L’encéphalopathie hépatique affecte généralement les individus souffrant d’une maladie hépatique chronique. Divers facteurs peuvent la déclencher : un saignement digestif, une infection, un stress ou un mauvais suivi des médicaments prescrits. Plusieurs symptômes sont évocateurs, par exemple une confusion ou désorientation, une somnolence et des troubles de la personnalité. Le diagnostic est clinique. Les symptômes peuvent être soulagés par la prise d’antibiotique et de laxatif associée à la suppression du facteur déclencheur.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que l’encéphalopathie hépatique ?

Une encéphalopathie hépatique  est une atteinte cérébrale survenant lorsque le foie ne fonctionne plus correctement. Les substances toxiques normalement éliminées par l’organe s’accumulent et atteignent le cerveau.

En effet, les substances absorbées par l’intestin passent dans la circulation générale après avoir été filtrées par le foie, ce qui permet d’éliminer les toxines. Beaucoup de toxines, par exemple l’ammoniac sont des déchets normaux de l’organisme.

Lors d’une encéphalopathie hépatique, la fonction hépatique est altérée, donc les toxines ne sont pas éliminées. A noter que certaines toxines peuvent contourner le foie par d’autres mécanismes développés à l’occasion d’une pathologie hépatique ou d’une hypertension portale (tension artérielle trop élevée dans la veine qui relie les intestins au foie), on parle de shunt porto systémique. Les toxines peuvent atteindre le cerveau et perturber son fonctionnement.

À savoir ! Les substances toxiques pour le cerveau ne sont pas encore identifiées avec certitude.

Il existe trois principaux types d’encéphalopathie hépatique :

  • Le type A qui fait suite à une insuffisance hépatique aiguë, lorsque la fonction hépatique du patient se détériore rapidement. Des médicaments, une infection ou une maladie auto-immune peuvent en être la cause ;
  • Le type B lié au shunt porto systémique. Ce dernier survient plus volontiers à cause d’une anomalie congénitale ou après une chirurgie ;
  • Le type C, le plus fréquent, qui survient lors d’une pathologie hépatique chronique (cirrhose). Cette dernière peut être consécutive à une hépatite virale, une stéatose hépatique (accumulation de graisse dans le foie) non alcoolique, une consommation excessive d’alcool ou une hépatite auto-immune.

Souvent, un facteur déclencheur joue un rôle dans l’encéphalopathie hépatique. Elle peut se déclencher lors :

  • D’une infection ;
  • De l’absence d’observance concernant les traitements prescrits ;
  • D’une hémorragie digestive ;
  • De la consommation excessive de protéines animales, plus particulièrement la viande rouge ;
  • D’une déshydratation ;
  • D’un déséquilibre électrolytique ;
  • De la prise de certaines substances (alcool, sédatif, antalgiques et diurétiques).

Quels symptômes ?

Les symptômes d’une encéphalopathie hépatique sont proportionnels à la dégradation du fonctionnement cérébral. Une altération du degré de conscience associée à une confusion est caractéristique.

Au début, le patient présente des modifications discrètes du raisonnement, de la personnalité et du comportement. Des variations d’humeur, et une atteinte des capacités de jugement peuvent être associés. Des troubles du sommeil sont parfois présents. Le patient peut être déprimé, anxieux, irritable et avoir des difficultés de concentration.

A mesure que la maladie progresse, le patient a du mal à maintenir ses mains stables lorsqu’il lui est demandé de tendre les bras. Il est victime de secousses musculaires involontaires (on parle de myoclonie), et ses déplacements sont limités et répétés. En évoluant la maladie se traduit par une somnolence, un état confusionnel et un ralentissement de la parole et des mouvements. Le patient est généralement désorienté.

Si la détérioration hépatique se poursuit, le patient peut perdre conscience et tomber dans le coma. Ce dernier engendre souvent le décès, même avec un traitement.

A noter ! L’encéphalopathie hépatique résulte essentiellement d’une insuffisance hépatique, il peut y avoir d’autres symptômes reflétant la gravité de la maladie sous-jacente comme un ictère (jaunisse des tissus et des yeux) ou une ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen).