuer l’espérance de vie. Ce dernier dépend essentiellement de la réponse aux corticoïdes.

Quel diagnostic ?

Le diagnostic de l’anémie de Blackfan-Diamond est clinique, autrement dit, il repose sur l’analyse des symptômes et l’histoire familiale. Des tests génétiques peuvent être réalisés en complément.

Quel traitement ?

blackfan-diamand-anemieLes principaux traitements reposent sur les corticoïdes et/ou les transfusions en association à un traitement chélateur du fer (médicament permettant d’éliminer le surplus de fer). Cependant, le traitement dépend de l’âge du patient. Ainsi, les corticoïdes ne sont pas utilisés la première année de vie.

Les transfusions constituent le traitement initial lors de la première année de vie, et reste parfois la seule option en cas d’inefficacité des corticoïdes. Elles ont généralement lieu toutes les 4 semaines. Le risque transfusionnel même faible existe tout de même. Un traitement chélateur du fer est administré quotidiennement afin d’éviter les effets toxiques d’une accumulation ferrique dans l’organisme. Les effets secondaires sont rares (troubles digestifs, troubles de l’audition).

La corticothérapie, après l’âge d’un an, est utilisée à faibles doses. (la posologie de départ est de 2mg par kg et par jour). Il existe cependant un risque de perte de densité osseuse qui doit être prévenu par une supplémentation en calcium et en vitamine D. Près de 60% des patients sont traités par des corticoïdes à vie, les autres étant dépendants de doses trop importantes pour être poursuivies sur le long terme doivent revenir aux transfusions.

Chez les patients résistants aux corticoïdes, la greffe de moelle osseuse (d’un donneur provenant de la fratrie) peut être discutée. Les greffes non familiales sont moins fréquentes.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Anémie de Blackfan-Diamond. ORPHANET. Consulté le 7 mars 2020.
– Anémie de Blackfan-Diamond. ORPHANET/INSERM. Consulté le 7 mars 2020.
– Maladie de Blackfan-Diamond. LAROUSSE. Consulté le 7 mars 2020.