Un enfant regardant à travers une vitre

Le syndrome d’Asperger appartient à la vaste famille des troubles du spectre de l’autisme. Débutant généralement dès l’enfance, il se manifeste par la classique triade de symptômes autistiques. Considéré comme une forme spécifique et poussée d’autisme, le syndrome d’Asperger peut être léger à sévère. Il implique une prise en charge pluridisciplinaire et un accompagnement des patients, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte.

Définitions et symptômes

Qu’est-ce que le syndrome d’Asperger ?

pièces de tetris

Le syndrome d’Asperger est un trouble neurodéveloppemental complexe, qui fait partie d’un ensemble plus large, les troubles du spectre de l’autisme. Les troubles du spectre autistique regroupent diverses affections, comme :

    • L’autisme ;
    • Le syndrome d’Asperger ;
    • Le syndrome de Rett (maladie génétique rare, qui affecte le développement du système nerveux central) ;
    • Le trouble désintégratif de l’enfance ;
    • Le trouble envahissant du développement non spécifié.

À savoir ! Le syndrome d’Asperger a été décrit pour la première fois en 1943 par le docteur Hans Asperger, le premier à avoir décrit des troubles du spectre autistique

Le plus souvent, les spécialistes considèrent ces affections comme un seul ensemble, les troubles du spectre autistique, dont la forme, la gravité et les symptômes peuvent considérablement varier d’un patient à l’autre et d’une période de la vie à une autre. Le syndrome d’Asperger est considéré comme la forme la plus poussée de trouble du spectre autistique. D’une manière générale, les troubles du spectre de l’autisme sont à différencier du déficit intellectuel, mais certains patients peuvent présenter à la fois un trouble du spectre autistique et un déficit intellectuel.

Le syndrome d’Asperger débute au cours de l’enfance, le plus souvent au cours des deux premières années de vie. Les garçons sont en moyenne quatre fois plus touchés que les filles. En France, selon les estimations, environ 400 000 personnes sont concernées par le syndrome d’Asperger. Sa fréquence tend à augmenter au fil des années. Cette tendance peut s’expliquer par un meilleur diagnostic des troubles du spectre autistique.

L’origine du syndrome d’Asperger n’est pas connue exactement, mais des facteurs génétiques semblent être impliqués. Ainsi, le risque de développer un trouble du spectre autistique est plus élevé chez les sujets présentant certaines anomalies génétiques, telles que :

      • Le syndrome de l’X fragile ;
      • Le syndrome de la sclérose tubéreuse ;
      • Le syndrome de Down.

Parallèlement, des facteurs infectieux durant la période prénatale pourraient jouer un rôle dans le développement du syndrome d’Asperger :

En revanche, d’autres causes ont pu être définitivement écartées par les études scientifiques :

      • Une enfance difficile ;
      • Des soins parentaux défaillants ;
      • Certaines vaccinations, en particulier la vaccination ROR.

Quels symptômes ?

En tant que trouble du spectre autistique, le syndrome d’Asperger se manifeste par la triade classique de symptômes de l’autisme :

      • Des troubles de la compréhension et de la communication, à la fois verbale et non verbale. Le patient ne parvient pas à décoder les expressions du visage, la tonalité de la voix, l’humour, les subtilités du langage ou encore le sens des gestes. Le langage peut être anormal ou inexistant.
      • Une altération de la qualité des interactions sociales. Le patient rencontre des difficultés pour créer du lien avec son entourage, pour se faire des amis, pour les relations émotionnelles amicales ou amoureuses.
      • Des troubles du comportement, marqués par des comportements répétitifs et stéréotypés associés à un intérêt restreint et canalisé. Cet intérêt restreint peut se matérialiser par une culture générale impressionnante, une mémoire très importante et un intérêt sans limite pour un domaine de connaissances précis (les voitures, l’aviation, la botanique, …).

Ces symptômes résultent d’anomalies de fonctionnement des centres cérébraux impliqués dans la réception et la réponse aux messages de l’environnement. Le syndrome d’Asperger se manifeste dès l’enfance, sous des formes légères, modérées ou sévères. Les symptômes peuvent varier en nature et en intensité, en fonction de l’âge du patient.

À savoir ! Les patients atteints du syndrome d’Asperger n’ont le plus souvent aucun déficit intellectuel, ils présentent au contraire parfois un quotient intellectuel particulièrement élevé. Néanmoins, il ne faut pas confondre enfant surdoué et enfant présentant un syndrome d’Asperger. Un enfant surdoué n’est pas forcément atteint du syndrome d’Asperger et inversement

A la triade autistique, peuvent se greffer d’autres symptômes ou troubles, relativement fréquents chez les sujets atteints d’un syndrome d’Asperger :

      • Des troubles sensoriels, comme une difficulté à percevoir le froid, le chaud ou encore la douleur ;
      • Une intolérance au bruit : certains bruits sont très difficiles à supporter pour les patients ;
      • Une intolérance à certaines odeurs ;
      • Une photosensibilité ;
      • Des difficultés à se repérer dans l’espace ;
      • Des troubles du sommeil (problèmes d’endormissement, cauchemars, sommeil très léger, …) ;
      • Des troubles anxieux ou dépressifs ;
      • Des problèmes de motricité (maladresse, démarche « gauche », grande fatigabilité).

De tels symptômes affectent de nombreux aspects de la vie des patients :

      • La vie sociale ;
      • La vie professionnelle ;
      • La vie affective.

Les patients sont souvent perçus comme des personnes différentes, excentriques et bizarres, très réservées ou au contraire trop familières, avec un langage et un comportement souvent inadaptés à la situation dans laquelle ils se trouvent. Ils rencontrent donc de grandes difficultés pour s’intégrer dans la société et pour réagir de manière adaptée dans différentes situations de la vie quotidienne.

Diagnostic et traitements

Quel diagnostic ?

une enfant choisissant entre 2 dessins

La démarche diagnostique d’un syndrome d’Asperger est le plus souvent initiée lorsqu’une personne de l’entourage de l’enfant (parents, proches, amis, médecin, …) observe des signes et des comportements anormaux. L’argument erroné d’une mauvaise éducation des parents peut retarder le signalement des premiers symptômes et le diagnostic de l’enfant.

D’une manière générale, il est important que le diagnostic soit posé le plus rapidement possible pour :

      • Limiter les conséquences du trouble du spectre autistique sur la vie de l’enfant ;
      • Initier dès que possible une prise en charge éducative adaptée.

En pratique, le diagnostic est rarement posé avant l’âge de trois ans.

La démarche diagnostique du syndrome d’Asperger est identique à celle des autres troubles du spectre autistique. Elle s’applique aux enfants, dès le plus jeune âge, et plus rarement aux adultes, qui n’auraient pas été diagnostiqués au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Cette démarche se déroule en plusieurs étapes :

    • Une consultation avec le médecin traitant ou le pédiatre qui suit habituellement l’enfant. En cas de doute, le médecin prescrit des bilans complémentaires, tels que :
      • Un bilan orthophonique ;
      • Un bilan sensori-moteur ;
      • Un bilan psychologique.
    • Une fois le diagnostic posé, un premier contact avec le centre de ressources autisme le plus proche du domicile des parents ;
    • Une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire (médecin, orthophoniste, psychologue, ergothérapeute, …).

Pour établir le diagnostic, le médecin s’appuie sur les critères définis par les spécialistes des troubles de l’autisme. Le médecin doit en particulier parvenir à différencier le syndrome d’Asperger des autres troubles du spectre de l’autisme, mais aussi des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité.

Quels traitements ?

une enfant jouant avec du sable autour des ses parents

La prise en charge pluridisciplinaire du patient atteint du syndrome d’Asperger a pour principal objectif de permettre à l’enfant puis à l’adulte de mener une existence la plus normale possible. Un accompagnement sur le long terme est donc nécessaire pour faciliter l’intégration du patient sur le plan scolaire, professionnel, social et personnel.

A noter ! Il n’existe pas à proprement parler de traitement médical du syndrome d’Asperger. Le suivi pluridisciplinaire permet au patient de s’adapter et de savoir réagir à son environnement pour mener une vie la plus normale possible

Un suivi pluridisciplinaire permet à l’enfant de réaliser ses apprentissages, en tenant compte de ses difficultés de compréhension et de communication. Progressivement, l’enfant parvient à comprendre, à décoder et à réagir à son environnement. Ce suivi comprend notamment :

        1. Des séances d’orthophonie ;
        2. Des séances d’ergothérapie ;
        3. Un suivi psychologique.

Tout doit être fait pour faciliter la scolarisation de l’enfant dans un milieu ordinaire. Pour l’aider, il peut bénéficier de l’aide en classe d’une auxiliaire d’intégration scolaire et si besoin d’un aménagement du temps scolaire. Plus tard, au cours de l’adolescence puis de l’âge adulte, un accompagnement spécifique par un référent reste indispensable pour toujours guider le patient vers l’autonomie et les apprentissages.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Le syndrome d’Asperger. Autisme France. Consulté le 5 novembre 2020.
– Qu’est-ce que le syndrome d’Asperger ? Spectre de l’autisme. Consulté le 5 novembre 2020.
– Le Syndrome Asperger (TSA). Ruby Villar-Documet. Consulté le 5 novembre 2020.